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Salon de Bruxelles 2026 : pourquoi c’est devenu LE rendez-vous automobile européen – Analyse

Renault Scenic Vision au Salon de Bruxelles

Le Salon de l’Automobile de Bruxelles ouvre ses portes ce vendredi 9 janvier 2026 pour sa 102ème édition. Avec 64 marques confirmées, 300 000 visiteurs attendus et l’élection de la Voiture de l’Année 2026, le rendez-vous belge s’impose désormais comme l’événement incontournable pour lancer l’année automobile en Europe. Décryptage d’un succès qui ne doit rien au hasard.

Comment Bruxelles a remplacé Genève

La disparition du Salon de Genève en 2024 a créé un vide dans le calendrier automobile européen. Pendant des décennies, le rendez-vous suisse était LA référence en début d’année, attirant tous les constructeurs mondiaux et générant une couverture médiatique internationale. Son absence a laissé un boulevard que Bruxelles s’est empressé d’occuper.

L’avantage de la capitale belge réside dans sa neutralité et sa position géographique. Située au cœur de l’Europe, à quelques heures de Paris, Francfort, Amsterdam et Londres, Bruxelles offre une accessibilité incomparable. Contrairement aux salons nationaux comme Paris ou Munich, le salon belge est organisé dans un pays sans constructeur automobile national majeur, garantissant une impartialité appréciée de tous les exposants.

La FEBIAC, fédération organisatrice du salon, a su capitaliser sur cette opportunité en maintenant des dates en janvier, juste après les fêtes de fin d’année. Un timing stratégique qui permet aux constructeurs de lancer commercialement leurs nouveautés au moment où les clients commencent à planifier leurs achats de l’année.

64 marques et un record de présence

L’édition 2026 affiche un record de participation avec 64 marques automobiles présentes, soit une de plus qu’en 2025. Cette progression constante démontre l’attractivité croissante de l’événement auprès de l’industrie. La couverture atteint 94,7% du marché belge, un taux exceptionnel qui confirme que pratiquement tous les acteurs majeurs du secteur ont fait le déplacement.

Pour la première fois, le salon intègre également 28 marques de deux-roues dans un hall dédié, répondant à une demande du public et élargissant son spectre au-delà de l’automobile stricto sensu. Cette diversification témoigne d’une vision globale de la mobilité qui colle aux évolutions sociétales.

Les palais 5, 6, 7, 9 et 11 du Brussels Expo seront occupés, représentant une superficie totale d’environ 60 000 mètres carrés. Le Hall Astrid, entièrement rénové, sert de porte d’entrée principale pour 70% du public et fait désormais partie intégrante de l’expérience salon.

Parmi les absences notables figurent Jaguar, actuellement en pleine transformation vers le 100% électrique, Land Rover, Lynk & Co, Volvo qui ne croit plus aux salons depuis longtemps, et quelques constructeurs chinois encore confidentiels sur le marché européen. Leur absence n’entache en rien la qualité de l’offre proposée aux visiteurs.

Des premières mondiales et européennes prestigieuses

Le Salon de Bruxelles 2026 ne se contente pas d’exposer des modèles déjà connus. Cinq premières mondiales sont annoncées, dont la Peugeot 408 restylée, le concept Citroën Elo et la Kia EV2. Une dizaine de premières européennes complètent le tableau, avec notamment les Mercedes-Benz CLA Shooting Brake et GLB qui feront leurs débuts devant le public européen.

Stellantis joue un rôle majeur avec 62 lancements prévus entre nouveautés mondiales et européennes. Le groupe franco-italo-américain fait de Bruxelles une vitrine stratégique pour ses marques Peugeot, Citroën, Opel, Fiat, Jeep, Alfa Romeo et DS Automobiles. Les nouvelles Opel Astra et Peugeot 408, qui arriveront dans les concessions courant 2026, seront présentées au public belge en avant-première.

Leapmotor, la marque chinoise commercialisée en Europe par Stellantis, dévoilera un trio de nouveautés dont le B03X (appelé A10 sur le marché intérieur chinois), un crossover électrique de segment B prévu pour 2026-2027, ainsi que la Leapmotor B10 REEV, version avec prolongateur d’autonomie du SUV compact.

Honda exposera la nouvelle génération de sa Prelude, l’un des coupés les plus attendus de 2025, aux côtés de la Civic restylée et du HR-V. Hyundai présentera en première mondiale la version 100% électrique de son Staria, un grand monospace jusqu’alors disponible uniquement en motorisation hybride.

