La question laissée ouverte par la révélation des Fiat Grizzly a trouvé sa réponse, et elle se situe au Maroc. Stellantis a officiellement lancé la production de la plateforme Smart Car à son usine de Kénitra. Le site assemblera les Fiat Fastback et Grizzly, dévoilés il y a quelques jours à peine pour les 127 ans de la marque, avec un lancement commercial programmé à partir du dernier trimestre 2026.
Les Grizzly trouvent leur usine, et leur calendrier se précise
Pour les deux nouveautés familiales de Fiat, l’annonce lève l’une des principales inconnues du dossier. Lors de leur révélation, la marque avait confirmé le trio de régions visées, Europe, Moyen-Orient et Afrique, Amérique du Sud, sans nommer les sites d’assemblage, une information que nous signalions alors comme particulièrement attendue. C’est donc Kénitra qui ouvre le bal industriel, avec des motorisations multi-énergies allant du thermique à l’électrique, conformément à la philosophie de la plateforme Smart Car qui porte déjà les Citroën C3, Fiat Grande Panda et Opel Frontera.
Petit détail de nomenclature au passage : le communiqué régional désigne le duo sous les noms de Fiat Fastback et Grizzly, quand la présentation mondiale parlait de Grizzly et Grizzly Fastback. Le premier, à la silhouette dynamique et au positionnement lifestyle, se distingue du second, un SUV spacieux pensé pour les familles. Les marchés précisément servis par la production marocaine n’ont pas été détaillés, la marque évoquant un déploiement à grande échelle sur des marchés variés, et la première apparition publique européenne reste programmée au Mondial de Paris en octobre.
Kénitra devient un pôle intégré, de la voiture à la micromobilité
Au-delà des modèles, c’est la transformation du site qui impressionne. Kénitra réunit désormais l’assemblage de véhicules, la production de moteurs et les activités de micromobilité au sein d’un pôle industriel unique, où sont notamment fabriqués les engins de la gamme urbaine du groupe. Samir Cherfan, le patron de la région Moyen-Orient et Afrique de Stellantis, également responsable mondial de la micromobilité, y voit la concrétisation d’un pilier clé de la stratégie FaSTLAne 2030 : conjuguer échelle, compétitivité, intégration locale et pertinence produit.
L’ambition chiffrée donne la mesure du projet : Stellantis vise un taux d’intégration locale de 75 % d’ici 2030 au Maroc, appuyé sur la densification du réseau de fournisseurs locaux et régionaux, des stratégies d’approvisionnement de proximité et l’accélération des partenariats industriels. Un niveau qui placerait l’écosystème marocain parmi les plus intégrés du monde hors des grandes bases historiques du groupe.
Kénitra et Tafraoui, les deux poumons d’une même stratégie
Cette annonce complète la géographie industrielle que Stellantis dessine au Maghreb, quelques jours après que ses facturations trimestrielles ont cité l’Algérie comme moteur de croissance de la région grâce à la montée en cadence du Fiat Doblò de Tafraoui. Les deux rives se répartissent désormais les rôles : à Kénitra la plateforme Smart Car et ses modèles mondiaux, à Tafraoui le Doblò, la Grande Panda en assemblage local et l’arrivée attendue d’Opel, chaque site nourrissant son écosystème de fournisseurs et sa trajectoire d’intégration.
La complémentarité affichée n’exclut pas une saine émulation : chaque attribution de modèle, chaque point d’intégration locale et chaque annonce d’extension pèsera dans les arbitrages du groupe pour la décennie. Pour les automobilistes de la région comme pour les observateurs de la filière, une chose est acquise : le centre de gravité industriel de Fiat pour l’Afrique et le Moyen-Orient s’est durablement installé au Maghreb, et les Grizzly en seront, dès la fin de l’année, la démonstration roulante.
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