Le SUV compact japonais assemblé à Onnaing conserve sa couronne avec plus de 212 000 exemplaires sortis des chaînes en 2025. Une domination nippone qui dure depuis 2012, à peine interrompue par le Peugeot 3008 pendant deux ans.
Toyota règne sur la production automobile française. Pour la sixième année d’affilée, un modèle de la marque japonaise décroche le titre de voiture la plus fabriquée dans l’Hexagone. Après la Yaris entre 2012 et 2017, puis à nouveau en 2020 et 2021, c’est désormais sa déclinaison SUV qui mène la danse depuis 2022.
Selon les chiffres du cabinet Inovev, la Yaris Cross totalise 212 539 unités produites en 2025 à l’usine TMMF d’Onnaing, dans les Hauts-de-France. Un volume qui place ce modèle loin devant ses poursuivants, dans un pays qui a assemblé au total 1,5 million de véhicules l’an dernier.
Un modèle exclusivement français
Contrairement à sa petite sœur la Yaris, dont la production se partage entre la France et l’usine tchèque de Kolin, la Yaris Cross sort exclusivement des chaînes d’Onnaing. Cette exclusivité confère au site nordiste un rôle stratégique pour Toyota, qui y concentre l’ensemble de la fabrication de son SUV compact destiné au marché européen.
L’usine française fonctionne à plein régime pour répondre à la demande. Le succès commercial de la Yaris Cross en Europe tire les volumes vers le haut, faisant d’Onnaing l’un des sites automobiles les plus dynamiques du territoire.
Le Peugeot 3008 en embuscade
Derrière le leader japonais, le Peugeot 3008 occupe la deuxième place avec 160 234 exemplaires assemblés à Sochaux. Une forte progression par rapport à 2024, portée par la montée en cadence de la deuxième génération de ce SUV familial star de la marque au lion.
Trois utilitaires Renault complètent le top 5 : le Kangoo fabriqué à Maubeuge, le Trafic produit à Sandouville et le Master assemblé à Batilly. Le cabinet Inovev rappelle que les véhicules utilitaires légers représentent environ 40 % de la production automobile française depuis plusieurs années, ce qui explique leur présence massive dans le classement.
Les françaises vendues en France ne sont pas fabriquées en France
Paradoxe de l’industrie automobile moderne : la Yaris Cross caracole en tête de la production française mais ne figure même pas dans le top 10 des ventes sur le marché hexagonal. Le SUV japonais part principalement à l’exportation vers les différents pays européens.
Les voitures les plus vendues en France proviennent d’ailleurs. La Renault Clio, championne des ventes, sort des chaînes turques de Bursa. La Peugeot 208, sa dauphine, est assemblée en Slovaquie. Il faut descendre à la sixième place des immatriculations pour trouver un modèle fabriqué sur le sol français : le Peugeot 3008.
La Renault 5 domine la production électrique
Sur le segment des véhicules zéro émission, c’est la Renault 5 qui s’impose comme le modèle le plus produit en France. Assemblée à Douai, elle totalise environ 80 000 unités et occupe la sixième place du classement général.
Renault a fait le choix stratégique de concentrer sa production électrique dans l’Hexagone. Le site de Douai accueille le duo R5/Alpine A290, le Scénic électrique et la Mégane E-Tech. L’usine de Maubeuge complète le dispositif avec la future R4 et le Kangoo électrique.
L’Opel Mokka produit à Poissy, la Peugeot 308 de Mulhouse et le Peugeot 5008 de Sochaux ferment la marche du top 10.
Une époque révolue des gros volumes
Le titre de Toyota masque une réalité moins glorieuse pour l’industrie automobile française. Les volumes actuels n’ont plus rien à voir avec ceux d’antan. En 2002, la Peugeot 206 dépassait les 500 000 unités produites, principalement à Mulhouse. Aujourd’hui, le champion plafonne à 212 000 exemplaires.
Cette érosion reflète les délocalisations successives vers des pays à moindres coûts salariaux et la fragmentation du marché entre une multitude de modèles. Le temps où Peugeot et Renault se disputaient le titre avec des citadines produites massivement sur le sol national appartient désormais à l’histoire.
La domination japonaise depuis 2012 illustre cette transformation. Toyota a su investir massivement dans son site français et y concentrer des modèles à forte demande européenne. Une stratégie payante qui lui permet de régner sur une production française certes moins volumineuse, mais toujours significative dans le paysage industriel hexagonal.
