Le 1.2 PureTech a longtemps été le boulet de Peugeot : courroie de distribution humide qui se désagrège, crépine d’huile bouchée, surconsommation d’huile, rappels massifs, action collective en justice… Le moteur trois cylindres essence a terni l’image de la marque plus que n’importe quel autre, même si les versions récentes (depuis 2022-2023) ont été renforcées et que Stellantis offre jusqu’à 10 ans/180 000 km de garantie sous conditions strictes.
La Peugeot 208 adopte en 2026 le nouveau bloc 1.2 Turbo 100 à chaîne de distribution, tournant une page que la marque au lion aurait préféré ne jamais avoir eu à écrire. Le PureTech disparaît donc progressivement du catalogue. Ce n’est pas un simple changement de nomenclature. Selon les ingénieurs de Stellantis, cette troisième génération du bloc EB2 intègre près de 70 % de pièces nouvelles.
Chaîne de distribution, pistons et culasse revus : une refonte en profondeur
Le grief principal des propriétaires de PureTech était la courroie de distribution humide, dont la dégradation prématurée a entraîné des casses moteur dans des conditions d’utilisation normale, une surconsommation d’huile chronique et le bouchage de la crépine. Ce point a été traité à la racine : le nouveau 1.2 Turbo 100 adopte une chaîne de distribution, solution mécanique plus robuste et sans maintenance préventive imposée. Les pistons, la culasse et l’architecture interne ont également été revus pour améliorer la fiabilité, réduire les frottements et optimiser la gestion thermique. La conformité aux normes Euro 7 a guidé une partie de ces évolutions.
Les performances restent dans les mêmes eaux que le bloc précédent : 100 chevaux, 205 Nm de couple, boîte manuelle six rapports, consommation mixte WLTP annoncée à 5,1 litres aux 100 kilomètres et émissions de CO2 entre 115 et 120 grammes par kilomètre selon les finitions. En usage réel, les premiers retours sur les modèles déjà équipés de ce bloc suggèrent une consommation effective autour de 5,5 à 6,5 litres selon le style de conduite.
Déjà présent sur C3, Corsa et Grande Panda avant d’arriver sur la 208
Ce moteur n’est pas une inconnue. Il équipe déjà la nouvelle Citroën C3, l’Opel Corsa dans sa version non hybride, la Fiat Grande Panda et le Jeep Avenger dans certaines configurations. Son arrivée sur la 208 a une portée symbolique particulière : Peugeot est la marque du groupe qui a subi le plus lourdement les conséquences médiatiques et judiciaires du PureTech défaillant. C’est donc sur la 208 que le changement résonne le plus fort.
Les premières livraisons clients sont attendues au printemps-été 2026. Le 2008 suivra dans les prochains mois avec le même bloc. Le prix d’entrée de la 208 motorisée en 1.2 Turbo 100 démarre à environ 18 000 euros.
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Un silence communicatif qui en dit long
Stellantis n’a pas organisé de grande opération de communication autour de cette évolution. Pas de campagne « Nouveau moteur fiable », pas de spot télé triomphant. La stratégie est compréhensible : toute mise en avant du nouveau bloc oblige à mentionner l’ancien, ce qui rouvre des cicatrices encore fraîches dans l’esprit de nombreux acheteurs français. Mieux vaut glisser discrètement la correction dans le catalogue que de rappeler pourquoi elle était nécessaire.
Ce silence ne change pas la réalité mécanique. Pour un acheteur qui hésite entre une 208 essence, une Renault Clio, une Volkswagen Polo ou une Dacia Sandero, et qui a toujours repoussé la 208 à cause de la réputation du PureTech, ce nouveau bloc redonne de la crédibilité à la citadine de Sochaux. La confiance se regagne lentement, essai après essai et kilomètre après kilomètre. Le moteur semble être la bonne réponse. Le reste appartient au temps.
