Le badge le plus mythique de Peugeot fait son grand retour, et il passe à l’électrique. La marque au lion a dévoilé le 8 juin la version de série de la nouvelle E-208 GTi, première GTi 100 % électrique de son histoire. Une annonce orchestrée au Mans, à la veille des 24 Heures, exactement un an après la présentation du concept au même endroit.

Trois exemplaires de série, déclinés en bleu, blanc et rouge aux couleurs de la France, sont exposés dans le village de la course à l’occasion du centenaire de la première participation de Peugeot à l’épreuve. Les chiffres officiels complets seront communiqués lors d’une conférence de presse le vendredi 12 juin, mais l’essentiel est déjà connu.

280 chevaux et 0 à 100 km/h en 5,7 secondes

Sous sa carrosserie de citadine, l’E-208 GTi cache des performances dignes de son blason. Le moteur électrique, implanté sur l’essieu avant, développe 280 chevaux et 345 Nm de couple — de quoi en faire la plus puissante du segment des compactes électriques sportives. Le 0 à 100 km/h est abattu en 5,7 secondes, pour une vitesse maximale limitée à 180 km/h. L’énergie est fournie par une batterie de 54 kWh, héritée de la 208 électrique classique, offrant une autonomie d’environ 350 km en cycle WLTP.

Mais la GTi ne se résume pas à sa puissance. Peugeot a soigné le châssis pour transformer la sage citadine en véritable bombinette : hauteur de caisse abaissée de 30 mm, voies élargies de 56 mm à l’avant et 27 mm à l’arrière, amortisseurs à butées hydrauliques spécifiques, barre antiroulis redimensionnée, et surtout un différentiel à glissement limité pour optimiser la motricité en sortie de virage. Le freinage est confié à des disques de 355 mm pincés par des étriers fixes à quatre pistons à l’avant, tandis que les jantes de 18 pouces sont chaussées de pneus Michelin Pilot Sport Cup 2, référence en matière de gomme sportive. Une préparation sérieuse, loin du simple kit esthétique.

Quarante ans après la 205 GTi, le mythe renaît

L’enjeu symbolique de cette E-208 GTi est immense. Le label GTi, c’est l’histoire d’amour entre Peugeot et les amateurs de conduite, lancée il y a quatre décennies avec l’iconique 205 GTi. Apparue en 1984 en version 1.6 litre, puis en 1.9 litre en 1986, cette compacte a inventé un genre : la petite sportive accessible, légère, vive et terriblement attachante, devenue depuis un objet de collection adulé. Au fil des ans, le badge a essaimé sur les 306, 206, 207 et 208, accompagnant aussi les succès de la marque en rallye.

PEUGEOT E-208 GTi - intérieur

Faire renaître ce mythe sous une forme 100 % électrique constitue un pari audacieux. Comment conserver l’âme d’une GTi, faite de sensations brutes et d’engagement mécanique, dans un véhicule électrique par nature silencieux et lissé ? C’est tout le défi qu’ont relevé les équipes de Peugeot Sport et de Peugeot Design, qui ont développé et dessiné la voiture en France. Le projet avait connu un parcours mouvementé : annoncé dès janvier 2021 par Jean-Philippe Imparato, alors patron de la marque, il avait été un temps mis en suspens avant d’être relancé, porté par l’enthousiasme suscité par le concept de 2025.

Une cousine technique de l’Abarth 600e et de la Lancia Ypsilon HF

L’E-208 GTi illustre parfaitement la logique de mutualisation du groupe Stellantis. Elle partage son groupe motopropulseur de 280 chevaux avec deux autres sportives électriques de la maison : l’Abarth 600e et la Lancia Ypsilon HF. Cette synergie a permis de maîtriser les coûts de développement tout en bénéficiant d’une mécanique déjà éprouvée. Reste que la GTi ne sera pas donnée : son tarif devrait s’établir autour de 40 000 euros, un positionnement premium qui la place au-dessus des versions classiques de la 208.

Ce lancement intervient dans un contexte particulièrement favorable pour Peugeot, qui multiplie les annonces autour du Mans cette année — entre le centenaire de sa première participation à la course avec ses hypercars 9X8, le retour de la marque Peugeot Cycles, et désormais cette E-208 GTi. La citadine sportive électrique vient incarner la transition de la marque vers une électrification qui se veut désirable et passionnante, plutôt que purement rationnelle. Un message fort, à l’heure où de nombreux constructeurs peinent à donner une dimension émotionnelle à leurs véhicules électriques.

Rendez-vous est donc pris pour le vendredi 12 juin, où Alain Favey, directeur général de Peugeot, dévoilera l’ensemble des caractéristiques techniques et tarifaires définitives. D’ici là, l’E-208 GTi aura fait sensation dans les travées du Mans — et rappelé que, quarante ans après la 205, le lion sait encore faire battre le cœur des passionnés.

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Faris Bouchaala est Directeur de publication et Rédacteur en chef de MotorsActu, média automobile français fondé en 2018. Journaliste automobile depuis plus de 14 ans, il couvre l’actualité automobile française et européenne, avec un focus sur les essais, les nouveautés constructeurs, l’électrification et les technologies embarquées.

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