Le régulateur américain a tranché contre Tesla. Après avoir rejeté la demande du constructeur visant à faire qualifier la non-conformité de ses phares comme sans conséquence pour la sécurité, la NHTSA a imposé le dépôt d’un rappel formel. La campagne, enregistrée le 4 août 2026 sous le numéro 26V507, couvre 20 349 véhicules. Aucune solution technique n’a encore été arrêtée.
Un défaut localisé, pas une luminosité globale excessive
La formulation compte. Il ne s’agit pas d’une intensité générale trop élevée, mais d’un dépassement dans des zones précises du faisceau. Les feux de croisement excèdent l’intensité maximale autorisée dans les portions supérieures externes, à gauche comme à droite, de la zone de mesure définie par la norme fédérale FMVSS 108.
Selon le régulateur, cette lumière peut réduire la visibilité du conducteur et des autres usagers de la route, notamment ceux circulant en sens inverse, et accroître le risque d’accident.
Un périmètre étroit malgré une large plage d’années
Le décompte se répartit en 18 735 Model Y des millésimes 2020 à 2023 et 1 614 Model 3 des millésimes 2017 à 2023. Le nombre paraît faible au regard des volumes vendus sur cette période, et l’explication tient à la date de fabrication de l’optique, non à celle du véhicule.
Sont concernés les véhicules assemblés ou réparés avec des blocs optiques spécifiques portant une date de fabrication fournisseur du 2 juin 2023 ou postérieure. Le fournisseur est identifié dans le dossier : Marelli Automotive Lighting, au Mexique. Tesla a établi la liste des numéros de série à partir de ses registres de production et de service.

Une bataille administrative de deux ans
Le dossier remonte à 2023, à la suite d’essais menés dans le cadre du programme de Transport Canada. En janvier 2024, Tesla reçoit les résultats établissant le dépassement. Le constructeur dépose une première campagne, référencée 24V-208, en mars 2024, puis demande en avril à être dispensé de la notification obligatoire aux propriétaires et de la réparation, estimant l’écart sans conséquence.
La NHTSA a rejeté cette requête le 17 juillet 2026 et exigé le dépôt d’une nouvelle campagne. Le décompte final, 20 349 véhicules, dépasse légèrement l’estimation initiale d’environ 19 900 unités.
Le dossier note par ailleurs que les optiques incriminées n’étaient déjà plus produites au moment du dépôt de 2024. Des blocs conformes issus d’un autre fournisseur ont été introduits sur la Model 3 dès juillet 2020, et sur la Model Y entre décembre 2022 et août 2023 selon le côté et l’usine, à Fremont comme à Austin.
Aucun remède arrêté à ce jour
C’est le point sensible de cette campagne. Tesla travaille encore sur la correction, et le document réglementaire ne promet ni mise à jour à distance ni remplacement systématique de l’optique. La NHTSA n’a pas davantage confirmé qu’une solution logicielle serait recevable.
📖 Lire aussi :
Le constructeur recourt habituellement aux mises à jour à distance pour traiter les rappels liés au logiciel, une pratique qui alimente régulièrement le débat sur l’emploi du terme rappel. Cette campagne pourrait échapper à cette logique : un dépassement d’intensité localisé dans le faisceau relève de la conception optique plus que du paramétrage.
Un précédent existe. En mai, un rappel distinct de 14 575 Model Y avait imposé la pose physique d’une plaque d’homologation manquante, sans possibilité de correction à distance.

Ce que les propriétaires doivent attendre
Les courriers de notification doivent être expédiés le 15 septembre 2026. Beaucoup de propriétaires seront probablement informés plus tôt via l’application du constructeur. Les numéros de série concernés n’avaient pas encore été intégrés à l’outil de recherche de rappels de Tesla à la date de publication du dossier.
Au 2 août, Tesla avait enregistré trois réclamations sous garantie et un signalement terrain, sans lien établi avec un accident, une blessure ou un décès.
La campagne ne concerne que le marché américain et ne s’applique pas aux véhicules européens, soumis aux réglementations d’homologation de l’Union. Elle s’ajoute néanmoins à une séquence réglementaire chargée pour le constructeur, dont le recul commercial se prolonge pour la deuxième année consécutive.





