Nicola Romeo : Ingénieur et entrepreneur italien, Nicola Romeo est l’homme qui reprend A.L.F.A. en 1915 et donne naissance à Alfa Romeo, en posant les bases de son ADN sportif et industriel.

Le 28 avril 1876, à Sant’Antimo près de Naples, naissait Nicola Romeo. Ingénieur de formation, entrepreneur par vocation, c’est lui qui rachète en 1915 l’Anonima Lombarda Fabbrica Automobili — A.L.F.A. — alors en liquidation, et lui insuffle une ambition qui allait forger l’identité d’une des marques automobiles les plus aimées au monde. 2026 marque le 150e anniversaire de sa naissance.

De Naples à Milan, un parcours forgé dans l’adversité

Issu d’une famille modeste et nombreuse, Nicola Romeo fait preuve dès ses années d’études d’une détermination qui ne le quittera jamais. Il obtient des diplômes d’ingénierie civile et électrique à Naples puis à Liège, avant de se former au contact d’entreprises britanniques et américaines dans le secteur ferroviaire. En 1906, il fonde à Milan « Ing. Nicola Romeo & C. », spécialisée dans l’importation de machines américaines de génie civil.

Pendant la Première Guerre mondiale, son entreprise se développe et diversifie ses activités. C’est dans ce contexte qu’il reprend A.L.F.A., dont la production est alors reconvertie au profit de l’effort de guerre. L’opération assoit sa réussite industrielle. En 1918, il ouvre le capital à de nouveaux investisseurs et rebaptise l’entreprise, qui prend pour la première fois le nom d’Alfa Romeo — l’union du sigle fondateur et du patronyme de celui qui lui donne une nouvelle vie.

La course comme laboratoire d’innovation

Pour Nicola Romeo, la compétition automobile n’est jamais un objectif en soi. C’est un outil stratégique : promouvoir les modèles de série, développer un savoir-faire technologique de pointe, et transférer ces avancées vers les voitures destinées au grand public. Une vision qui résonne encore aujourd’hui dans la façon dont Alfa Romeo communique sur ses liens entre piste et route.

La victoire à la Targa Florio en 1923 marque une étape importante — la première victoire internationale d’Alfa Romeo. Mais c’est la rencontre de deux hommes qui va propulser la marque au sommet. Enzo Ferrari, alors pilote et directeur de l’équipe de course Alfa Romeo, convainc Nicola Romeo de faire venir Vittorio Jano depuis Fiat à Milan. De cette collaboration naît la P2, monoplac de Grand Prix d’une conception révolutionnaire, qui permet à Alfa Romeo de remporter le premier Championnat du monde des constructeurs automobiles en 1925. Fort de ces succès, Jano est nommé directeur technique et signe quelques années plus tard les légendaires 6C puis les iconiques 8C — deux lignées qui restent parmi les plus admirées de l’histoire du design automobile.

Un héritage qui dépasse sa propre biographie

À la fin de 1921, l’État italien prend le contrôle d’Alfa Romeo par l’intermédiaire des banques. Nicola Romeo conserve la direction générale pendant plusieurs années, accompagnant cette transition avec expérience et lucidité, avant de quitter ses fonctions en 1928. L’année suivante, il est nommé Sénateur du Royaume — une reconnaissance de sa contribution à l’industrie italienne qui va bien au-delà du seul secteur automobile. Il s’éteint le 15 août 1938 à Magreglio.

Ce que Nicola Romeo a bâti en moins de quinze ans à la tête d’Alfa Romeo — une culture de la performance, une exigence technique héritée de la compétition, une identité de marque portée par des victoires dans les courses les plus prestigieuses — continue de définir l’ADN du Biscione un siècle plus tard. Les P2, 6C et 8C de son époque continuent de fasciner au Musée Alfa Romeo d’Arese et dans les grands rassemblements internationaux. L’homme a disparu en 1938, mais son nom, lui, figure toujours sur chaque voiture qui sort de Cassino ou d’Arese.

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Faris Bouchaala est Directeur de publication et Rédacteur en chef de MotorsActu, média automobile français fondé en 2018. Journaliste automobile depuis plus de 14 ans, il couvre l’actualité automobile française et européenne, avec un focus sur les essais, les nouveautés constructeurs, l’électrification et les technologies embarquées.

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