L’Algérie s’impose comme l’un des piliers industriels de Stellantis. À l’occasion d’une conférence de presse consacrée à sa stratégie FaSTLAne 2030 pour la région Moyen-Orient et Afrique, le géant automobile a confirmé le rôle central du marché algérien dans son plan de développement, fort des résultats commerciaux obtenus dans le pays et de ses ambitions en matière de production locale.
Une feuille de route qui table sur l’approfondissement de l’intégration industrielle nationale au cours des prochaines années, et qui fait de l’usine Fiat d’Oran l’un des maillons clés du dispositif régional du groupe.
Un marché algérien devenu stratégique
Les responsables du groupe ont souligné que l’Algérie était devenue un marché pivot pour Stellantis, après que le constructeur a pris la tête des ventes de véhicules grâce à la marque Fiat produite localement, laquelle capterait aujourd’hui près de 85 % du marché. Une domination commerciale que le groupe entend transformer en levier industriel, en accélérant la cadence de la fabrication locale et en renforçant l’écosystème national.
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Le directeur général de Fiat Algérie a détaillé les progrès de la base industrielle de l’usine de Tafraoui, près d’Oran. Le site s’appuie désormais sur un réseau de quinze sous-traitants locaux, avec la volonté affichée d’attirer de nouveaux fournisseurs et de les accompagner dans la montée en compétence, afin de répondre aux besoins de l’usine comme à ceux de l’industrie automobile algérienne dans son ensemble. L’usine dispose aujourd’hui d’un atelier de peinture opérationnel, ainsi que d’un atelier d’emboutissage, dans le cadre de l’élargissement des opérations réalisées sur place.
La Grande Panda produite localement, l’intégration en marche
Parmi les avancées les plus notables figure le lancement officiel de la production de la Fiat Grande Panda selon le système CKD (assemblage à partir de pièces entièrement détachées), après validation finale par les équipes qualité et ingénierie de Fiat et Stellantis. Cette homologation atteste de la conformité du véhicule et de ses lignes de production aux standards internationaux du groupe. L’usine a par ailleurs entamé la conversion en CKD des Fiat Doblò Panorama et Doblò Van, une évolution qui doit accroître le taux d’intégration locale en internalisant davantage d’opérations industrielles.
Pour développer cette intégration, Fiat collabore avec un sidérurgiste algérien afin de mettre au point des tôles d’acier destinées à l’industrie automobile, ainsi qu’avec d’autres entreprises spécialisées dans l’emboutissage et le formage des tôles. L’objectif est clair : élargir la base de fournisseurs locaux et relever le taux d’intégration industrielle. La direction de Fiat Algérie vise ainsi 30 % d’intégration locale d’ici la fin de l’année en cours, avant de dépasser 40 % à l’horizon 2028, parallèlement à la montée en puissance de la capacité de production, portée à 135 000 véhicules par an.
De son côté, le directeur des opérations de Stellantis pour la région Moyen-Orient et Afrique a réaffirmé que l’Algérie constituait un acteur de premier plan de la stratégie industrielle du groupe et un axe essentiel de son expansion régionale. Il a notamment révélé que l’usine d’Oran avait amélioré son indicateur GPH — le nombre de véhicules produits par heure sur la ligne — en le faisant passer de 20 à 22, reflet d’une efficacité accrue des chaînes d’assemblage.
L’usine Opel toujours à l’étude, cap sur 2030
Interrogé sur le projet d’une usine Opel en Algérie, le dirigeant a confirmé que les travaux se poursuivaient, tout en indiquant que le moment n’était pas encore venu de dévoiler davantage de détails. Il a précisé que des réunions se tiendraient prochainement avec les autorités algériennes pour faire avancer le dossier — un sujet suivi de près, tant il conditionne l’élargissement de la présence industrielle du groupe dans le pays.
Sur le plan régional, la stratégie FaSTLAne 2030 vise une hausse de 40 % des revenus de Stellantis dans la zone Moyen-Orient et Afrique, tout en maintenant une marge opérationnelle à deux chiffres. Pour y parvenir, le groupe entend restructurer ses sources d’approvisionnement : 22 modèles seulement représenteront environ 90 % de ses ventes régionales, dont la moitié sera fabriquée dans la région, l’autre moitié étant importée d’Asie pour garantir la compétitivité. Le constructeur rappelle que la région MEA figure parmi les zones automobiles les plus dynamiques au monde, concentrant aujourd’hui près de 25 % de la population mondiale — une proportion appelée à grimper à 40 % dans les prochaines décennies.
Deuxième acteur de la région pour la quatrième année consécutive, avec plus de 500 000 véhicules vendus par an et une rentabilité stable à deux chiffres, Stellantis compte s’appuyer sur ses usines du Maroc et de Turquie, dont la capacité combinée atteint 800 000 véhicules par an, tout en approfondissant sa base industrielle algérienne.
Le groupe prévoit d’avoir déployé environ 75 % de sa stratégie FaSTLAne 2030 dès 2028, soutenue par des investissements annuels de l’ordre de 300 millions d’euros menés en partenariat avec différents acteurs. Pour l’Algérie, dont la diversification économique hors hydrocarbures constitue une priorité nationale, cette dynamique industrielle représente une opportunité majeure : montée en compétence de la main-d’œuvre, densification du tissu de sous-traitance et perspective, à terme, de faire du site de Tafraoui une plateforme d’exportation vers d’autres marchés africains.
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