Absente du réseau Dacia France depuis 2022, la berline tricorps Logan restylée 2026 reste pourtant accessible dans l’Hexagone grâce à des spécialistes de l’importation automobile. Une alternative méconnue pour ceux qui recherchent espace et économies, sans passer par un SUV.
La Dacia Logan n’apparaît plus au catalogue officiel du constructeur roumain en France depuis bientôt quatre ans. Pourtant, des exemplaires neufs de la version restylée 2026 continuent d’arriver sur le territoire français. Comment expliquer ce paradoxe ? La réponse tient en quelques mots : importation parallèle et homologation européenne. Une pratique parfaitement légale qui permet aux amateurs de berlines compactes d’accéder à un modèle que Dacia France a volontairement écarté de son offre.
Un retrait stratégique qui laisse un vide
La Logan, modèle emblématique qui avait fait connaître Dacia en Europe occidentale dès 2004, a progressivement disparu des concessions françaises. Sa troisième génération, présentée fin 2020, n’a jamais été commercialisée officiellement dans l’Hexagone. Le groupe Renault-Dacia a privilégié le Sandero (version bicorps sans coffre séparé), le Sandero Stepway à allure baroudeuse, et le Jogger familial.
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Cette décision repose sur une analyse du marché français où les SUV et crossovers dominent les ventes. La silhouette traditionnelle de berline tricorps semblait avoir perdu sa pertinence commerciale. Mais cette logique de rationalisation a créé un appel d’air. La Logan reste commercialisée dans de nombreux pays européens : Roumanie, Pologne, Espagne, Portugal, ainsi que sur les marchés nord-africains et sud-américains.
Or, tout véhicule homologué pour circuler dans l’Union européenne peut légalement être importé et immatriculé en France. C’est cette brèche qu’exploitent plusieurs professionnels spécialisés.
Borel, pionnier de l’importation Logan en France
Parmi ces importateurs, la société Borel occupe une position de référence. Basée à Gières, près de Grenoble, cette entreprise familiale se spécialise depuis 1984 dans la conversion de véhicules aux carburants alternatifs, principalement GPL et E85. Forte de près de quarante ans d’expérience, elle emploie dispose d’un réseau d’agents formés dans ses locaux.
Borel continue d’importer la Logan restylée 2026, « conformément aux standards européens et parfaitement homologuée pour circuler dans l’Hexagone ». Ces véhicules sont vendus neufs avec une garantie constructeur de trois ans ou 100.000 kilomètres.
La Logan phase 2, version restylée présentée par Dacia en octobre 2025, bénéficie de la conformité à la norme de sécurité GSR 2, obligatoire depuis juillet 2024 pour tous les véhicules neufs vendus en Europe. Concrètement, cela se traduit par l’ajout d’équipements comme le radar de recul de série et l’aide au maintien dans la voie.
Une gamme axée sur le GPL et l’E85
La particularité de l’offre Borel réside dans sa focalisation sur les motorisations à carburants alternatifs. La Logan y est proposée avec deux motorisations principales :
Le 1.0 TCe de 100 chevaux en version essence, convertible au GPL par Borel avec installation d’un réservoir GPL de 61 litres (contre 40 litres sur les versions d’usine Eco-G). Cette capacité généreuse permet une autonomie totale dépassant les 1.300 kilomètres en cumulant les deux réservoirs essence et GPL.
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Le 1.2 Eco-G de 120 chevaux, version bi-carburant GPL d’origine Dacia, disponible avec boîte manuelle ou automatique à double embrayage. Comme le précise iTransports.fr, ce moteur « réduit fortement le coût au kilomètre, tout en conservant une autonomie élevée ».
Sur certaines versions, Borel ajoute un boîtier E85 pour créer sa technologie propriétaire FLeX3, permettant au véhicule de fonctionner indifféremment à l’essence SP95, à l’E85 ou au GPL. Cette solution offre une polyvalence totale pour choisir le carburant selon les opportunités de prix à la pompe.
Des tarifs qui intègrent les coûts d’importation
Le positionnement tarifaire de ces Logan importées reflète la complexité de l’opération. Contrairement à une idée reçue, acheter une Logan via Borel ne revient pas moins cher qu’un Sandero chez Dacia France.
Selon les informations recueillis auprès de la concession, la Logan 2026 est « affichée à partir de 17.700 € ». Le site précise que « les frais liés à l’importation expliquent cette différence » de prix par rapport à une Sandero.
Ce montant s’explique par le processus d’importation et d’homologation. Borel doit faire venir les véhicules depuis les marchés où la Logan reste commercialisée (principalement Roumanie et Maroc), procéder aux transformations GPL ou E85, puis obtenir les certifications UTAC nécessaires pour la mise en circulation en France. Chaque véhicule fait l’objet d’une réception à titre isolé, procédure administrative plus lourde qu’une importation massive par un constructeur.
Pour référence, les tarifs observés en juin 2024 par L’Argus positionnaient la Logan Essential à partir de 15.710 euros, avec des finitions supérieures (Expression, Journey, Journey Plus) s’échelonnant jusqu’à 19.910 euros pour les versions FLeX3.
Les arguments qui plaident pour la Logan
Au-delà de l’aspect particulier d’acheter un modèle que le constructeur ne propose pas officiellement, quels sont les atouts réels de la Logan face aux alternatives du catalogue Dacia ?
Le coffre constitue l’argument principal : 528 litres selon Borel, contre 328 litres pour le Sandero standard et 213 litres seulement pour le Sandero Stepway dont la garde au sol surélevée réduit l’espace. Seul le Jogger fait mieux avec ses 607 litres, mais dans un gabarit nettement plus imposant et à un tarif supérieur.
Pour les professionnels – chauffeurs VTC, petites entreprises, artisans – ce volume de chargement accessible via un hayon fait la différence dans l’usage quotidien. La silhouette classique de berline quatre portes conserve également une image statutaire appréciée dans certains usages professionnels.
Le coût d’usage en GPL représente l’autre avantage décisif. Avec une consommation GPL oscillant entre 7 et 8 litres aux 100 kilomètres et un prix au litre autour d’un euro, le coût kilométrique descend entre 4 et 5 euros aux 100 kilomètres, nettement inférieur aux motorisations essence pures.
Des limites à prendre en compte
Cette solution d’achat comporte des inconvénients. Le délai d’obtention s’avère généralement plus long qu’un achat en concession classique, la procédure d’importation et d’homologation nécessitant plusieurs semaines.
La revente future pourrait également s’avérer moins aisée. La Logan III ne disposant pas de cote Argus officielle en France, l’estimation de reprise pourrait poser question, même si le marché de l’occasion reste actif pour les véhicules GPL.
Enfin, certaines pièces spécifiques à la Logan pourraient nécessiter des délais d’approvisionnement plus longs en cas de réparation, bien que la majorité des composants soient partagés avec les autres modèles Dacia disponibles en France.
Une niche qui perdure
Quatre ans après son retrait du catalogue officiel, la Dacia Logan continue donc d’exister en France grâce à quelques spécialistes déterminés. Les volumes restent confidentiels – quelques dizaines ou centaines d’unités par an – mais suffisants pour maintenir une offre.
Cette persistance témoigne d’une demande réelle, même marginale, pour un format de berline compacte tricorps combinant espace, sobriété mécanique et coût d’usage maîtrisé. Face à la domination des SUV et à la montée en gamme généralisée du marché automobile, la Logan importée incarne une alternative pragmatique pour ceux qui cherchent ces caractéristiques précises.
