Une marque qui s’en va rarement mieux. Pour sa toute dernière course en Formule E, dimanche à Londres, DS Automobiles a décroché la victoire grâce à Taylor Barnard. À 22 ans, le Britannique signe le premier succès de sa carrière dans la discipline et devient le plus jeune vainqueur de l’histoire du championnat du monde ABB FIA.

Une course construite dans les derniers tours

Qualifié en sixième position sur le tracé installé au cœur du centre d’exposition ExCeL, Barnard a longtemps roulé en troisième position. La stratégie de l’équipe DS PENSKE a permis de trouver l’équilibre entre gestion de l’énergie et rythme soutenu, deux paramètres que ce circuit intérieur-extérieur rend particulièrement délicats à concilier.

Le Britannique a porté deux attaques dans les derniers tours pour prendre le commandement. Il évoque une sensation indescriptible et présente ce succès comme le meilleur cadeau de fin de saison possible pour les membres de l’équipe, après une campagne difficile.

De l’autre côté du garage, Maximilian Günther a dû composer avec une quatorzième position sur la grille. L’Allemand termine onzième, aux portes des points. En deux saisons chez DS PENSKE, il aura décroché deux victoires et deux pole positions.

Un palmarès que personne n’égale

Le bilan sportif justifie la formule employée par le constructeur. Engagée depuis la saison 2, première marque premium à rejoindre la discipline, DS Automobiles quitte la Formule E avec le palmarès le plus fourni de la série.

Sur onze années d’engagement et 154 courses, la marque totalise quatre titres de champion, obtenus sous forme de deux doubles couronnes pilotes et équipes, 19 victoires, 56 podiums, 26 pole positions et 2 030 points marqués. Elle détient également un record de sept podiums au championnat des équipes.

Cette saison, DS Automobiles a par ailleurs contribué à la troisième place de Stellantis au classement des constructeurs.

Podium de Taylor Barnard à Londres et l'équipe DS Penske
à 22 ans, le Britannique devient le plus jeune vainqueur de l’histoire de la Formule E | © DS Automobiles

Deux départs, un même week-end

Le retrait de DS s’inscrit dans un mouvement plus large au sein du groupe. Citroën Racing disputait également ses dernières manches de la saison 12 sur le même circuit londonien, avec Nick Cassidy et Jean-Éric Vergne, pour sa première campagne complète dans le championnat.

Ce double rendez-vous refermait par ailleurs deux chapitres techniques. Il conclut l’ère GEN3 Evo avant l’arrivée de la GEN4 la saison prochaine, et marque la dernière visite du championnat sur le tracé de l’ExCeL, Brands Hatch devant accueillir la manche britannique à partir de la saison suivante.

Ce que le départ de DS signifie

La Formule E a longtemps servi de vitrine technologique aux constructeurs engagés dans l’électrification. Le retrait d’une marque au palmarès aussi fourni interroge sur la valeur perçue de cet investissement, à un moment où les budgets marketing sont sous pression et où la diffusion du championnat bascule vers le streaming payant avec l’arrivée de Disney+ sur 144 territoires dès décembre.

Stellantis ne quitte pas la discipline pour autant, Citroën Racing ayant reconduit son duo de pilotes pour la saison 13. Le groupe redistribue ses engagements plutôt qu’il ne s’en retire.

Aucune communication n’a été faite sur la destination des ressources sportives ainsi libérées, ni sur un éventuel engagement de la marque dans une autre discipline. La question reste ouverte pour une marque dont l’identité premium s’est en partie construite sur ces onze années de compétition.

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Faris Bouchaala est Directeur de publication et Rédacteur en chef de MotorsActu, média automobile français fondé en 2018. Journaliste automobile depuis plus de 14 ans, il couvre l’actualité automobile française et européenne, avec un focus sur les essais, les nouveautés constructeurs, l’électrification et les technologies embarquées.

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