La citadine la plus vendue en Europe après le Yaris Cross va passer à l’ère électrique. Andrea Carlucci, vice-président en charge de la stratégie et du marketing pour Toyota Motor Europe, a confirmé dans un entretien à la presse britannique que la prochaine génération de la Yaris proposera une version 100 % électrique — une première dans l’histoire du modèle.
Sans donner de date précise, le dirigeant a indiqué que cette évolution semblait « assez évidente ». Selon plusieurs sources concordantes, la cinquième génération de la citadine japonaise devrait voir le jour entre fin 2027 et début 2028, avec une gamme multi-énergies complète : essence, hybride et électrique.
Une plateforme partagée avec la Corolla, moteur de la stratégie multi-énergies
Le choix technologique central de cette nouvelle génération est déjà arrêté. La nouvelle Yaris reposera sur la même plateforme multi-énergies que la prochaine Toyota Corolla — dont la commercialisation est attendue courant 2026 ou début 2027. Cette architecture, dérivée de la TNGA, a été conçue pour accueillir indifféremment une chaîne de traction thermique, hybride ou 100 % électrique. Cruciale : les trois variantes partageront la même carrosserie et le même habitacle, sans différenciation visuelle importante. Toyota ne créera pas une « Yaris électrique » à part entière — elle produira une Yaris déclinée selon plusieurs motorisations, comme le fait déjà la marque sur d’autres marchés asiatiques.
Carlucci l’a formulé clairement : « la plateforme doit d’abord être solide pour les motorisations hybrides, notamment sur les petites voitures ». Pour Toyota, l’hybride reste le pilier commercial de la gamme en Europe — et à raison. La Yaris actuelle, élue Voiture de l’Année en Europe en 2021 dans sa version hybride, affiche une consommation de 3,8 L/100 km en cycle WLTP. Sa remplaçante devra au moins égaler ce niveau de performance thermique, et probablement l’améliorer.
Une version électrique visant environ 400 km d’autonomie
La Yaris électrique — si elle arrive effectivement en 2028 — devra s’attaquer à un segment désormais très fourni. La Renault 5 E-Tech est disponible depuis 2025, la Volkswagen ID. Polo a été dévoilée en mai 2026, et la Cupra Raval arrivera sur la même plateforme MEB+ d’ici fin 2026. Face à ces concurrentes directes, la future Yaris EV devra proposer une autonomie d’environ 400 kilomètres en cycle WLTP — soit le minimum crédible pour convaincre dans ce segment.
Son prix sera déterminant. Toyota a construit sa réputation européenne sur la fiabilité et l’accessibilité. La marque devra viser une Yaris électrique sous la barre des 30 000 euros en finition d’entrée pour rester compétitive face à la Renault 5 (à partir de 25 000 €) et à l’ID. Polo (prix encore non confirmé mais attendu autour de 25 000-27 000 €).
Toyota en pleine accélération électrique en Europe
La Yaris électrique s’inscrirait dans un renouveau plus large de l’offre BEV de Toyota en Europe. Jusqu’ici, la marque ne proposait qu’un seul véhicule 100 % électrique sur le continent : le bZ4X, lancé en 2022 avec un bilan commercial mitigé. La future Corolla électrique doit changer la donne courant 2026-2027, et la Yaris EV prendrait le relais en 2028 pour couvrir le segment B.
L’an dernier, la Yaris Cross (200 477 unités) et la Yaris (167 019) étaient les deux modèles les plus vendus du constructeur en Europe. Une Yaris électrique compétitive représenterait donc un enjeu commercial colossal — potentiellement l’un des lancements BEV les plus importants de la décennie en Europe, au même titre que la Renault 5 ou la Volkswagen Golf électrique annoncée pour 2027. Reste à savoir si Toyota tiendra son calendrier, dans un contexte où la concurrence chinoise — BYD Atto 1, Leapmotor T03 — intensifie la pression tarifaire sur ce segment chaque mois qui passe.





