Accueil Actualité Renault Ampere : La fin d’une ambition électrique – La filiale réintégrée...

Renault Ampere : La fin d’une ambition électrique – La filiale réintégrée au Groupe dès juillet 2026

Renault Ampere

Moins de trois ans après sa création en fanfare fin 2023, Ampere, la filiale 100 % électrique et logicielle de Renault, tire sa révérence en tant qu’entité autonome.

Selon des informations confirmées, la direction du groupe, sous la houlette du nouveau PDG François Provost, a décidé de dissoudre Ampere Holding au 1er juillet 2026. Ses activités seront réintégrées directement au sein de Renault Group, marquant un virage pragmatique après l’ère Luca de Meo et sa « Renaulution » très ambitieuse.

Un Symbole de la Transition Électrique Qui N’a Pas Tenue la Distance

Lancé en novembre 2023, Ampere devait être le fer de lance de Renault dans l’électrique : une structure dédiée, agile, focalisée sur les VE abordables (Renault 5 E-Tech, Scenic E-Tech, futures R4 et R3), le logiciel embarqué et même une introduction en Bourse (IPO) espérée pour valoriser l’entité autour de 10 milliards d’euros. L’idée ? Créer un « pure player » EV à la Tesla ou Rivian, capable d’attirer des investisseurs externes et d’accélérer le développement.

Mais la réalité a rattrapé le rêve. Dès janvier 2024, Renault a renoncé à l’IPO, officiellement en raison de « conditions de marché défavorables » : ralentissement de la demande VE en Europe, valorisations basses du secteur, concurrence chinoise féroce et taux d’intérêt élevés. Sans cette levée de fonds massive, maintenir une filiale séparée – avec sa propre gouvernance, ses fonctions support et ses coûts structurants – devenait insoutenable. Comme l’explique une source citée par Reuters : « S’il n’y a plus d’IPO, il n’y a plus vraiment de raison de conserver une structure dédiée. »

Pas de Plan Social, Mais une Simplification Massive

La bonne nouvelle : aucun licenciement n’est prévu. Les quelque 11 000 salariés d’Ampere (ingénieurs, développeurs, équipes industrielles) seront reclassés en interne au sein du groupe Renault. Les sites historiques du Nord – Douai (Renault 5), Maubeuge, Ruitz – ainsi que Cléon (moteurs électriques) repassent sous contrôle direct de Renault Group.

Ampere ne disparaît pas totalement : elle se transforme en centre d’ingénierie avancée dédié aux véhicules électriques et aux logiciels. Deux entités 100 % Renault subsisteront :

  • Ampere Energy (batteries et moteurs électriques),
  • Ampere Software Technology (développement logiciel et IA embarquée).

C’est une restructuration « technique » plus qu’une rupture stratégique : Renault maintient son cap sur l’électrique, mais sans la complexité d’une filiale séparée.

Le Style Provost : Pragmatisme et Réduction des Coûts

Depuis l’été 2025, François Provost – un vétéran du groupe après plus de 20 ans chez Renault – imprime une ligne plus réaliste. Moins de structures parallèles, plus d’agilité, focus sur la rentabilité. Dès septembre 2025, il avait fusionné les directions d’ingénierie (Ampere + Renault Group sous une seule tête), préfigurant cette réintégration. La dissolution d’Ampere s’inscrit dans la même logique que l’arrêt quasi-total de Mobilize (autopartage et recharge) fin 2025.

La feuille de route complète sera dévoilée en mars 2026 : on s’attend à un renforcement des hybrides (full et mild) pour capter les volumes en Europe, tout en poursuivant les VE abordables sans brûler de cash. Objectif affiché : devenir leader européen des hybrides et réduire drastiquement les coûts de développement EV face aux Chinois (BYD, MG, etc.).

Conséquences pour la Gamme Électrique Renault

Pour les clients et les fans de la « gamme Ampere » :

  • Les projets en cours (R5, Scenic, futures R4/R3) continuent sans interruption.
  • La production reste en France (Nord et Cléon).
  • Pas de changement immédiat sur les modèles commercialisés ou en commande.

Mais symboliquement, c’est la fin d’une page : Ampere n’est plus la « marque électrique » autonome promise par de Meo. Renault revient à une organisation plus classique, intégrée, pour affronter un marché VE qui patine en Europe (ventes en baisse en 2025-2026, aides qui fondent).

En résumé : Ampere n’était pas un échec technique – les VE Renault se vendent bien – mais un pari structurel trop lourd sans IPO. Sous Provost, le groupe choisit la simplicité pour survivre et rebondir. L’électrique reste prioritaire, mais sans les fioritures d’une filiale dédiée. À suivre en mars pour le plan 2026-2030… qui s’annonce très concret !

Quitter la version mobile