BMW Group France ne fera finalement pas le déplacement au Mondial de l’Auto 2026, du 13 au 18 octobre à Paris, à peine six mois après avoir confirmé sa présence au salon Rétromobile. Le groupe bavarois retire les marques BMW et Mini au moment où sa nouvelle plateforme Neue Klasse s’apprêtait à faire ses premières apparitions publiques françaises.
La décision, justifiée par une révision à la baisse des perspectives 2026, prive le salon parisien de trois nouveautés majeures et laisse un boulevard aux constructeurs chinois qui, eux, seront présents en force.
Un renoncement dicté par les chiffres
BMW Group a resserré son pilotage face à un premier semestre qualifié de décevant. Les ventes mondiales de la marque BMW ont reculé de 6,2 % sur les six premiers mois, avec un point noir massif en Chine à près de 20 % de baisse. Le groupe a été contraint de réviser à la baisse ses prévisions annuelles à la mi-juin, en anticipant un recul des livraisons et du bénéfice, alors qu’il tablait auparavant sur une stagnation.
Selon des informations recueillies, le groupe justifie sa défection par une « priorisation de ses activités suite à l’avertissement sur ses résultats » et un « changement de priorités » qui pousse à se concentrer sur d’autres formats. BMW assure toutefois maintenir une présence sélective lors des salons automobiles à l’avenir, écartant l’idée d’un désengagement structurel comparable à celui d’autres constructeurs allemands.
La Neue Klasse ratée d’un coup
Le timing pique, tant l’agenda produit BMW en cette fin d’année 2026 aurait justifié une présence remarquée à Paris. Le constructeur bavarois développe la plus importante rupture technologique de son histoire récente avec sa plateforme Neue Klasse, dont la nouvelle i3, dévoilée le 18 mars, revendique jusqu’à 900 km d’autonomie et 469 chevaux. Le déploiement commercial doit s’accélérer avec les premières livraisons prévues dès l’automne.
Le stand parisien aurait naturellement mis en avant trois nouveautés stratégiques : la nouvelle i3 première Série 3 100 % électrique, l’iX3 déjà commercialisé et sorti vainqueur du grand test d’autonomie réelle norvégien avec 781 km sans recharger, et le nouveau X5 qui inaugure pour la première fois une déclinaison entièrement électrique. Autant d’arguments produits qui devaient soutenir la reconquête commerciale du groupe en France. Ce sera raté cette année.
Un vide qui profitera à la concurrence chinoise
L’absence de BMW arrive à un moment particulièrement mal choisi sur le plan concurrentiel. Le Mondial de l’Auto 2026, qui s’annonce comme l’édition du grand retour des constructeurs, verra les marques chinoises déployer les grands moyens Porte de Versailles. BYD, Xpeng, GAC, Chery, MG et Leapmotor devraient investir des stands d’une ampleur inédite pour continuer à installer leurs gammes dans l’esprit des acheteurs européens.
Sur le segment premium électrique, l’absence des deux marques bavaroises laisse mécaniquement plus d’espace aux offensives de la concurrence, à commencer par Mercedes-Benz et Audi, qui maintiennent leur présence, mais aussi Tesla et les acteurs chinois qui grimpent en gamme. Un salon reste avant tout une bataille d’attention médiatique, et deux marques absentes signifient deux marques qui ne feront pas parler d’elles pendant six jours cruciaux.
Une trajectoire à contre-courant
BMW n’est pas le premier constructeur à faire l’impasse sur un salon récemment, mais son retour officialisé en janvier au Rétromobile rendait l’annulation particulièrement voyante. Le groupe a pourtant déployé une présence spectaculaire au Festival of Speed de Goodwood début juillet, ce qui alimente déjà la lecture stratégique : Munich préfère investir dans des événements plus segmentés, mieux ciblés sur ses cibles patrimoniales et sportives, plutôt que dans le format généraliste des salons européens.
Reste à savoir si l’édition 2028 verra le retour du losange bavarois Porte de Versailles. Pour la 91e édition, les visiteurs devront se contenter de retrouver les nouveautés BMW ailleurs : à Munich, où le salon IAA a désormais l’ambition d’être le rendez-vous premium européen, et sur les stands digitaux que les constructeurs multiplient pour compenser leur retrait progressif des grand-messes traditionnelles. La question de fond reste posée : un salon automobile parisien sans BMW peut-il encore prétendre représenter le marché premium européen ?
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