Mercedes-Benz dévoilera une série de « Dreamcars » spectaculaires, avec en vedette la Mercedes-AMG PureSpeed, un roadster exclusif produit en série ultra-limitée. Seront également exposées les Mercedes-Maybach SL 680 Monogram Series, la Mercedes-AMG GT 63 PRO 4Matic+, la CLE 53 4Matic+, le Classe G 580 EQ électrique et la Classe E 53 4Matic+.

L’élection de la Voiture de l’Année : un enjeu commercial majeur

Le plus important passage de témoin entre le Salon de Genève et celui de Bruxelles concerne l’attribution du prix de la Voiture de l’Année (Car of the Year). Depuis 2025, c’est à Bruxelles que le jury de 60 journalistes automobiles européens se réunit pour remettre ce trophée prestigieux.

L’édition 2026 présente sept finalistes : Citroën C5 Aircross, Dacia Bigster, Fiat Grande Panda, Kia EV4, Mercedes CLA, Renault 4 et Skoda Elroq. La présence de quatre modèles français (en comptant la Grande Panda de Fiat, marque du groupe Stellantis) témoigne de la vitalité de l’industrie automobile hexagonale.

Le lauréat sera annoncé le vendredi 10 janvier lors de la journée presse, avant l’ouverture au grand public le samedi. Cette annonce génère systématiquement une couverture médiatique internationale massive, offrant au constructeur gagnant une visibilité inestimable au moment précis où s’ouvre le marché européen de l’année.

L’année 2025 avait vu un doublé historique pour le groupe Renault avec la victoire conjointe de la Renault 5 E-Tech et de l’Alpine A290. Ce sacre avait propulsé les ventes de la citadine électrique rétro-futuriste, validant l’impact commercial direct du prix. La question est maintenant de savoir si Dacia peut prolonger cette série française avec son Bigster, ou si Mercedes, Kia ou Skoda viendront briser cette dynamique.

L’ADN commercial unique de Bruxelles

En tant que spécialiste du marché automobile européen, j’observe depuis plusieurs années la montée en puissance du Salon de Bruxelles. La disparition du Salon de Genève a créé un vide que Bruxelles a su combler intelligemment. Contrairement à Paris ou Munich qui se tiennent en septembre, Bruxelles ouvre l’année automobile – un timing stratégique pour les lancements commerciaux.

Ce qui rend Bruxelles véritablement unique, c’est son ADN profondément commercial. Le salon représente à lui seul environ 30% des ventes automobiles annuelles belges. Ce chiffre impressionnant démontre que les visiteurs ne viennent pas uniquement pour regarder, mais avec un projet d’achat concret en tête.

Les constructeurs ne se contentent pas d’exposer leurs nouveautés, ils viennent littéralement vendre. Les équipes commerciales sont déployées en force, les offres spéciales « salon » sont particulièrement agressives, et les bons de commande circulent abondamment dans les allées. Cette dimension commerciale assumée crée une dynamique totalement différente des salons « vitrines » comme Munich ou le défunt Genève.

Frank Van Gool, CEO de la FEBIAC, confirme cette orientation : « Avec 64 marques présentes, le salon de Bruxelles bat un record ! Réunies au sein de l’alliance Mobia, les fédérations de la mobilité Febiac, Renta et Traxio représentent aujourd’hui plus de 10 000 entreprises, 160 000 employés et une valeur annuelle de 11,5 milliards d’euros, soit 2,6% du PIB de la Belgique. »

L’édition 2025 avait accueilli près de 310 000 visiteurs, un chiffre que les organisateurs espèrent dépasser en 2026 grâce à la richesse de l’offre exposée. Chaque visiteur dépense en moyenne 150 à 200 euros en restauration, accessoires et documentation, générant une activité économique significative pour la région bruxelloise.

Un indicateur précoce pour le marché français

Pour le marché français, le Salon de Bruxelles constitue un indicateur précoce particulièrement fiable. Les tendances qui émergent à Bruxelles en janvier se confirment généralement en France au printemps. La proximité géographique et culturelle entre les deux pays, ainsi que des habitudes de consommation automobile similaires, font du marché belge un laboratoire grandeur nature pour les constructeurs.

Si le Dacia Bigster ou la Renault 4 remportent le titre de Voiture de l’Année, cela donnera un coup de boost commercial majeur sur notre marché où Renault et Dacia dominent déjà. Le groupe Renault représente 26,3% de parts de marché en France, juste devant Stellantis avec 25,7%. Une victoire à Bruxelles renforcerait encore cette position de leader.

