Une voiture de course qui n’a jamais couru vient de recevoir son hommage routier. Koenigsegg a dévoilé la CCGT1 à Monterey, une hypercar dérivée de la CC850 qui rend hommage au projet CCGT engagé pour le championnat FIA GT1 à la fin des années 1990. Les 70 exemplaires prévus étaient tous attribués avant même la publication des images.

Le projet avorté à l’origine du modèle

L’histoire remonte aux débuts du constructeur. Christian von Koenigsegg voulait engager sa production en endurance et a étudié en détail le règlement GT1 du Mans dès la conception du premier prototype CC, calibrant notamment sa largeur et sa surface frontale pour entrer dans les limites imposées, sans avoir à les modifier ensuite sur une version course.

Avec le fabricant Dag Bölenius, il a construit la CCGT, une voiture de course d’environ 1 000 kilogrammes dont la légèreté permettait de placer du lest où les ingénieurs le jugeaient utile pour l’équilibre en piste. Le prototype achevait son développement lorsque le règlement a changé, mettant fin au projet. Un seul exemplaire a été construit.

Un V8 biturbo qui varie selon le carburant

La CCGT1 reprend le V8 biturbo de 5,0 litres maison, entièrement homologué, avec un refroidissement renforcé pour supporter des sollicitations prolongées sur circuit. La puissance atteint 1 280 ch avec de l’essence de station et grimpe à 1 600 ch avec de l’éthanol E85, le moteur s’adaptant automatiquement à tout mélange intermédiaire.

L’écoulement d’air est mis à contribution : la prise d’air de toit est fonctionnelle et alimente non seulement un radiateur d’huile de plus grande capacité, mais aussi un circuit de refroidissement dédié aux amortisseurs.

Presque tous les panneaux de carrosserie ont été redessinés, et un vaste aileron actif domine la partie arrière.

Koenigsegg CCGT1, vue arrière
l’aileron actif et le diffuseur reprennent les codes de la catégorie GT1 | © Koenigsegg

Une pédale d’embrayage sur une hypercar moderne

C’est l’élément le plus inattendu. Le système Koenigsegg Sequential Shift associe la transmission Light Speed à neuf rapports à un levier séquentiel placé près du volant, avec une pédale d’embrayage servant au démarrage et une coupure d’allumage automatique pour accélérer les passages sans lever le pied. Un mode manuel est disponible, et les clients peuvent opter pour le système Engage Shift System à grille en H.

L’habitacle assume un dépouillement à contre-courant. Là où les hypercars accumulent cuirs cousus main et surfaces travaillées, la CCGT1 privilégie les commandes physiques et les interrupteurs à bascule, avec une approche minimaliste orientée sur la sensation tactile plutôt que sur l’apparence.

Un pack circuit inédit chez la marque

Pour la première fois, Koenigsegg propose un pack piste optionnel. Il comprend des pneus slicks, un arceau en fibre de carbone démontable pour l’usage routier, des sièges baquets, des vérins pneumatiques, un système d’acquisition de données, une extinction incendie de niveau compétition, des harnais six points compatibles HANS, un second train de roues avec pneus circuit, une ligne d’échappement réservée à la piste, des freins et une suspension plus radicaux et des appendices aérodynamiques supplémentaires.

Avec cet équipement, le constructeur annonce la Koenigsegg la plus rapide jamais construite au tour.

Koenigsegg CCGT1, habitacle
l’approche minimaliste privilégie les commandes physiques et les interrupteurs à bascule | © Koenigsegg

Une finition Ghost Fibre inédite

La carrosserie inaugure un matériau baptisé Ghost Fibre, une matrice cristal-blanche mêlant aramide et carbone, présentée comme une évolution du carbone blanc déjà employé par la marque. Le constructeur revendique une meilleure isolation acoustique, une résistance élevée et une masse inférieure au carbone traditionnel.

Le prix n’a pas été communiqué, et la question est largement théorique : les 70 exemplaires étaient déjà tous placés avant la présentation publique. Le modèle reste homologué pour la route, toit amovible compris.

Reste à voir si la revendication du tour le plus rapide sera vérifiée. Koenigsegg a l’habitude de la démontrer rapidement après ce type d’annonce.

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Faris Bouchaala est Directeur de publication et Rédacteur en chef de MotorsActu, média automobile français fondé en 2018. Journaliste automobile depuis plus de 14 ans, il couvre l’actualité automobile française et européenne, avec un focus sur les essais, les nouveautés constructeurs, l’électrification et les technologies embarquées.

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