Le groupe Geely ne se limite pas aux voitures. Sa filiale spatiale Geespace a déployé GEESATCOM, une constellation mondiale de satellites IoT en orbite terrestre basse (LEO), entièrement conçue, développée, construite et exploitée en interne. Un projet industriel d’envergure qui illustre l’ambition du constructeur chinois bien au-delà de l’automobile.
Six lancements réussis entre 2022 et 2025
De 2022 à 2025, Geespace a mené six lancements consécutifs réussis, achevant le déploiement de la première phase de la constellation GEESATCOM. Le résultat : une couverture de communication en temps réel sur 90 % de la surface terrestre — l’ensemble du globe à l’exception des zones polaires. Les satellites évoluent à une altitude orbitale d’environ 600 km en orbite basse, ce qui permet des latences réduites par rapport aux satellites géostationnaires traditionnels.
Des applications bien au-delà de l’automobile
Si les véhicules connectés constituent l’application la plus évidente pour un groupe automobile, GEESATCOM cible un spectre d’usages beaucoup plus large. La pêche, les engins de construction, la mobilité à basse altitude, les communications d’urgence, le transport et la logistique, les infrastructures publiques, la gestion de l’énergie et de l’eau, et même l’agriculture, la sylviculture et l’élevage font partie des secteurs visés. Une constellation IoT de cette envergure peut théoriquement connecter n’importe quel objet communicant dans n’importe quelle zone reculée du globe — là où les réseaux terrestres 4G et 5G n’existent pas.
Pour l’automobile en particulier, cette infrastructure satellite offre une connectivité permanente aux véhicules Geely, Lynk & Co et Zeekr, y compris dans des zones sans couverture mobile terrestre — un argument de vente différenciateur sur les marchés où l’infrastructure réseau reste insuffisante.
Une usine à 500 satellites par an
Ce qui est peut-être le plus surprenant dans cette initiative, c’est l’outil industriel mis en place pour la supporter. Geespace exploite ce qu’elle présente comme la première usine mondiale de production de satellites en série intégrant en profondeur les technologies de fabrication aérospatiale et automobile. Sa capacité de production annuelle peut atteindre 500 satellites — un chiffre qui place cette installation dans le même registre que les grandes constellations mondiales comme Starlink.
L’hybridation des techniques de production automobile et spatiale est au cœur du modèle : les méthodes de fabrication en série, le contrôle qualité industriel et l’optimisation des coûts héritées de la production automobile sont appliqués à la fabrication de satellites, traditionnellement produits en très petites quantités avec des coûts unitaires très élevés. C’est précisément ce modèle qui a permis à des acteurs comme SpaceX de révolutionner le secteur spatial ces dernières années — et que Geely cherche à répliquer depuis la Chine.
Cette initiative positionne Geely comme bien plus qu’un constructeur automobile. Le groupe se construit une infrastructure technologique globale — spatial, logiciel, intelligence artificielle — qui lui permet d’ancrer ses véhicules dans un écosystème de services connectés propriétaire, indépendant des opérateurs tiers. Une stratégie verticale ambitieuse, dont les premières applications concrètes sont déjà opérationnelles.





