L’organisation de consommateurs Altroconsumo vient de publier son classement annuel des véhicules les plus fiables, basé sur 53 000 témoignages de conducteurs issus de dix pays. Les marques japonaises trustent le podium, tandis que le constructeur chinois BYD crée la sensation en se hissant dans le top 10.
Altroconsumo, principale organisation de défense des consommateurs en Italie, vient de dévoiler les résultats de sa grande enquête de fiabilité automobile menée entre mai et juillet 2025. Plus de 53 000 conducteurs répartis dans dix pays européens ont répondu au questionnaire en ligne, détaillant leur expérience avec leur véhicule : modèle utilisé, année de production, kilométrage parcouru, pannes signalées et coûts d’entretien. Ces données ont permis de calculer un indice de fiabilité sur une échelle de 0 à 100, accompagné d’une note de satisfaction générale également notée sur 100.
L’hégémonie asiatique confirmée
Les résultats ne laissent aucune place au doute : les marques japonaises dominent massivement le classement, et plus largement les constructeurs asiatiques occupent dix des onze premières positions. Lexus règne en maître absolu avec un score de fiabilité stratosphérique de 93/100 et une satisfaction utilisateurs atteignant 91/100.
Toyota décroche la médaille d’argent avec 91 points de fiabilité et 85 de satisfaction. La troisième marche du podium se partage entre Suzuki et Subaru, affichant toutes deux 91 points de fiabilité, respectivement 84 et 88 en satisfaction client.
Honda, Mazda, Mitsubishi et Kia complètent le peloton de tête japonais avec des scores de fiabilité de 89/100. Ces performances exceptionnelles démontrent la constance légendaire des constructeurs nippons en matière de qualité de fabrication et de longévité mécanique.
BYD crée la sensation, Tesla confirme
Parmi les constructeurs plus récents, deux noms émergent clairement. Tesla et BYD affichent tous deux un impressionnant 89 en fiabilité. Le chinois BYD réalise même une performance remarquable avec 88 points de satisfaction, égalant Subaru et devançant largement certaines marques établies depuis des décennies.
Cette percée spectaculaire de BYD dans le top 10 européen bouleverse les idées reçues sur la qualité des véhicules électriques chinois. Le constructeur démontre qu’il peut rivaliser directement avec les références japonaises traditionnelles, un signal fort pour l’avenir du marché automobile européen.
Smart complète ce top 10 avec 89 en fiabilité mais seulement 80 en satisfaction, suggérant que malgré la solidité mécanique, l’expérience globale déçoit certains propriétaires.
Les Européens dans le ventre mou
Les constructeurs européens premium occupent des positions moyennes. BMW atteint 87 en fiabilité avec 86 en satisfaction. Mini égale ce score. Mercedes et Audi plafonnent à 84 en fiabilité, respectivement 86 et 85 en satisfaction.
Porsche affiche également 84 en fiabilité mais décroche la meilleure note de satisfaction du classement ex-aequo avec Lexus à 91/100, prouvant que pour beaucoup de conducteurs, le plaisir d’usage compense largement quelques tracas mécaniques.
Le groupe Volkswagen présente des résultats dispersés. Skoda atteint 82 en fiabilité avec 83 en satisfaction. Volkswagen partage ce score de 82 en fiabilité avec 84 en satisfaction. Seat obtient 84 en fiabilité et 83 en satisfaction. Cupra égale ce 84 avec une satisfaction identique de 84.
Les Français peinent
Les marques françaises occupent le bas du tableau. Peugeot stagne à 76 en fiabilité et satisfaction. Citroën partage ce triste score de 76 en fiabilité avec 78 en satisfaction. DS Automobiles affiche les mêmes 76 points de fiabilité mais remonte à 83 en satisfaction grâce probablement à son positionnement premium.
Renault se place légèrement au-dessus avec 82 en fiabilité et 80 en satisfaction. Dacia égale ce score de 84 en fiabilité avec 79 en satisfaction, démontrant que la simplicité mécanique de la marque roumaine paie en termes de solidité.
MG s’effondre, Land Rover coule
Le grand perdant du classement reste MG avec seulement 72 points de fiabilité et 79 en satisfaction. Ce score catastrophique pour le constructeur chinois appartenant à SAIC contraste violemment avec la réussite de BYD, prouvant que tous les Chinois ne se valent pas en matière de qualité.
Land Rover termine lanterne rouge avec un pitoyable 64 en fiabilité, bien que la satisfaction atteigne 79/100. Les propriétaires semblent accepter les pannes récurrentes au nom du prestige de la marque britannique et de ses capacités tout-terrain.
L’électronique principale source de pannes
L’étude révèle que l’électronique constitue le problème le plus fréquemment signalé, représentant 14% des cas. Cette catégorie englobe notamment les défaillances de phares, voyants lumineux, verrouillage centralisé et systèmes de contrôle divers.
Les problèmes de freinage et de combustion moteur arrivent ensuite, représentant chacun 9% des pannes déclarées. Un chiffre préoccupant : 24% des véhicules rencontrent des soucis durant les deux premières années d’utilisation, même si la majorité se règle sous garantie constructeur.
Des coûts d’entretien variables
Chez les conducteurs italiens interrogés, 64% fréquentent les ateliers agréés. Les dépenses annuelles moyennes varient considérablement selon les marques. Mercedes et Audi facturent environ 450 euros annuels (approximativement 1900 zlotys), reflétant la complexité et le coût des pièces premium.
À l’opposé, Lancia affiche les frais les plus bas autour de 200 euros, tandis que Dacia et Renault tournent aux alentours de 230 euros annuels, confirmant leur positionnement économique également sur l’entretien.
Satisfaction élevée malgré les pannes
Résultat surprenant : toutes les marques dépassent 75 points sur 100 en satisfaction utilisateurs. Lexus et Porsche partagent la première place à 91/100, suivies de Tesla et Polestar. Ce constat suggère que pour nombreux conducteurs, la satisfaction globale ne dépend pas uniquement de la fiabilité mécanique pure, mais intègre également le plaisir de conduite, le design, le prestige de la marque et l’expérience d’utilisation quotidienne.
Cette étude confirme la domination asiatique sur la fiabilité automobile européenne, tout en révélant l’émergence spectaculaire de BYD comme concurrent crédible face aux Japonais historiques. Les constructeurs européens, coincés dans le ventre mou, devront impérativement rehausser leurs standards qualité pour reconquérir la confiance des acheteurs face à cette concurrence asiatique impitoyable.