La présence massive de Stellantis avec 62 lancements démontre l’importance stratégique que le groupe accorde à ce salon. Pour les marques françaises du groupe – Peugeot, Citroën, DS Automobiles – Bruxelles offre une vitrine parfaite pour toucher à la fois le public belge, français et international. Les journalistes du monde entier font le déplacement, garantissant une couverture médiatique bien supérieure à celle d’un simple communiqué de presse.

L’électrification au cœur des débats

Le Salon de Bruxelles 2026 intervient à un moment charnière pour l’industrie automobile européenne. La transition vers l’électrique s’accélère, avec de nombreuses nouveautés 100% électriques exposées, mais le marché reste hésitant face aux prix élevés et à l’autonomie encore limitée de certains modèles.

Les constructeurs chinois, bien que peu nombreux physiquement, font sentir leur présence à travers les partenariats comme celui de Leapmotor avec Stellantis. Leur montée en puissance inquiète l’industrie européenne, qui tente de réagir avec des modèles électriques plus abordables comme la Renault 4, la Citroën ë-C3 ou la future Volkswagen ID.2.

Le débat sur la fin des moteurs thermiques en 2035, récemment assoupli par la Commission européenne qui envisage désormais des carburants synthétiques, trouvera un écho particulier à Bruxelles. Les constructeurs allemands, notamment, plaident pour cet assouplissement qui leur permettrait de conserver leurs moteurs performants tout en respectant les objectifs climatiques.

Une expérience visiteur enrichie

Au-delà des voitures exposées, le Salon de Bruxelles 2026 propose de nombreuses animations pour enrichir l’expérience visiteur. The Sim Power installera douze simulateurs professionnels dans le Palais 6, permettant au public de tester virtuellement certains modèles sportifs dans des conditions de course.

Devant le Hall Astrid, le Supercar Experience organisé par Petrolhead exposera de nombreuses supercars avec la possibilité pour les visiteurs de s’installer à bord. Un rêve accessible pour ceux qui fantasment sur les Ferrari, Lamborghini, Porsche et autres bolides hors de prix.

POG, influenceur automobile belge très populaire, réunira certaines de ses voitures les plus excentriques dans une POG Zone dédiée. Il fera lui-même plusieurs apparitions pendant le salon, attirant une audience jeune particulièrement présente sur les réseaux sociaux.

Un Family Tour ludique et éducatif sera proposé les week-ends et le mercredi après-midi, destiné aux plus jeunes. Ce parcours interactif dans l’univers automobile se conclura par un cadeau pour les enfants ayant complété l’ensemble des étapes, fidélisant ainsi les familles et créant des vocations automobiles précoces.

Informations pratiques et billetterie

Le Salon de Bruxelles 2026 se tiendra du 9 au 18 janvier au Brussels Expo, plateau du Heysel, facilement accessible en métro depuis la gare de Bruxelles Midi (ligne 6, station Heysel). Les horaires d’ouverture sont de 10h00 à 19h00, avec une nocturne le vendredi 16 janvier jusqu’à 22h00 et une ouverture spéciale journée presse le 9 janvier de 19h00 à 23h00.

Les tarifs des billets s’établissent à 18 euros pour les adultes, 10 euros pour les enfants de 10 à 15 ans, et gratuit pour les moins de 10 ans. Des billets groupe à partir de 15 personnes sont proposés à 12 euros par personne. La billetterie en ligne, accessible sur le site autosalon.be, permet d’éviter les files d’attente aux caisses.

Le parking C, malgré un état toujours critiqué par les habitués du salon, devrait suffire pour la majorité des visiteurs venant en voiture. Néanmoins, l’accès en transports en commun est vivement recommandé, Bruxelles disposant d’un réseau métro, tram et bus particulièrement dense et efficace.

Rendez-vous vendredi pour le verdict

Le Salon de Bruxelles 2026 s’annonce comme un millésime exceptionnel. La richesse de l’offre exposée, la qualité des premières mondiales et européennes, l’élection de la Voiture de l’Année et la présence record de 64 marques en font un événement incontournable pour tous les passionnés d’automobile.

Le secteur automobile européen traverse une période de transformation profonde, entre électrification accélérée, concurrence chinoise croissante et incertitudes réglementaires. Le Salon de Bruxelles offre un instantané précieux de cet écosystème en pleine mutation, permettant au public de découvrir les réponses que l’industrie apporte à ces défis.

Rendez-vous ce vendredi 10 janvier pour découvrir quelle voiture succédera aux Renault 5 et Alpine A290, lauréates 2025. Dans une compétition aussi ouverte, avec quatre françaises en lice sur sept finalistes, le suspense reste entier jusqu’au dernier moment.

Par Faris Bouchaala, Journaliste automobile.

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