Peugeot numéro 1 des ventes hybrides, Citroën progresse, Leapmotor passe les 3 500 ventes – Le groupe domine aussi l’électrique et les utilitaires
Stellantis termine l’année 2025 en position de force absolue sur le marché automobile français. Le géant issu de la fusion PSA-FCA occupe la première place des ventes VP+VUL (véhicules particuliers et utilitaires légers) avec une part de marché cumulée de 28%. Un score écrasant qui lui permet de distancer largement ses concurrents et confirme sa domination historique sur l’Hexagone.
Xavier Duchemin, directeur de Stellantis France, ne cache pas sa satisfaction : « Les résultats 2025 confirment la force de notre stratégie multi-énergies et la pertinence de notre offre pour répondre aux attentes des clients français. » Cette stratégie payante repose sur un portefeuille de marques complémentaires – Peugeot, Citroën, Fiat, Alfa Romeo, Jeep – qui couvrent tous les segments et toutes les motorisations.
Peugeot champion français de l’hybride
La performance la plus marquante concerne l’hybride où Stellantis prend le leadership avec 28,1% de part de marché et des volumes en hausse de plus de 66%. Cette explosion s’explique par le succès commercial des versions hybrides rechargeables et mild-hybrid proposées sur quasiment toute la gamme.
Peugeot tire particulièrement son épingle du jeu en devenant numéro 1 des ventes hybrides en France avec près de 17% de part de marché en VP+VUL. Les 2008, 3008 et 5008 hybrides trustent les premières places de leurs segments respectifs. Cette offensive hybride permet à Peugeot de progresser de 0,1 point de part de marché globale par rapport à 2024, une performance remarquable dans un marché français stagnant.
Trois modèles Peugeot figurent dans le top 10 des ventes VP tous canaux : la 208, le 2008 et le 3008. Cette présence massive dans les meilleures ventes témoigne de la pertinence de la gamme qui répond aussi bien aux besoins des particuliers que des professionnels. Le positionnement prix-équipement de ces trois piliers commerciaux fait mouche auprès d’une clientèle française qui cherche du rapport qualité-prix.
Citroën progresse et gagne des places
Citroën maintient sa troisième place du marché VP+VUL tous canaux avec 8% de part de marché, en progression de 0,2 point par rapport à 2024. Mieux encore, la marque aux chevrons gagne deux rangs au classement des marques les plus vendues en France sur le marché VP où elle occupe désormais la quatrième position avec 7,1% de parts.
Cette performance s’appuie largement sur le succès de la C3 qui se hisse en quatrième position du marché global, confirmant son statut de pilier incontournable de la gamme. La nouvelle génération lancée récemment séduit par son design moderne, son rapport qualité-prix agressif et ses motorisations variées incluant une version 100% électrique à moins de 25 000 euros.
Les SUV Citroën progressent également dans leurs segments respectifs. Le C3 Aircross gagne trois places tandis que le C5 Aircross bondit de six rangs. Cette montée en puissance des SUV reflète l’engouement général du marché pour ces silhouettes surélevées qui cannibalise progressivement les berlines et breaks traditionnels.
Sur le segment VUL, Citroën conserve sa troisième place avec 12% de part de marché. Un score solide qui repose sur le succès du Berlingo et du Jumpy auprès des artisans et PME françaises qui apprécient la robustesse et le prix contenu de ces utilitaires.
Alfa Romeo bondit de 42%
Alfa Romeo enregistre la plus forte progression du portefeuille Stellantis avec une hausse remarquable de 41,8% sur l’année 2025. La marque italienne atteint près de 0,4% de part de marché VP, confirmant l’attractivité croissante de son offre auprès des clients français.
Cette croissance spectaculaire s’explique par le succès du Tonale, SUV compact qui séduit une clientèle premium cherchant une alternative italienne aux allemandes. Le Junior lancé récemment complète la gamme sur le segment B-SUV avec un positionnement prix plus accessible. Ces deux modèles permettent à Alfa Romeo de toucher enfin des volumes significatifs après des décennies de confidentialité commerciale.
Cependant, gardons la mesure : 0,4% de parts représente environ 7 000 véhicules vendus sur l’année. C’est mieux que les 5 000 de 2024 mais on reste très loin des ambitions historiques d’Alfa Romeo. Le chemin reste long avant de retrouver les niveaux de vente des années 90 où la marque dépassait les 15 000 unités annuelles en France.
