À contre-courant de l’électrification généralisée, Fiat fait le pari de la simplicité. La marque italienne enrichit la gamme de son crossover compact 600 d’une version essence non hybridée, dotée d’une boîte manuelle — une configuration presque devenue rare sur ce segment.

L’argument est limpide : proposer une porte d’entrée moins chère et plus accessible, pour les acheteurs que l’électrique rebute, par son prix ou par ses contraintes d’usage. Une démarche déjà engagée au Royaume-Uni, mais qui illustre une tendance de fond observée chez de nombreux constructeurs.

Un trois-cylindres essence et une boîte manuelle à six rapports

Sous le capot, la Fiat 600 essence reçoit un trois-cylindres turbo de 1,2 litre développant environ 100 chevaux, associé à une boîte manuelle à six rapports et à une transmission aux roues avant. Stellantis met en avant la modernité de ce bloc, malgré son apparente simplicité : turbo à géométrie variable, injection directe sous 350 bars et chaîne de distribution plus silencieuse. La consommation mixte WLTP est annoncée entre 5,6 et 5,7 litres aux 100 km, des valeurs raisonnables pour un crossover de ce gabarit.

Cette mécanique éprouvée est partagée avec d’autres modèles du groupe Stellantis, comme les Peugeot 2008 et Jeep Avenger, qui reposent sur une base technique très proche. Une mutualisation qui permet à Fiat de proposer cette motorisation à un coût maîtrisé, tout en offrant aux clients une alternative familière à l’électrique.

Le prix, principal argument face au 600e électrique

L’intérêt de cette version réside avant tout dans son positionnement tarifaire. Au Royaume-Uni, la Fiat 600 essence d’entrée de gamme démarre à 23 995 livres, soit environ 28 000 euros — près de 3 500 euros de moins que la version 600e électrique, et ce même en tenant compte des aides à l’achat de véhicules électriques. Un écart significatif, qui peut faire pencher la balance pour une clientèle attentive à son budget.

Fiat a par ailleurs veillé à ne pas faire de cette version d’accès une offre au rabais. Même la finition d’entrée bénéficie d’un équipement généreux : jantes de 17 pouces, projecteurs et feux LED, instrumentation numérique, écran tactile de 10,25 pouces avec Apple CarPlay et Android Auto sans fil, capteurs de stationnement arrière et banquette rabattable. La climatisation automatique apparaît dès le deuxième niveau de finition. De quoi rendre cette version essence attractive sans donner l’impression d’un produit dégradé.

Une réponse à une demande bien réelle

Le choix de Fiat répond à une réalité du marché que de plus en plus de constructeurs reconnaissent : tous les automobilistes ne sont pas prêts à passer à l’électrique, que ce soit pour des raisons de prix, de praticité ou d’habitude. Sur le segment des petits crossovers, souvent achetés comme voitures urbaines polyvalentes plutôt que pour les longs trajets, une motorisation essence simple et abordable conserve toute sa pertinence.

Cette démarche s’inscrit dans une tendance plus large de retour aux motorisations thermiques accessibles, observée chez plusieurs marques. Après la relance du GPL par Hyundai sur certains modèles, ou le maintien d’offres essence d’entrée de gamme chez Mini, Fiat confirme que la transition vers l’électrique ne se fera pas au même rythme pour tous. Pour la marque italienne, dont la 600 électrique reste le porte-étendard technologique, cette version essence permet d’élargir l’audience du modèle sans renier sa stratégie d’électrification.

Reste à savoir si cette configuration sera proposée en France, où la 600 est pour l’heure principalement commercialisée en versions électrique et hybride. L’arrivée d’une version essence à boîte manuelle pourrait y trouver son public, à l’image de ce qui se dessine outre-Manche, sur un marché hexagonal où le prix demeure le premier critère d’achat pour une large part des automobilistes. En misant sur l’accessibilité plutôt que sur la surenchère technologique, Fiat rappelle que la mise à jour la plus décisive d’un modèle n’est pas toujours un nouvel écran ou une plus grosse batterie, mais parfois simplement la possibilité de l’acheter moins cher.


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Faris Bouchaala est Directeur de publication et Rédacteur en chef de MotorsActu, média automobile français fondé en 2018. Journaliste automobile depuis plus de 14 ans, il couvre l’actualité automobile française et européenne, avec un focus sur les essais, les nouveautés constructeurs, l’électrification et les technologies embarquées.

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