Le doute n’est plus permis. Les documents officiels de l’Investor Day Stellantis du 21 mai à Auburn Hills ont formellement confirmé ce que les spottings au Maroc laissaient déjà présager : le Fiat Grizzly sera bien commercialisé sous deux carrosseries distinctes, un SUV compact traditionnel et un coupé-SUV à silhouette fastback — une approche similaire à ce que fait Peugeot avec son 408 sur les segments C/D.

C’est la première fois que Stellantis officialise simultanément les deux versions dans un document de présentation aux investisseurs, confirmant que les deux silhouettes relèvent d’une décision industrielle arrêtée et non d’une simple piste d’exploration. Les deux modèles se positionneront comme des versions élargies de l’univers Grande Panda, pour cibler directement les marchés du Dacia Duster et du Skoda Kamiq à partir de 2027.

La plateforme Smart Car pour contenir les coûts

Le choix technique du Grizzly ne surprend pas. Stellantis s’appuiera sur sa plateforme Smart Car, déjà utilisée avec succès sur le Grande Panda, la Citroën C3 et l’Opel Frontera. Cette architecture partagée constitue l’un des piliers de la stratégie de mutualisation poussée par Antonio Filosa dans le cadre de FaSTLAne 2030 : un maximum de modèles sur un minimum de bases techniques, pour réduire les coûts de développement et accélérer les délais de mise sur le marché.

La gamme de motorisations suivra logiquement les variantes déjà proposées sur le Grande Panda : un bloc essence 1.2 litre en version thermique pure, une déclinaison mild hybrid avec le même moteur associé à un petit moteur électrique et une boîte automatique six rapports, et enfin deux versions 100 % électriques. Ces dernières reprendraient vraisemblablement les configurations déjà éprouvées sur l’Opel Frontera Electric : une batterie de 44 kWh et une autre de 54 kWh, offrant des autonomies dépassant les 390 kilomètres WLTP dans les meilleures conditions.

Un prix sous les 27 000 euros pour cibler Dacia et Skoda

Le positionnement commercial est clair. Fiat vise un ticket d’entrée autour de 27 000 euros — ce qui placerait le Grizzly SUV dans une fenêtre tarifaire compétitive face à ses principaux concurrents : le Dacia Duster démarre à environ 25 000 euros en France, tandis que le Skoda Kamiq pointe au-delà des 29 000 euros. La déclinaison coupé-SUV, naturellement plus haut de gamme, se positionnera légèrement au-dessus.

Cette équation tarifaire n’est possible que grâce à la mutualisation des investissements avec le Grande Panda, la Citroën C3 Aircross et l’Opel Frontera, qui partagent les mêmes fournisseurs, les mêmes processus d’assemblage et les mêmes lignes de production. Fiat bénéficie ici directement du travail de volume accompli par ses sœurs de gamme.

Un modèle de plus dans l’offensive Fiat 2026-2030

Le Grizzly n’est pas le seul projet annoncé pour Fiat dans les prochaines années. La marque italienne, qui fait partie des quatre « marques mondiales » prioritaires du plan FaSTLAne 2030, construit simultanément plusieurs modèles complémentaires dans différents segments. L’E-Car électrique abordable prévue à moins de 15 000 euros, produite à partir de 2028 à Pomigliano d’Arco, incarnera l’entrée absolue de gamme. Une nouvelle Panda électrique inspirée du modèle historique est également dans les cartons pour accompagner la 2 CV Citroën sur le segment des petites électriques urbaines. Et une micro-voiture à quatre places viendra se positionner juste au-dessus du Topolino, le quadricycle électrique actuellement vendu par la marque.

Le Grizzly occupe donc un espace bien précis dans cette architecture de gamme : le segment C, entre la Grande Panda (segment B) et les futurs SUV plus grands qui pourraient suivre. Fiat entend ainsi couvrir l’ensemble de la pyramide des SUV européens, de l’ultra-abordable au medium premium, en multipliant les carrosseries pour maximiser la couverture commerciale sans multiplier les plateformes techniques.

Pour les acheteurs français et européens, le Grizzly représente une entrée attendue de Fiat sur un segment où la marque était jusqu’ici absente. Le Duster, le Kamiq ou l’Opel Frontera lui-même sont des références établies — et le Grizzly, s’il tient ses promesses tarifaires et techniques, aura des arguments sérieux à faire valoir dès son arrivée sur le marché l’an prochain.

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Faris Bouchaala est Directeur de publication et Rédacteur en chef de MotorsActu, média automobile français fondé en 2018. Journaliste automobile depuis plus de 14 ans, il couvre l’actualité automobile française et européenne, avec un focus sur les essais, les nouveautés constructeurs, l’électrification et les technologies embarquées.

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