Le premier fabricant mondial de batteries veut rendre la réparation aussi accessible que le remplacement était coûteux. Lors de son événement Ning Day 2026 à Haikou, CATL a annoncé l’extension de son réseau de service après-vente Ning Service à 100 villes dans le monde d’ici la fin de l’année. Deux centres internationaux fonctionnent déjà, en Norvège et à Istanbul.

Un maillage déjà large, mais peu de sites en propre

La distinction entre les deux réseaux mérite d’être posée. Ning Service compte aujourd’hui 1 376 centres franchisés répartis dans 84 pays, auxquels s’ajoute la maintenance de 1 505 stations d’échange de batteries de l’écosystème Choco-SEB de CATL.

Les centres exploités directement par le fabricant sont en revanche beaucoup plus rares : huit en Chine et deux à l’international, en Norvège et à Istanbul. Ce sont ces sites en propre que CATL veut porter à 100 villes au second semestre 2026.

Ces centres recourent à l’automatisation robotisée pour le diagnostic et la réparation, avec un objectif de délai ramené sous 72 heures.

Des camions de réparation mobiles

Le dispositif comprend également des unités mobiles. Ces camions couvrent jusqu’à 90 % des interventions ne nécessitant pas de réparation en profondeur et ramènent les délais de 72 à 48 heures.

Le périmètre couvert reste à préciser, mais il correspond vraisemblablement au remplacement de connecteurs, à l’isolation électrique et à l’étanchéité, à la protection contre les infiltrations d’eau et à l’inspection du système de gestion de batterie. Les opérations plus lourdes, remplacement complet de cellules, démontage cellule par cellule ou remise à neuf du pack, restent du ressort des centres fixes.

CATL Diagnostic de pack batterie
un appareil de test par ultrasons localise l’origine d’une panne en quinze minutes | © CATL

Le problème que cette offre attaque

L’enjeu économique est documenté. Une étude de l’institut chinois de recherche sur l’assurance portant sur 59 modèles électriques du marché local établit que le pack batterie représente en moyenne 50,96 % de la valeur du véhicule neuf. Sur une voiture d’occasion, un remplacement peut donc dépasser la valeur résiduelle.

Les architectures cell-to-pack, où les cellules participent à la structure du véhicule, ont aggravé cette situation. Moins coûteuses à produire, elles rendent la réparation ponctuelle bien plus difficile, conduisant les constructeurs à privilégier le remplacement intégral.

CATL avait lancé son service de réparation CTP en août 2025, en s’appuyant sur un appareil de test par ultrasons capable de localiser l’origine d’une panne en quinze minutes avec plus de 90 % de précision, sans démontage préalable. Les tarifs communiqués alors situaient une réparation entre 10 000 et 20 000 yuans, contre environ 100 000 yuans pour un remplacement complet.

Une couverture élargie à trois quarts du marché chinois

L’extension annoncée porte aussi sur la compatibilité. Le réseau peut désormais intervenir sur 76,8 % des modèles électrifiés vendus en Chine, contre 47 % auparavant.

Cette progression compte autant que le nombre de villes. Un réseau dense qui ne saurait traiter que les packs d’un seul fabricant aurait une utilité limitée pour l’automobiliste.

CATL revendique par ailleurs une contribution à plus de 70 normes nationales dans le secteur de la réparation de véhicules électrifiés en Chine.

Ligne de production de cellules CATL
CATL détenait 43,2 % du marché chinois des batteries en juin 2026 | © CATL

Ce que cela peut changer en Europe

Le fabricant reste dominant : 32,59 GWh de capacité installée en juin 2026 et 43,2 % de part de marché en Chine, avec un statut de premier fournisseur mondial auprès des constructeurs chinois comme internationaux.

Pour l’automobiliste européen, l’intérêt est indirect mais réel. Le coût de remplacement d’un pack pèse aujourd’hui lourdement sur la valeur résiduelle des électriques d’occasion, un sujet devenu central alors que les premières générations sortent de garantie. Un réseau de réparation crédible modifie cette équation.

Deux réserves s’imposent. Les centres n’interviennent que sur des packs comportant des composants CATL, ce qui exclut une partie du parc. Et l’annonce porte sur un objectif de déploiement, pas sur un réseau existant : aucune ville française n’a été citée à ce stade.

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Faris Bouchaala est Directeur de publication et Rédacteur en chef de MotorsActu, média automobile français fondé en 2018. Journaliste automobile depuis plus de 14 ans, il couvre l’actualité automobile française et européenne, avec un focus sur les essais, les nouveautés constructeurs, l’électrification et les technologies embarquées.

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