Ducati présente avec le Gruppo Zecchetto sa gamme Cycling Model Year 2027, répartie entre route, gravel et VTT électrique. Les deux e-enduro reçoivent un moteur Avinox M2S de 1 300 watts, développé par Avinox, la marque de motorisation pour vélos électriques de DJI. Les tarifs s’échelonnent de 2 790 à 12 990 euros selon les modèles.

Ducati élargit son territoire au vélo. La marque de Borgo Panigale a présenté le 3 septembre, à l’International Bike Festival, la gamme Cycling Model Year 2027 développée avec le Gruppo Zecchetto. Le partenariat couvre le développement, la production et la commercialisation de l’ensemble.

L’offre s’organise en trois familles. Le Monoscocca tient le volet route en versions R et RR, auxquelles s’ajoute un kit cadre. Le GraviaX occupe le créneau gravel en version R et en kit cadre. Les DM-160 R et DM-170 RR, également désignés Enduro 160 R et Enduro 170 RR, forment l’offre de VTT à assistance électrique.

Un détail de la fiche technique mérite plus d’attention que le reste. Les deux VTT électriques ne reçoivent pas un moteur développé par Ducati, mais l’Avinox M2S, développé par Avinox, la marque de motorisation pour vélos électriques du groupe chinois DJI, mieux connu pour ses drones et ses caméras stabilisées.

Un moteur DJI sur les deux VTT électriques

L’Avinox M2S affiche 1 300 watts de puissance maximale et 130 Nm de couple, valeur portée à 150 Nm en mode Boost. La batterie intégrée annonce 800 Wh. Ces chiffres placent l’ensemble dans le haut du marché du VTT électrique, sur un segment où la course à la puissance s’est accélérée ces deux dernières années.

Le choix du fournisseur n’est pas anodin. DJI s’est implanté sur le marché des transmissions de vélos électriques avec la marque Avinox, en s’appuyant sur ses compétences en électronique de puissance et en motorisation compacte. Un constructeur moto italien vient donc chercher sa chaîne de traction électrique chez un spécialiste chinois de l’électronique grand public.

Le couple de 150 Nm en mode Boost situe la mesure de l’écart avec les standards d’il y a cinq ans, quand les moteurs de VTT électriques plafonnaient autour de 85 Nm. Cette montée en puissance explique aussi les masses annoncées, la structure du cadre et les composants devant encaisser des efforts nettement supérieurs.

Deux e-enduro à 7 990 et 9 490 euros

Le DM-160 R est facturé 7 990 euros. Ducati le présente comme un e-enduro pensé pour maximiser l’efficacité en montée et libérer la vitesse en descente. Il adopte des roues de 29 pouces à l’avant comme à l’arrière et une fourche de 160 mm de débattement, conformément à sa désignation.

Le DM-170 RR passe à 9 490 euros et vise les lignes les plus raides et les sections techniques les plus exigeantes. Il adopte une configuration mullet, avec une roue de 29 pouces à l’avant et de 27,5 pouces à l’arrière, pour 170 mm de débattement à la fourche. Sa dotation comprend une suspension Öhlins et une transmission SRAM GX AXS.

Les deux modèles partagent un cadre en fibre de carbone à géométrie réglable par flip-chip. Ce dispositif permet de modifier l’angle de direction et la hauteur du boîtier de pédalier sans changer de pièce, une solution devenue courante sur les VTT électriques de ce niveau de prix.

Les masses annoncées réservent une surprise. Le DM-170 RR est donné à 22,8 kg en taille S2, contre 23,4 kg pour le DM-160 R dans la même taille. Le modèle le plus orienté descente est donc paradoxalement le plus léger des deux, avec 600 grammes d’écart selon les valeurs annoncées.

Le Monoscocca RR grimpe à 12 990 euros

La route constitue le sommet tarifaire de la gamme. Le Monoscocca R est affiché à 8 590 euros et le Monoscocca RR à 12 990 euros, tandis que le kit cadre seul est proposé à 4 990 euros. Ces niveaux placent le modèle face aux références établies du vélo de route haut de gamme.

