Derrière la vente de voitures neuves se cache un marché tout aussi stratégique : celui de l’après-vente et des pièces détachées. Stellantis l’a bien compris, qui a confirmé sa participation au salon Automechanika de Francfort, du 8 au 12 septembre 2026, pour y présenter le développement de son réseau de garages multimarques Eurorepar Car Service.
Une manière d’afficher l’importance croissante de ce que le secteur appelle l’« aftermarket indépendant » dans la stratégie de croissance du groupe — un relais de revenus précieux à l’heure où le marché du neuf se tend.
Un réseau de garages multimarques en pleine expansion
Au cœur de la présence de Stellantis à ce grand rendez-vous professionnel figure son enseigne Eurorepar Car Service. Le réseau revendique aujourd’hui plus de 6 200 garages indépendants dans le monde, dont plus de 4 900 en Europe, ce qui en fait l’une des principales organisations de réparation multimarques du continent. À Francfort, le constructeur prévoit de recréer un environnement d’atelier grandeur nature, afin de faire vivre aux visiteurs son approche de service dite « à 360 degrés ».
Le principe est de proposer aux garages indépendants — ceux qui réparent toutes les marques, et non une seule — un écosystème complet leur permettant de rester compétitifs face à la complexité croissante des véhicules modernes. Car réparer une voiture d’aujourd’hui, bardée d’électronique et de logiciels, exige un accès aux pièces, aux outils de diagnostic et à une expertise technique de plus en plus pointue, hors de portée d’un atelier isolé.
Pièces, logistique et économie circulaire
L’offre que Stellantis met en avant combine plusieurs volets. Côté pièces, le groupe propose un éventail de gammes multimarques, de la pièce d’origine à des références plus économiques, en passant par des composants issus de l’économie circulaire. C’est l’un des aspects les plus intéressants : à travers son programme de pièces durables, le constructeur propose des composants reconditionnés, réparés ou recyclés, une démarche qui répond à la fois à des impératifs économiques et environnementaux.
À cela s’ajoutent un soutien logistique via son réseau de distribution, une assistance technique, des outils numériques de gestion d’atelier, ainsi que des solutions d’analyse et d’aide à la décision dopées à l’intelligence artificielle. L’objectif affiché, résumé par le responsable des pièces et services pour la région Europe élargie, est d’aider les garages indépendants à renforcer leur exploitation quotidienne et leur performance sur le long terme, dans un environnement devenu particulièrement exigeant.
Cette offensive sur l’après-vente n’a rien d’anecdotique. Pour un constructeur, le marché de la pièce détachée et de l’entretien constitue une source de revenus récurrente et margée, moins exposée aux aléas du marché du neuf. En s’adressant non seulement à ses propres réseaux mais aussi aux garages indépendants multimarques, Stellantis cherche à capter une part de ce vaste gâteau, sur lequel se positionnent traditionnellement des équipementiers et des distributeurs spécialisés.
La montée en puissance de l’électrique et la sophistication des véhicules rebattent par ailleurs les cartes de l’après-vente, créant de nouveaux besoins de formation et d’outillage que les grands groupes sont les mieux armés pour satisfaire. Pour les automobilistes, l’enjeu est concret : disposer, partout, d’un réseau de réparateurs capables d’entretenir des voitures toujours plus complexes, à des tarifs maîtrisés et avec des pièces de qualité — y compris, désormais, des pièces issues du recyclage.
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