À partir du 1er janvier 2026, les centres de contrôle technique devront vérifier systématiquement si un véhicule est concerné par un rappel lié à un équipement de sécurité défectueux.
L’annonce du ministère des Transports fait suite à l’un des scandales les plus lourds de l’histoire automobile : celui des airbags Takata. Ces dispositifs, qui peuvent exploser lors de leur déclenchement et projeter des fragments métalliques, ont déjà provoqué 20 décès et 46 accidents en France, dont 42 en Outre-mer.
Les véhicules toujours équipés de ces airbags défectueux feront désormais l’objet d’une contre-visite obligatoire pour défaillance critique. Le texte précise que cette nouvelle mesure figure dans un décret entré en vigueur le 8 décembre 2025, et qu’elle s’appliquera automatiquement à tout véhicule concerné par un rappel de sécurité majeur.
Une contre-visite obligatoire… et payante
Lorsqu’un airbag Takata non remplacé sera détecté, le contrôle technique délivrera un procès-verbal assorti d’une obligation de contre-visite. Le véhicule sera classé “stop-drive”, et donc interdit de circulation tant que la réparation n’aura pas été effectuée. La validation du contrôle technique sera suspendue jusqu’à la mise en conformité du véhicule chez un réparateur agréé de la marque.
Cette contre-visite sera à la charge du propriétaire, avec un tarif estimé entre 0 et 40 euros selon les centres. Le ministère “appelle les opérateurs à la modération”, tout en précisant que les prix ne seront pas plafonnés nationalement.
Un dispositif pour repérer les rappels non traités
La nouveauté ne se limite pas aux airbags. Le contrôle technique intégrera désormais une consultation systématique de la base des rappels constructeurs. Si une voiture est soumise à une campagne de rappel grave, cette mention sera reportée sur le procès-verbal du contrôle même si le problème ne nécessite pas encore une contre-visite.
Cette mention servira d’avertissement officiel à l’automobiliste, qui sera logiquement invité à effectuer une réparation gratuite. Selon l’autorité des transports, 1,3 million de voitures équipées d’airbags Takata circulent encore en France sans intervention, sur les 2,5 millions initialement concernées.
Les constructeurs déjà mobilisés
Plusieurs marques ont déjà pris les devants. Stellantis a lancé en mai 2024 une campagne de rappel massive pour les Citroën C3 et DS3 produites entre 2009 et 2019, avec une interdiction immédiate de conduite pour les modèles non réparés. Ce dispositif, baptisé “stop-drive”, a depuis été étendu à Peugeot, Ford, Volkswagen et à une quarantaine d’autres constructeurs impliquant près de 140 modèles au total.
Depuis juillet 2025, un arrêté gouvernemental impose aux marques de réparer sous deux mois maximum les véhicules signalés par leurs propriétaires, sous peine de sanctions financières. Si le constructeur n’est pas en mesure de proposer un rendez-vous dans les quinze jours, l’automobiliste est éligible à un véhicule de courtoisie.
Comment savoir si votre voiture est concernée ?
Le site officiel gouvernemental « Rappel.Gouv.fr » permet à tout propriétaire de vérifier, à l’aide du numéro VIN, si son véhicule fait l’objet d’un rappel critique ou d’un stop-drive. Si c’est le cas, la réparation est gratuite, et les automobilistes sont invités à ne plus utiliser le véhicule avant intervention.
En clair : le gouvernement serre la vis. Dès 2026, le contrôle technique ne se distinguera plus seulement par un constat visuel, mais deviendra un outil de détection proactive des véhicules dangereux, notamment ceux équipés de composants potentiellement mortels. Une mesure qui, si elle renforce la sécurité, risque toutefois d’alourdir la facture des automobilistes négligents.