Le Monoscocca RR est annoncé à 7,18 kg en taille M, sans les pédales. Son cadre carbone monocoque, de fabrication italienne, accepte des pneus jusqu’à 32 mm de section. Le rapport stack sur reach s’établit à 1,42 en taille M, une valeur correspondant à une position allongée et typée compétition.

Le GraviaX R ouvre la gamme complète à 5 990 euros, le kit cadre gravel descendant à 2 790 euros. Il adopte une géométrie plus haute, avec un rapport stack sur reach de 1,46, accepte des pneus jusqu’à 50 mm et affiche 8,2 kg en taille M sans pédales.

Ces écarts de géométrie racontent l’essentiel. Un dégagement de 32 mm en route correspond aux standards actuels, loin des 25 mm d’il y a dix ans. Le passage à 50 mm sur le gravel autorise de vrais chemins, ce qui distingue le GraviaX d’un vélo de route à pneus larges.

Zecchetto, Diamant et une liste de champions

Le Gruppo Zecchetto assure le volet industriel de l’opération. La société Diamant S.r.l. fournit les composants en fibre de carbone, tandis que DMT et Alè Cycling apparaissent comme partenaires de marque. Ducati apporte pour sa part son nom, son réseau et son vocabulaire de marque.

Le développement a mobilisé plusieurs anciens coureurs. Elia Viviani, Vincenzo Nibali, Alessandro Petacchi et Mattia Viel ont participé aux essais et à la validation des modèles route et gravel. Lorenzo Suding est intervenu sur le développement des VTT électriques.

Antonio Cairoli occupe le rôle de pilote d’essai. Le neuf fois champion du monde de motocross apporte une caution sportive cohérente avec l’univers hors route des deux e-enduro. Claudio Domenicali, directeur général de Ducati, et Philippe Zecchetto accompagnent l’annonce côté dirigeants.

Une extension de marque pendant que Volkswagen étudie une vente

Le calendrier de cette diversification interroge. Ducati appartient au groupe Volkswagen via Audi, et nous avions relevé que le constructeur allemand passait 600 filiales au crible avec Ducati de nouveau sur la liste. Gernot Döllner, directeur général d’Audi, a confirmé début septembre qu’une cession était à l’étude.

Aucune décision n’a été annoncée à ce jour. Le dossier en reste au stade de l’évaluation, dans un exercice de revue de portefeuille qui touche de nombreuses activités du groupe. Le même mouvement produit ailleurs une liste de dix modèles que Volkswagen s’apprêterait à sacrifier.

Deux lectures restent possibles et aucune n’est confirmée. Une extension de marque peut renforcer la valorisation d’un actif que l’on envisage de céder, comme elle peut traduire une confiance dans son maintien. Le dirigeant qui arbitre ce dossier est par ailleurs celui qui a fait de l’efficience le nouveau discours premium d’Audi.

L’exercice de l’extension de marque reste courant dans l’industrie. Lamborghini a ainsi habillé une Urus unique aux couleurs de Master Chief pour Halo, sur un registre purement promotionnel. La différence tient ici à l’existence d’une gamme complète, d’un partenaire industriel dédié et d’un site de vente propre.

Le vélo électrique haut de gamme constitue de son côté un marché en structuration. Nous avons déjà traité le carbone comme nouvelle frontière de la mobilité légère et la transmission par courroie carbone comme norme émergente. Les constructeurs moto y voient un prolongement naturel de leur savoir-faire.

Reste la question de fond pour l’amateur. La nouvelle gamme Ducati résulte d’un développement mené avec un partenaire industriel spécialisé, tandis que les VTT électriques utilisent une motorisation fournie par Avinox. Elle constitue donc davantage une extension de l’univers Ducati réalisée avec des spécialistes du cycle qu’une transposition directe de son savoir-faire motocycliste.


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Faris Bouchaala est Directeur de publication et Rédacteur en chef de MotorsActu, média automobile français fondé en 2018. Journaliste automobile depuis plus de 14 ans, il couvre l’actualité automobile française et européenne, avec un focus sur les essais, les nouveautés constructeurs, l’électrification et les technologies embarquées.

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