Volkswagen imagine un curieux dispositif contre l’irritation au volant. Le constructeur allemand a déposé auprès de l’office fédéral des brevets DPMA une demande décrivant un petit insert tactile logé dans la jante du volant, placé sous les doigts du conducteur lorsque les mains sont en position normale. L’idée : offrir un objet à triturer pour évacuer le stress sans quitter les yeux de la route.
Le brevet ne garantit pas une mise en production, mais son dépôt confirme la volonté du groupe de continuer à explorer les micro-innovations d’habitacle.
Quatre variantes et une pièce interchangeable
Le brevet détaille plusieurs déclinaisons possibles du module. La première mise sur une surface souple et déformable en caoutchouc à alvéoles, du type des accessoires antistress vendus en papeterie. La deuxième propose une plaque métallique texturée, sensible sous la pulpe des doigts. La troisième repose sur des petites billes libres de rouler dans un logement dédié.
La variante technique la plus intéressante reste la dernière : un interrupteur en acier à ressort embouti, qui se plie sous la pression avant de franchir brusquement une position instable, produisant un clic net. Un mécanisme proche de celui utilisé dans certains accessoires de bureau ou dans les capuchons de stylos rétractables. La pièce est décrite comme interchangeable, ouvrant la porte à une commercialisation en accessoire personnalisable, éventuellement vendu comme catalogue d’options par la marque.
Une contradiction avec le virage ergonomique du groupe
L’annonce détonne avec la trajectoire récente de Volkswagen sur les questions d’interaction cabine. Après avoir été critiqué pendant des années pour ses sliders capacitifs et ses menus tactiles complexes, le groupe a fait son mea culpa et rétabli progressivement les commandes physiques. Le cockpit de la nouvelle ID. Polo avait déjà officialisé le retour des vrais boutons dès janvier, et la future Golf 9 dévoilée récemment ramène les commandes physiques pour la climatisation et le volume audio.
L’insert antistress s’inscrit dans une logique différente. Il n’a pas de fonction de commande, ne pilote ni la climatisation ni le volume, ne remplace aucun bouton existant. Il vise uniquement l’apaisement du conducteur, une piste que peu de constructeurs ont explorée jusqu’ici sur un volant de série. La rupture avec les touches capacitives, elle, ne concerne pas ce module puisqu’il reste dans le domaine du tactile passif.
Un effet apaisant à démontrer
Reste la question centrale de l’utilité réelle. Les jouets antistress commercialisés dans le grand public (balles à malaxer, cubes fidget, pop-its) n’ont jamais fait l’objet d’études scientifiques validant leur effet apaisant sur les adultes. Certaines recherches ergonomiques évoquent un intérêt pour concentrer l’attention chez les enfants ou les personnes souffrant de troubles anxieux, mais aucun consensus n’existe sur le transfert à la conduite automobile.
Volkswagen ne s’engage sur aucune fiche technique et ne cite aucune étude interne. La marque explore un concept, dépose un brevet pour préserver son droit, et laissera le marché juger de l’accueil. Le brevet peut aussi rester lettre morte pendant plusieurs années avant qu’une éventuelle mise en série soit envisagée. Le cas typique d’une micro-innovation qui interpelle, mais que rien ne garantit voir arriver un jour dans une concession.
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