Jeep a détaillé au Mondial de l’Auto sa feuille de route européenne jusqu’en 2030, avec une gamme portée à six modèles. La marque confirme le retour du Renegade d’ici 2030 et son retour sur le segment des SUV du segment D avec le Recon, rejoint par un second modèle en 2028. Chaque modèle de la gamme recevra une version 4×4.

Le Renegade revient, et il n’est plus seulement question d’un nombre de modèles : Jeep a nommé deux des voitures qui porteront sa gamme européenne en 2030. Le Recon ouvre le retour de la marque sur le segment D.

Xavier Peugeot, directeur de la marque Jeep pour l’Europe, a présenté ce plan le 13 octobre. La marque visait déjà six modèles à cette échéance, sans en identifier aucun.

Le Renegade revient d’ici 2030

C’est l’annonce la plus attendue du dossier. Le Renegade fait son retour d’ici 2030, et la marque le présente comme destiné à reprendre une place centrale dans un portefeuille en expansion et à toucher un public plus large.

Le palmarès commercial justifie ce choix. Plus de 610 000 Renegade ont été vendus en Europe depuis son lancement en 2014, ce qui en fait le modèle le plus diffusé de l’histoire récente de la marque sur le continent.

Trois informations manquent toutefois à ce stade. La plateforme, le lieu de production et les motorisations du futur Renegade ne sont pas communiqués, et son segment n’est pas précisé.

Le modèle actuel n’a pas encore quitté la scène, le Jeep Renegade 2027 recevant un restylage profond et une micro-hybridation 48 volts. Le communiqué ne précise pas sous quelle forme le Renegade évoluera d’ici 2030.

Le nom reste par ailleurs un argument de prix sur le marché français, le Renegade étant proposé à partir de 16 600 euros face au Dacia Duster. C’est sur ce créneau que le nom s’est installé en Europe.

Le Recon ouvre le retour sur le segment D

La marque annonce son retour sur le segment des SUV du segment D. Le Recon y est nommé comme le premier modèle de cette reconquête, créneau que Jeep avait laissé vacant en Europe.

Un second modèle le rejoindra. La marque annonce une arrivée en 2028 sur ce même segment D, sans nommer la voiture concernée.

Ce retour comble un trou de gamme réel. Entre le Compass, classé en segment C, et les modèles américains importés, Jeep ne proposait plus d’offre intermédiaire adaptée aux volumes européens.

La gamme s’organise donc sur trois segments nommés. L’Avenger occupe le segment B, le nouveau Compass le segment C et le Recon le segment D, les autres modèles du compte de six n’étant pas identifiés.

L’Avenger affiche de son côté un résultat solide. Près de 300 000 unités ont été vendues depuis son lancement, et c’est le modèle d’accès du catalogue, sa version électrique ayant été proposée à 149 euros par mois en location avec prime.

Un 4×4 sur chaque modèle de la gamme

L’engagement technique le plus concret porte sur la transmission. Jeep annonce que chaque modèle de sa gamme disposera d’une version 4×4, ce qui exclut une gamme entièrement à deux roues motrices.

C’est une position à contre-courant du marché. La plupart des concurrents réservent la transmission intégrale à leurs versions hautes, quand Jeep en fait un critère applicable à l’ensemble de ses modèles.

Le haut de gamme électrifié du Compass illustre déjà cette logique, le 4xe passant à une configuration électrique de 375 ch. La transmission intégrale y est assurée par l’ajout d’un moteur arrière.

La marque reste par ailleurs attachée à sa signature visuelle, Jeep ayant détaillé la recette qui rend ses SUV reconnaissables au premier regard. La calandre à sept fentes reste le point commun de toute la gamme.

Multi-énergie, sans détail par modèle

La stratégie de motorisation est présentée comme un choix laissé au client. Jeep annonce plusieurs options de chaîne de traction par modèle, afin que l’acheteur retienne la technologie qui lui convient.

Le dossier s’arrête toutefois à ce principe. Le communiqué ne précise ni quelles motorisations équiperont quel modèle, ni la part des versions entièrement électriques dans la gamme de 2030.

Les plateformes restent également non identifiées. Le titre du communiqué évoque plusieurs plateformes sans en nommer aucune, ce qui laisse ouverte la question du partage technique au sein du groupe.

La nouvelle Compass donne un aperçu de ce que ce partage produit, le modèle visant le titre de voiture européenne de l’année 2026. Le modèle est produit en Italie, sur une base partagée au sein du groupe.

Un objectif de 90 % du marché SUV européen

Le chiffre le plus ambitieux du dossier est une cible de couverture. Jeep estime que sa gamme couvrira environ 90 % du marché SUV européen à l’horizon 2030.

Cette formulation demande d’être lue avec attention. Il s’agit d’une couverture de segments, c’est-à-dire de la proportion du marché sur laquelle la marque proposera une offre, et non d’une part de marché.

Xavier Peugeot résume l’engagement en une phrase. Il confirme la feuille de route 2030, bâtie selon lui sur des véhicules capables, compacts et électrifiés, et présente l’ADN de la marque comme la pierre de touche de chaque décision.

La marque regarde par ailleurs au-delà de cette échéance. Elle indique explorer des véhicules compacts et électrifiés inspirés d’icônes comme le Willys, sans donner de date.

Le dispositif parisien de la marque était resté discret, Jeep s’installant chez son distributeur Neubauer sans stand à son nom. Ce communiqué apporte le contenu produit que la communication de salon ne donnait pas.


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Faris Bouchaala est Directeur de publication et Rédacteur en chef de MotorsActu, média automobile français fondé en 2018. Journaliste automobile depuis plus de 14 ans, il couvre l’actualité automobile française et européenne, avec un focus sur les essais, les nouveautés constructeurs, l’électrification et les technologies embarquées.

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