BMW a produit sa millionième voiture M le 2 octobre 2026 à Munich, une M3 Berline en teinte BMW Individual Fire Orange III. L’usine qui l’a assemblée ne produira plus que des véhicules 100 % électriques à partir de 2027, après environ 650 millions d’euros d’investissement. La première M3 électrique y sera fabriquée en exclusivité.
Une M3 Berline en Fire Orange III est sortie des lignes de Munich le 2 octobre. C’est la millionième voiture M produite depuis la création de la division, il y a plus de cinquante ans.
Le symbole est double, et le second est plus lourd que le premier. L’usine qui a assemblé cette voiture ne produira plus que des véhicules 100 % électriques à partir de 2027.
Un million de voitures en un demi-siècle
Le chiffre mérite d’être replacé dans son contexte. BMW M existe depuis plus de cinquante ans, et la division a mis tout ce temps à atteindre le million d’exemplaires, ce qui en fait une production confidentielle au regard des volumes du groupe.
Le choix de la M3 pour ce jalon n’est pas arbitraire. Le modèle a été commercialisé pour la première fois il y a quarante ans, et il est devenu la référence du segment des berlines sportives.
La teinte retenue dit également quelque chose du positionnement. Un Fire Orange III issu du catalogue BMW Individual relève de la commande personnalisée, celle que les clients de la division choisissent plutôt qu’une teinte de série.
La génération actuelle est produite à Munich depuis 2020. Franciscus van Meel, président de BMW M GmbH, résume la philosophie de la marque en expliquant qu’elle associe l’aptitude à la route et à la piste avec une utilisation quotidienne.
Peter Weber, directeur de l’usine de Munich, souligne pour sa part la dimension affective que BMW M représente pour les salariés du site. Le point n’est pas anodin à quelques mois d’une transformation industrielle de cette ampleur.
Munich basculera au tout électrique en 2027
C’est l’information industrielle du communiqué, et elle dépasse largement le jalon symbolique. À partir de 2027, l’usine de Munich produira exclusivement des véhicules 100 % électriques.
L’investissement annoncé s’élève à environ 650 millions d’euros. Il porte sur un nouvel atelier de carrosserie et un atelier de montage de dernière génération, qui couvrent à eux deux un tiers de la superficie totale du site.
Transformer une usine centenaire enserrée dans le tissu urbain munichois est un exercice bien plus contraint que de construire un site neuf en périphérie. C’est l’une des raisons pour lesquelles le calendrier s’étale et pour lesquelles certaines productions partent ailleurs pendant les travaux.
Le choix de Munich plutôt que d’un site neuf s’explique par ce que l’usine représente. Elle est accolée au siège du groupe et assemble des BMW depuis plus d’un siècle, ce qui en fait un lieu que l’entreprise ne peut pas déplacer sans y perdre une part de son récit.
L’ampleur des travaux se mesure à la surface annoncée. Un tiers du site reconstruit en atelier de carrosserie et en ligne de montage signifie que la production continue pendant le chantier, contrainte qui explique une bonne part des 650 millions d’euros.
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La première M3 électrique sera munichoise
Le lien entre les deux annonces est explicite. La première BMW M3 100 % électrique sera produite exclusivement à Munich, sur la technologie Neue Klasse.
Elle sera le deuxième modèle Neue Klasse produit à Munich, après la nouvelle BMW i3 électrique. La précision compte, puisqu’elle porte sur la production du site et non sur l’ensemble de la gamme Neue Klasse du groupe. Cette dernière a été lancée avec 906 km d’autonomie annoncés et ouverte à la commande, chiffre qui donne une idée de ce que la plateforme permet.
La M3 électrique n’est plus un projet lointain. Elle se montre déjà au Nürburgring avec 1 000 ch annoncés, et la marque avait exposé à Monterey une M électrique à quatre moteurs en célébrant les quarante ans de la M3.
Ce que quatre moteurs changeraient pour une sportive
L’architecture montrée à Monterey mérite une explication, parce qu’elle rompt avec tout ce que BMW M a fait jusqu’ici. Un moteur par roue permet de distribuer le couple indépendamment sur chaque angle du véhicule, ce qu’aucun différentiel mécanique ne sait faire.
Le gain théorique porte sur la motricité et sur le comportement en virage. Le logiciel peut accélérer la roue extérieure et freiner l’intérieure pour faire tourner la voiture, ce que les ingénieurs appellent la vectorisation de couple.
La contrepartie est le poids, et c’est le vrai sujet d’une M électrique. Quatre moteurs et une batterie de grande capacité pèsent nettement plus qu’un six cylindres en ligne, et c’est sur ce terrain que la division sera jugée.
BMW n’a pas confirmé que la M3 de série reprendrait cette configuration. Le communiqué sur la millionième M se limite à annoncer que la première M3 électrique sera produite à Munich sur la technologie Neue Klasse.
Un virage que la marque n’a pas pris seule
Le calendrier munichois s’inscrit dans une stratégie plus large. BMW a fait des choix contrastés, confirmant le V8 sur le nouveau X5 sans le réserver au futur X5 M, tout en concentrant l’électrique sur Munich.
Le groupe compose aussi avec des écarts de marché considérables, le prix du BMW iX3 variant fortement entre la Chine et l’Europe pour une même batterie. Ces différences pèsent sur la façon dont une plateforme mondiale se décline marché par marché.
Reste une absence remarquée cette année. BMW et Mini se sont retirés du Mondial de l’Auto 2026, privant la Neue Klasse de première parisienne. Le public français ne verra donc pas cette technologie à Paris, alors même qu’elle portera la prochaine M3.
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