Le redressement de Stellantis prend forme dans les chiffres. Le groupe aux quatorze marques a annoncé ce 13 juillet des facturations consolidées estimées à 1,6 million de véhicules pour le deuxième trimestre 2026, en hausse de 10 % sur un an.

Ces volumes livrés aux concessionnaires et clients, qui préfigurent le chiffre d’affaires, confirment que la stratégie de reconquête engagée par Antonio Filosa produit ses premiers effets, avec deux locomotives clairement identifiées : une Amérique du Nord en fusion et une Europe portée par les petites voitures de la plateforme Smart Car.

L’Amérique du Nord ressuscitée par le retour du V8

C’est le chiffre le plus spectaculaire du trimestre : les facturations nord-américaines bondissent de 38 %, soit environ 122 000 unités supplémentaires. Le moteur de ce rebond porte un nom qui fleure bon l’essence : le retour du V8 HEMI sur le Ram 1500, accompagné du nouveau Ram 1500 TRX SRT, a réconcilié le groupe avec sa clientèle de pick-up, tandis que les Jeep Grand Wagoneer et Grand Cherokee restylés, la Chrysler Pacifica rajeunie et la montée en puissance de la nouvelle Jeep Cherokee complètent le tableau. La Dodge Charger SIXPACK, en versions deux et quatre portes, participe également à la dynamique, celle-là même qui vient d’être détaillée pour l’Europe. Après avoir payé cher l’abandon de ses fondamentaux américains, Stellantis récolte les fruits d’un virage produit assumé.

En Europe, la plateforme Smart Car écrase tout

L’Europe élargie progresse de 5 %, avec environ 39 000 unités supplémentaires, et le détail vaut le détour. Les modèles de la plateforme Smart Car, Citroën C3 et C3 Aircross, Opel Frontera et Fiat Grande Panda, s’envolent de 51 % et apportent à eux seuls 41 000 unités additionnelles, confirmant que le pari des petites voitures abordables était le bon. La nouvelle Jeep Compass ajoute 8 000 unités, tandis que les électriques constituent le principal moteur de croissance des marques du groupe.

Le communiqué révèle toutefois une contrepartie instructive : les B-SUV de la génération précédente, Jeep Avenger, Fiat 600, Opel Mokka et Peugeot 2008, reculent ensemble de 28 000 unités. La cannibalisation interne est réelle, les Frontera et Grande Panda mordant sur leurs aînés plus chers. Autre enseignement, Leapmotor change de dimension : les facturations de la marque chinoise distribuée par Stellantis passent d’environ 8 000 à 33 000 unités en un an, portées par la citadine T03 et le SUV B10.

L’Algérie, citée en exemple d’un Moyen-Orient sous tension

La région Moyen-Orient et Afrique recule de 3 %, et le communiqué en attribue explicitement la cause au conflit régional, qui a divisé par deux les facturations dans les pays du Golfe et pesé sur une Turquie en repli de 8 000 unités. Mais dans ce paysage assombri, une exception brille, et Stellantis la nomme : l’Algérie, en hausse d’environ 8 000 unités grâce à la poursuite de la montée en cadence du Fiat Doblò produit à Tafraoui, devant un Maroc également en progression. Voir l’usine d’Oran citée comme moteur de croissance dans un communiqué financier mondial confirme le statut stratégique que le plan FaSTLAne 2030 a conféré au pays, quelques jours après la visite du CEO d’Opel à Alger.

L’Amérique du Sud illustre enfin le grand écart permanent du groupe : un Brésil en hausse de 21 000 unités, effacé par une Argentine qui en perd 25 000 dans un marché dégradé. À noter également un changement méthodologique, Maserati n’étant plus un segment séparé depuis janvier, ses facturations rejoignant celles des autres marques.

Ces volumes trimestriels, non audités, préparent le terrain des résultats financiers semestriels complets attendus dans les prochaines semaines, qui diront si la croissance des facturations se traduit en marges. Une chose est déjà acquise : après des trimestres de purge, la machine Stellantis refacture, et elle le doit à ses choix les plus identitaires, le V8 pour l’Amérique, les petites voitures malignes pour l’Europe, et l’ancrage industriel pour l’Afrique du Nord.


En savoir plus sur MotorsActu

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Partager.

Faris Bouchaala est Directeur de publication et Rédacteur en chef de MotorsActu, média automobile français fondé en 2018. Journaliste automobile depuis plus de 14 ans, il couvre l’actualité automobile française et européenne, avec un focus sur les essais, les nouveautés constructeurs, l’électrification et les technologies embarquées.

En savoir plus sur MotorsActu

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture

Exit mobile version