Renault Group boucle un premier semestre 2026 à 1 165 133 véhicules vendus dans le monde, un niveau quasi stable à -0,4 % qui masque une transformation en profondeur : la part des véhicules électrifiés atteint désormais 52 % des ventes VP européennes, en progression de 8,2 points sur un an.
Le groupe au losange privilégie la valeur au volume, réduit son exposition aux canaux les moins rentables et voit sa marque premium Alpine signer un semestre record à +67,6 %. Une combinaison qui installe une trajectoire à contre-courant des inquiétudes affichées par une partie de l’industrie européenne.
La marque Renault s’installe au deuxième rang européen
La marque au losange affiche 528 849 véhicules écoulés en Europe VP+VU sur le semestre, en hausse de 2,6 %, et confirme sa deuxième place continentale. Sur les cinq principaux marchés européens, Renault vend désormais 60 % de ses voitures particulières à des clients particuliers, soit 3,8 points de mieux qu’un an plus tôt et surtout 17,7 points au-dessus de la moyenne du marché. Une orientation retail qui protège les valeurs résiduelles, supérieures de 4 à 13 points à la moyenne des vingt-trois principales marques du continent.
Le vrai moteur du semestre reste l’électrification. Deux voitures Renault sur trois vendues en Europe sont désormais électrifiées, soit 66,3 % contre 59,1 % il y a un an. La part des 100 % électriques bondit à 26,6 %, en hausse de 10,3 points. La Renault 5 E-Tech electric conserve son titre de véhicule électrique le plus vendu du segment B en Europe, tandis que la Renault 4 E-Tech s’impose comme la référence du segment B-SUV électrique auprès des particuliers. Un tandem industriel qui prolonge la dynamique commerciale confirmée par le franchissement du cap des 100 000 R5 produites à Douai.
En France, Renault renforce son leadership avec 18,5 % de part de marché auprès des particuliers, gain de 1,6 point sur un an, et 20,9 % sur les flottes. Les segments C et D représentent désormais 37,4 % des ventes européennes, signe d’une montée en gamme progressive du mix produit.
Dacia : baisse comptable, fondamentaux préservés
Le premier semestre Dacia se lit avec plus de nuances. La marque roumaine affiche 284 021 ventes en Europe VP+VU, en recul de 8,7 %. Le résultat s’améliore toutefois séquentiellement au deuxième trimestre et le carnet de commandes se maintient à un niveau équivalent à celui de 2025, indication rassurante à l’entrée du second semestre. Dacia conserve sa troisième place européenne des ventes VP à clients particuliers, avec un mix retail massif à 77 %.
L’indicateur le plus parlant reste la Sandero, qui demeure la voiture la plus vendue en Europe tous canaux confondus. Un titre que peu de constructeurs peuvent revendiquer avec un modèle unique. Les valeurs résiduelles de la marque affichent une prime de 13 points par rapport à la moyenne du marché, un avantage économique que les concessionnaires savent transformer en argument commercial.
L’électrification progresse plus vite qu’on ne l’imaginait. Les motorisations hybrides représentent désormais 37 % des commandes Jogger, 40 % des Duster et 68 % des Bigster. Un basculement qui accompagne la montée en gamme du portefeuille, avec 58 % des commandes concentrées sur les finitions supérieures, jusqu’à 82 % sur le Bigster. Le second semestre verra arriver la Sandero hybride, la nouvelle Spring produite en Europe et le crossover Striker attendu de longue date.
Alpine réalise le semestre le plus fort de son histoire
Le vrai coup d’éclat du semestre porte le badge de Dieppe. Alpine enregistre 8 538 ventes mondiales, en croissance de 69,1 %, et signe un premier semestre historique pour la marque. L’A290, citadine sportive électrique, se hisse au rang de best-seller avec 5 890 unités écoulées, en hausse de près de 60 %. L’A110 tient son rang avec 1 607 exemplaires écoulés en +22,4 %, malgré l’arrêt de sa production en juin pour préparer l’arrivée de la troisième génération. Le sport fastback A390 enregistre ses 1 041 premières immatriculations en version GT, avec l’ouverture des commandes de la version GTS désormais annoncée.
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La croissance internationale accélère nettement. Le Royaume-Uni multiplie par six ses ventes Alpine, à 1 902 unités. L’Espagne progresse de 84 %, l’Allemagne de 78 %. Le réseau de distribution passe de 169 à 238 points de vente, un déploiement industriel qui prépare le terrain pour l’ambition affichée de devenir une marque premium sportive électrique de référence en Europe. Plus de 80 % des ventes Alpine sont désormais 100 % électriques, une bascule presque intégrale que peu de constructeurs sportifs peuvent revendiquer.
L’international accélère, l’Inde en pointe
Hors Europe, Renault progresse de 2,8 % avec près de 296 000 véhicules, portée par une croissance spectaculaire en Inde à +61,2 %. La Turquie affiche +25,7 % pour la marque Renault, le Maroc +11,8 % et le Brésil +5,3 %. Le lancement de Renault Duster en Inde, l’expansion de Master au Maroc et la préparation du pick-up Niagara pour l’Amérique latine dessinent les moteurs de croissance des trimestres à venir.
L’ouverture d’un second site de production Boreal en Turquie, en juin, ajoute une capacité industrielle stratégique dans un pays qui devient l’un des hubs export du groupe. Le Koleos Full Hybrid vient de démarrer sa carrière commerciale au Brésil et complète l’offensive internationale.
Un second semestre chargé et cohérent
Renault Group aborde la seconde moitié de l’année avec un carnet de commandes solide en Europe, représentant 2,1 mois de ventes prévisionnelles à fin juin. Les lancements programmés d’ici la fin de l’année sont nombreux : Trafic Van E-Tech electric, Sandero hybride, nouvelle Spring, Dacia Striker, Alpine A390 GTS et pick-up Niagara pour l’Amérique latine. L’échéance industrielle la plus attendue reste probablement celle du Trafic Van E-Tech electric, qui doit s’imposer comme la nouvelle référence du VU léger électrique face à une concurrence Stellantis qui vient de renouveler toute sa gamme utilitaire.
La comparaison avec le premier semestre 2025, où le groupe avait déjà tenu son cap dans un environnement chahuté, donne la mesure du chemin parcouru : le mix électrifié gagne huit points de pourcentage en douze mois, la marque Renault installe un modèle centré sur le canal particulier, Alpine passe une véritable étape industrielle et Dacia protège son cœur d’activité en préparant sa propre transformation. Un tableau qui contraste avec les difficultés d’une partie du marché premium européen, et qui vient rappeler que la formule Renault Group, articulée autour de trois marques complémentaires, se porte bien.
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