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Bosch ferme son usine d’Yzeure dans l’Allier : 270 emplois supprimés d’ici fin 2026

Bosch Moulins-Yzeure - France

Bosch annonce la fermeture définitive du site spécialisé dans les correcteurs électroniques de trajectoire ESP. La production cessera progressivement d’ici juin, avec arrêt total prévu le 31 décembre. La baisse de 40% de l’activité depuis 2020 motive cette décision.

Le géant allemand Bosch, premier équipementier automobile mondial, a confirmé le 20 janvier lors d’un comité social et économique extraordinaire la fermeture de son site de Moulins-Yzeure dans l’Allier. Entre 265 et 270 salariés sont concernés par cette décision qui s’inscrit dans un contexte de restructuration du secteur automobile européen face à l’électrification et la concurrence internationale.

Un site historique spécialisé dans les systèmes ESP

L’usine de Moulins-Yzeure, implantée depuis plusieurs décennies dans cette zone rurale de l’Allier, s’est spécialisée dans la production de correcteurs électroniques de trajectoire, ces systèmes ESP essentiels à la stabilité des véhicules. Ces composants électroniques empêchant les dérapages sur route glissante équipaient des millions de véhicules européens assemblés sur le site français.

L’activité industrielle cessera progressivement d’ici au 30 juin 2026, avec une fermeture définitive programmée pour le 31 décembre 2026. Les négociations sur un plan de sauvegarde de l’emploi ont démarré immédiatement après l’annonce, selon les informations rapportées par Les Echos.

« On ne s’attendait pas à une fermeture aussi brutale », a confié un délégué syndical cité par le quotidien économique, soulignant la surprise générale face à cette décision radicale.

Chute de 40% de la production depuis 2020

La fermeture résulte d’une sous-utilisation chronique du site. Depuis 2020, la production a chuté de 40%, laissant les chaînes de fabrication tourner au ralenti. Le marché européen des systèmes ESP traditionnels connaît un recul structurel, pressé par l’essor des véhicules électriques qui intègrent des freins régénératifs et des aides à la conduite plus sophistiquées nécessitant des technologies différentes.

La concurrence internationale, notamment venue d’Asie où les coûts de production restent nettement inférieurs aux standards européens, pèse également lourdement sur la rentabilité du site français. Bosch rapatrie par ailleurs une partie de ses activités vers l’Allemagne, où les usines sont plus centralisées et bénéficient d’économies d’échelle.

Cette restructuration s’inscrit dans un plan global du groupe qui a déjà annoncé des milliers de suppressions de postes en Europe ces dernières années, touchant même ses sites allemands historiques.

Un département déjà fragilisé par la désindustrialisation

L’Allier subit de plein fouet cette fermeture qui s’ajoute à d’autres pertes d’emplois industriels récentes. Le département a vu disparaître environ 3000 emplois industriels ces dernières années avec notamment les réductions d’effectifs chez Erasteel (190 à 280 postes supprimés) et Cast’Al (35 emplois perdus).

« Ça a été la catastrophe quand je l’ai appris », a témoigné une habitante interrogée par France 3, évoquant l’effet domino redouté sur les commerces locaux et les services publics. La Chambre de Commerce et d’Industrie de l’Allier s’est dite « catastrophée », insistant sur la perte irrémédiable de savoir-faire en électronique automobile.

Les salariés concernés, majoritairement des quadragénaires et quinquagénaires avec charges de famille, s’interrogent sur leurs possibilités de reconversion dans une région où les opportunités industrielles se raréfient.

Mobilisation syndicale contre la fermeture

Les organisations syndicales CGT et FO Métaux appellent à une mobilisation contre cette fermeture, dénonçant « une catastrophe de plus » dans un bassin d’emploi déjà fragilisé. La Fédération FO Métaux a déclaré sur les réseaux sociaux qu’il était « vital de mettre fin à cette désindustrialisation qui ravage le territoire ».

Les syndicats soulignent que cette fermeture intervient alors que Bosch, qui emploie plus de 400 000 personnes dans le monde et réalise des milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel, reste globalement profitable au niveau du groupe.

Aucun projet de reconversion annoncé

Contrairement à d’autres sites Bosch en France ayant bénéficié de reconversions partielles vers l’hydrogène ou les batteries comme à Rodez ou Mondeville, aucun plan de reprise ou de reconversion n’a été évoqué pour Moulins-Yzeure.

Les élus locaux plaident pour des aides publiques et des investissements dans la mobilité verte afin d’attirer de nouvelles activités industrielles sur le territoire, mais le calendrier serré de la fermeture laisse peu de temps pour identifier des solutions alternatives.

Cette fermeture illustre les difficultés de l’industrie automobile européenne confrontée simultanément à la transition énergétique vers l’électrique, à la concurrence mondiale accrue et aux surcapacités de production dans certains segments comme les composants pour motorisations thermiques traditionnelles.

Le site de Moulins-Yzeure rejoint ainsi la liste croissante des usines automobiles fermées en France ces dernières années, posant la question de la pérennité du tissu industriel dans les régions rurales éloignées des grands bassins d’emploi.

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