Alpine continuerait de préparer méthodiquement son arrivée outre-Atlantique, avec une ambition de gamme revue à la hausse. Selon des propos rapportés par le média britannique Autocar, le PDG de la marque Philippe Krief aurait déclaré qu’Alpine aurait besoin de six véhicules pour rivaliser correctement sur son segment de marché, soit le double de l’offre actuelle.

Une exclusivité revendiquée plutôt qu’une course au volume

Malgré cet élargissement de gamme, Alpine ne viserait pas une explosion de ses volumes de vente. Selon les mêmes propos rapportés, la marque se rapprocherait davantage de Ferrari que de Porsche sur ce plan, avec un objectif suggéré d’environ 15 000 unités vendues annuellement. Cette recherche d’exclusivité laisse présager un positionnement tarifaire élevé, cohérent avec la stratégie de montée en gamme déjà engagée par Alpine ces dernières années.

La nouvelle A110, porte d’entrée vers le marché nord-américain

La future A110, dont Alpine a dévoilé un premier aperçu sous l’appellation FUTURE et dont la présentation officielle est attendue en 2027, devrait logiquement servir de modèle de lancement pour le Canada et les États-Unis. Contrairement à l’A110 actuelle, exclusivement thermique, cette nouvelle génération proposerait aussi bien des motorisations électriques que thermiques. Le véhicule serait actuellement soumis à des essais de sécurité et d’émissions afin de se conformer aux normes nord-américaines.

L’A290, citadine sportive électrique dérivée de la Renault 5, ne rejoindrait en revanche pas les routes nord-américaines. Quant à l’A390, multisegment électrique tripiloté par trois moteurs pour une puissance combinée de 400 ch, son inclusion dans la gamme nord-américaine resterait incertaine à ce stade, plusieurs années pouvant s’écouler avant que les trois modèles suivants ne rejoignent la future A110 sur le marché.

Le Québec comme porte d’entrée privilégiée

Le calendrier resterait dicté par la prudence. Alpine se concentrerait sur son lancement canadien une fois la nouvelle A110 disponible, ce qui signifie qu’aucun autre modèle inédit ne serait attendu avant au moins 2030 sur ce marché. Deux raisons expliqueraient la préférence pour une entrée par le Canada plutôt que directement par les États-Unis : l’affinité historique du marché francophone québécois avec les véhicules français, et la situation commerciale et douanière américaine, jugée trop complexe pour l’instant, mais qui pourrait évoluer d’ici la fin de la décennie.

Une trajectoire cohérente avec les 70 ans de la marque

Cette ambition nord-américaine s’inscrit dans la dynamique de renouvellement déjà engagée par Alpine à l’occasion de ses 70 ans, célébrés cette année autour de l’A290, de l’A390 et de la future A110 électrique. Devenue une Business Unit à part entière au sein de Renault Group depuis 2021, la marque de Dieppe semble ainsi construire patiemment les fondations d’une expansion internationale, sans sacrifier le positionnement exclusif qui a toujours fait sa singularité face aux constructeurs généralistes du groupe.

Ces annonces restent à ce stade des orientations stratégiques rapportées par la presse britannique, non des engagements formels confirmés par Alpine elle-même. Le calendrier, la composition exacte de la gamme et les modèles retenus pour le marché nord-américain pourraient encore évoluer d’ici leur concrétisation, plusieurs années avant l’échéance annoncée.


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Faris Bouchaala est Directeur de publication et Rédacteur en chef de MotorsActu, média automobile français fondé en 2018. Journaliste automobile depuis plus de 14 ans, il couvre l’actualité automobile française et européenne, avec un focus sur les essais, les nouveautés constructeurs, l’électrification et les technologies embarquées.

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