Accueil Actualité Fermeture de l’usine Lisi Automotive de Puiseux-Pontoise : 135 emplois supprimés

Fermeture de l’usine Lisi Automotive de Puiseux-Pontoise : 135 emplois supprimés

usine Lisi Automotive

L’équipementier spécialisé dans les fixations plastique et métal, Lisi Automotive, ferme son site du Val d’Oise employant 153 salariés. Écart de prix de 20 à 25% avec la concurrence étrangère causant pertes de plusieurs millions d’euros annuels depuis 2020. Production transférée au Maroc et en Allemagne. Mercedes, Renault et Stellantis parmi les clients affectés.

C’est une nouvelle usine dédiée à l’automobile qui ferme en France. Celle de Puiseux-Pontoise dans le Val d’Oise de Lisi Automotive cesse définitivement ses activités. 135 salariés vont perdre leur emploi, la direction invoquant la concurrence étrangère et les coûts de production français devenus insoutenables.

Hémorragie industrielle automobile française

L’hémorragie continue dans le milieu de l’industrie automobile en France. Le groupe Lisi Automotive spécialisé dans les fixations en plastique et en métal est contraint de mettre fin à l’aventure de son usine francilienne de Puiseux-Pontoise située dans le Val d’Oise. L’entreprise vient d’annoncer la mauvaise nouvelle avec de lourdes répercussions sur les salariés travaillant actuellement dans ce site.

Sur les 153 salariés en CDI, 135 vont perdre leur poste avec cette fermeture brutale. Les 18 employés restants, essentiellement des commerciaux, retrouveront une activité du côté de Saint-Ouen afin de poursuivre leur travail dans une autre usine du groupe Lisi Automotive.

Clients prestigieux insuffisants

Une décision rude car ce site comptait pourtant des clients majeurs parmi les constructeurs automobiles. Citons Mercedes-Benz, Renault ou encore Stellantis bénéficiant des fixations et composants produits sur ce site francilien. Sauf que les coûts n’étaient plus tenables en Europe face à la concurrence étrangère pratiquant des tarifs nettement inférieurs.

Ainsi, l’écart de prix avec la concurrence de Turquie, d’Inde ou encore de Chine était de l’ordre de 20 à 25% selon la direction de Lisi Automotive. Intenable financièrement car cela faisait perdre « plusieurs millions d’euros par an depuis 2020 » à l’usine francilienne, la rendant « non compétitive » selon Vincent Quinaux, directeur général de Business Group Solutions Clippées, branche de Lisi Automotive chapeautant l’usine.

Pression généralisée sur les prix

Une tendance touchant durablement « le marché automobile européen » continuait Vincent Quinaux. Car « sous pression, les constructeurs font pression pour baisser les prix sur toute la chaîne de production », mécanisme déflationniste pesant sur l’ensemble des équipementiers et sous-traitants automobiles européens.

Face à cette spirale descendante des prix, Lisi a fait savoir que la production des pièces actuellement fabriquées à Puiseux-Pontoise continuera au Maroc mais aussi en Allemagne, démontrant que même l’Allemagne propose des conditions de production plus avantageuses que la France pour certaines activités industrielles.

La firme envisage également de lancer une activité de négoce pur avec achat de pièces directement en Asie pour les revendre en Europe, abandonnant ainsi la production industrielle locale au profit d’un simple rôle de distributeur commercial.

Crise structurelle de la sous-traitance automobile française

Cette fermeture s’inscrit dans la crise profonde traversée par la sous-traitance automobile française confrontée simultanément à plusieurs chocs : concurrence des pays à bas coûts salariaux, pression déflationniste des constructeurs eux-mêmes en difficulté, transition énergétique bouleversant les technologies et réduisant le nombre de pièces mécaniques nécessaires.

Les équipementiers français perdent progressivement leurs positions face aux concurrents turcs bénéficiant d’une proximité géographique avec l’Europe tout en proposant des coûts salariaux divisés par trois, aux indiens combinant main-d’œuvre bon marché et compétences techniques croissantes, et aux chinois dominant désormais de nombreux segments technologiques.

Le transfert de production au Maroc correspond à la stratégie de nombreux équipementiers européens de délocaliser vers l’Afrique du Nord conservant une proximité relative avec les usines d’assemblage européennes tout en bénéficiant de coûts salariaux nettement inférieurs aux standards français.

Cette nouvelle fermeture industrielle automobile en région parisienne illustre les difficultés structurelles de la France à maintenir son tissu industriel face à une mondialisation automobile désormais pleinement aboutie où seules les activités à très haute valeur ajoutée technologique ou les productions de très gros volumes peuvent économiquement se justifier sur le territoire national.

Les 135 salariés licenciés vont devoir se reconvertir dans un contexte économique difficile où les opportunités industrielles se raréfient en Île-de-France, région ayant perdu l’essentiel de son tissu manufacturier au profit des services tertiaires ces dernières décennies.

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