Leapmotor démarre doucement
La marque chinoise Leapmotor, dont Stellantis commercialise les modèles en Europe via un partenariat, enregistre 3 561 immatriculations en France sur l’année 2025. Un démarrage timide mais encourageant pour cette nouvelle venue totalement inconnue du grand public français.
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L’essentiel des ventes (86%) concerne la gamme 100% électrique, avec la citadine T03 en tête suivie des SUV C10 et B10. Ces véhicules électriques chinois proposent des tarifs agressifs qui leur permettent de capter une clientèle cherchant l’électrique au meilleur prix sans se ruiner.
La part de marché de 0,8% sur le segment électrique reste modeste mais confirme qu’il existe un appétit pour ces voitures chinoises abordables. Stellantis parie sur une montée en puissance progressive de Leapmotor grâce à l’élargissement de la gamme et au développement du réseau de distribution. Objectif non avoué : contrer MG et BYD sur leur propre terrain du rapport qualité-prix imbattable.
Domination totale sur les utilitaires
Stellantis Pro One, division dédiée aux véhicules utilitaires légers, maintient son leadership écrasant avec 38,2% de part de marché en 2025. Ce score phénoménal dans un marché VUL en recul de 5,6% témoigne de la force commerciale du groupe auprès des professionnels.
Cette domination repose sur un portefeuille complet : Citroën Berlingo et Jumpy, Peugeot Partner et Expert, Fiat Ducato et Scudo, Opel Combo et Vivaro. Cette redondance apparente permet en réalité de toucher différentes clientèles selon leurs affinités de marque et de proposer des offres promotionnelles différenciées.
Stellantis conserve aussi sa position de numéro un sur les motorisations 100% électriques en VUL avec près de 41% de part de marché. Les e-Berlingo, e-Partner, e-Expert et autres utilitaires électriques profitent des aides gouvernementales généreuses qui rendent leur coût total de possession compétitif face au diesel.
Fiat se distingue particulièrement avec une progression de 4,7% et une part de marché de 5,7% sur le segment VUL. Cette performance repose largement sur les excellents résultats du Ducato, fourgon de référence apprécié des artisans qui permet à Fiat de se hisser dans le top 5 du marché VUL français.
L’électrique toujours en tête malgré le ralentissement
Stellantis maintient son leadership sur le marché français des immatriculations 100% électriques en VP+VUL avec 25,7% de part de marché. Un score impressionnant obtenu grâce à une offre pléthorique de plus de quarante modèles électriques répartis sur toutes les marques du groupe.
Les Citroën ë-C3 et Peugeot E-208 figurent parmi les cinq véhicules électriques les plus vendus en France. Ces deux modèles profitent de leur positionnement tarifaire accessible sous les 30 000 euros et de leur éligibilité aux différentes aides à l’achat qui font chuter le prix final.
Le Fiat Topolino enregistre même un record d’immatriculations avec plus de 6 000 unités sur l’année. Cette micro-citadine électrique sans permis cartonne auprès des jeunes conducteurs et des urbains cherchant un véhicule pratique pour la ville. Son prix contenu et son look sympathique en font un objet roulant attachant qui dépasse le simple statut de voiture.
Cette domination de l’électrique permet à Stellantis de capitaliser sur la transition énergétique forcée du marché automobile européen. Alors que certains constructeurs peinent à écouler leurs modèles électriques faute de demande suffisante, le groupe français bénéficie d’une gamme mature et attractive qui trouve son public.
Une stratégie multi-énergies gagnante
Le succès de Stellantis en 2025 valide sa stratégie de proposer tous les types de motorisations selon les besoins clients. Essence, diesel, hybride léger, hybride rechargeable, 100% électrique : chaque gamme décline toutes les options pour couvrir tous les cas d’usage.
Cette approche pragmatique contraste avec les constructeurs qui ont fait le choix du tout électrique comme Renault ou ceux qui restent accrochés au thermique comme certaines marques japonaises. Stellantis surfe sur toutes les vagues simultanément, ce qui lui permet de capter tous les segments de clientèle quelles que soient leurs préférences énergétiques.
Les résultats 2025 confirment la pertinence de cette stratégie flexible dans un marché automobile français encore hésitant sur la direction à prendre. La domination de Stellantis sur l’Hexagone semble partie pour durer tant que le groupe maintiendra cette offre complète et ces prix agressifs qui font mouche auprès des particuliers comme des professionnels.
