Étape historique pour l’industrie automobile algérienne. Stellantis Algérie a annoncé le lancement commercial imminent de la Fiat Grande Panda dans le pays, une première à plus d’un titre : il s’agit du tout premier véhicule produit selon le système CKD (Completely Knocked Down, soit l’assemblage à partir de pièces entièrement détachées) au sein de l’usine Fiat d’Oran.

Un cap symbolique qui marque l’approfondissement de l’intégration industrielle du groupe en Algérie et concrétise la montée en puissance du site de Tafraoui.

La Grande Panda ouvre la voie, le Doblò suivra

Le passage à la production en CKD constitue une différence de nature avec le simple assemblage de kits pré-montés. Il implique la réalisation sur place d’un nombre bien plus important d’opérations industrielles — emboutissage, ferrage, peinture, assemblage — et suppose donc une usine dotée d’ateliers complets et de compétences locales avancées. La Grande Panda, néo-rétro citadine appelée à séduire une large clientèle, devient ainsi la vitrine de ce savoir-faire industriel désormais maîtrisé à Oran.

Le lancement de sa production avait été validé au préalable par les équipes qualité et ingénierie de Fiat et de Stellantis, une homologation qui atteste de la conformité du véhicule et de ses lignes de production aux standards internationaux du groupe. Après la Grande Panda, c’est le Fiat Doblò qui entrera à son tour en phase de production en CKD, dans ses deux déclinaisons : la version Panorama, destinée au transport de personnes, et la version Van, à vocation utilitaire. Cette conversion progressive de la gamme vers le CKD doit permettre d’internaliser toujours plus d’étapes de fabrication, et donc de relever le taux d’intégration locale.

Cap sur 135 000 véhicules par an et un tissu de sous-traitance élargi

Cette montée en cadence s’inscrit dans une trajectoire industrielle ambitieuse. La capacité de production de l’usine d’Oran sera portée à 135 000 véhicules par an à l’horizon 2028, un volume qui placera le site parmi les principaux centres de fabrication de Stellantis sur le continent africain. Pour accompagner cet essor, le groupe s’appuie sur un réseau de sous-traitants locaux, aujourd’hui au nombre de quinze, qu’il entend continuer d’élargir en attirant de nouveaux fournisseurs et en les accompagnant dans le développement de leurs capacités industrielles.

L’enjeu dépasse la seule usine Fiat. En structurant un tissu de fournisseurs nationaux, Stellantis contribue à l’émergence d’un véritable écosystème automobile algérien, générateur d’emplois qualifiés et de transfert de technologie. Une dynamique d’autant plus stratégique que la diversification économique hors hydrocarbures constitue une priorité nationale pour l’Algérie.

Un premier export de batteries vers le Cameroun

Signe que cet écosystème commence à porter ses fruits au-delà des frontières, Stellantis accompagne désormais certains de ses partenaires locaux dans des opérations d’exportation vers l’Afrique. La première du genre a été lancée récemment à Aïn M’lila, dans la wilaya d’Oum El Bouaghi : une exportation de batteries automobiles fabriquées localement à destination du Cameroun, fruit d’un partenariat industriel entre Stellantis Algérie et l’entreprise algérienne Fabcom.

Cette opération, hautement symbolique, illustre le potentiel de l’Algérie comme future plateforme d’exportation vers d’autres marchés africains. Elle démontre que la localisation industrielle voulue par Stellantis ne se limite pas à assembler des véhicules pour le marché intérieur, mais vise à faire émerger une filière capable de rayonner régionalement. Pour les industriels algériens partenaires du groupe, l’accès aux marchés africains représente un débouché prometteur, susceptible de consolider durablement leurs activités.

À travers ces annonces, Stellantis confirme la place centrale qu’occupe l’Algérie dans sa stratégie régionale pour le Moyen-Orient et l’Afrique. Entre lancement commercial de la Grande Panda produite localement, conversion du Doblò en CKD, extension des capacités de l’usine d’Oran et premières exportations portées par les sous-traitants nationaux, le groupe déroule méthodiquement une feuille de route qui ambitionne de faire de l’Algérie un hub industriel automobile de premier plan sur le continent. Reste désormais à confirmer ces engagements dans la durée, à mesure que le taux d’intégration locale progresse et que de nouveaux modèles rejoignent les chaînes de Tafraoui.


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Faris Bouchaala est Directeur de publication et Rédacteur en chef de MotorsActu, média automobile français fondé en 2018. Journaliste automobile depuis plus de 14 ans, il couvre l’actualité automobile française et européenne, avec un focus sur les essais, les nouveautés constructeurs, l’électrification et les technologies embarquées.

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