Vincennes en Anciennes a signé une nouvelle édition de référence avec 792 véhicules de plus de trente ans lancés sur les 33,5 kilomètres de la 19e Traversée de Paris estivale. Sous une accalmie bienvenue de la canicule, le plus grand club multimarque de France a orchestré une parade dédiée au baron Haussmann, patrimoine roulant en vitrine dans les rues qu’un préfet visionnaire a redessinées pour l’éternité.
Un plateau à la mesure de la promesse
Le décompte donne la mesure de l’événement : 633 voitures, 125 deux-roues, 30 tracteurs et 5 bus embarquant 131 passagers ont pris le départ depuis le parvis sud du Château de Vincennes. La densité du plateau reste ce qui distingue les Traversées de tout autre rendez-vous de collection en Europe, avec un mélange de marques et d’époques que peu d’institutions muséales pourraient prétendre égaler.
Le tracé, pensé comme un fil narratif haussmannien, a longé la Seine par la rive gauche avant de passer par les Invalides, les Champs-Élysées, l’Étoile, le 16e arrondissement et Boulogne, pour rejoindre la Terrasse de l’Observatoire de Meudon. Les équipages y ont pique-niqué autour de leurs machines exposées, prolongeant la parade en rendez-vous convivial.
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Des pépites que les musées ne montrent jamais
Le charme des Traversées tient à ces raretés qu’aucun autre événement ne réunit. La 19e édition n’a pas dérogé, avec une Bond orange de 1970 à trois roues, un véhicule d’excursion de 1929 signé LATIL, une FIAT 500 Gamine et une Schmitt Moke de 1982. Le contingent de trente tracteurs venus du nord a balayé un quart de siècle d’histoire agricole, de 1948 à 1974, en alignant Deutz, Fergusson, Ford, Guldner, International, Lanz, Massey-Ferguson, Nuffield, Pony, Renault, Société Française Vierzon et Someca.
Le rayon des doyennes réservait aussi son lot de surprises : un Zèbre type A et une moto BSA de 1917, un taxi coupé Landaulet De Dion-Bouton de 1923, une Peugeot 172 R et une Citroën B12 de 1926. Le reste du peloton offrait un raccourci hétéroclite de l’histoire automobile populaire, où les Jeep Willys côtoyaient Rolls-Royce et Bentley, les Jaguar et Porsche brillaient au soleil, les Méhari ramenaient un souffle de Saint-Tropez, et les 2 CV et Traction Avant emportaient toujours l’adhésion du public.
Une communion qui ne se dément pas
Thierry Briet, président de Vincennes en Anciennes, résume ce que ces manifestations ont d’unique : un lien affectif immédiat avec le public, qu’il s’agisse d’antiquités roulantes ou de youngtimers plus proches de nos souvenirs. Les américaines font rêver, les Lancia, Facel Vega et Alfa Romeo suscitent l’admiration, et aucun musée n’offre une telle diversité en mouvement, insiste le président.
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Sur le parcours, la mécanique du succès reste inchangée : pouces levés au passage des bus et des voitures, sourires, saluts de la main, communion palpable entre équipages et spectateurs. Le patrimoine roulant continue de dialoguer sans traducteur avec les Parisiens.
Prochain rendez-vous en janvier 2027
L’association Vincennes en Anciennes donne rendez-vous pour la Traversée de Paris hivernale de janvier 2027, prolongement d’un cycle installé depuis près de deux décennies. La formule estivale, qui vient de boucler sa 19e édition, complète une Traversée hivernale devenue rituel de janvier avec près de 800 véhicules attendus et hors-d’œuvre traditionnel du salon Rétromobile.
Dans un contexte où l’automobile de collection cherche à défendre sa légitimité face aux ZFE et aux débats sur l’empreinte carbone, la démonstration des Traversées reste imparable : le patrimoine roulant a un public, un territoire et une raison d’être qu’aucune réglementation ne peut effacer.
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