Mercedes-Benz lance un rappel aux États-Unis portant sur 144 049 véhicules des années modèle 2024 à 2026. Le défaut identifié concerne l’unité de contrôle multimédia, qui peut redémarrer de façon intempestive pendant la conduite, provoquant l’extinction complète du combiné d’instruments numérique. Le problème est corrigé par une mise à jour logicielle gratuite en concession.
Les modèles concernés
Le rappel touche plusieurs modèles emblématiques de la gamme Mercedes-Benz et AMG commercialisés en Amérique du Nord : l’AMG GT, la Classe C, la Classe E, le SL, le CLE et le GLC. Tous les exemplaires des années modèle 2024, 2025 et 2026 équipés de la même unité de contrôle multimédia sont potentiellement concernés. Le fait que le rappel s’étende sur trois années modèles consécutives et six lignes de produits différentes — des plus accessibles de la gamme comme la Classe C aux modèles les plus exclusifs comme l’AMG GT et le SL — indique que le défaut est lié à un composant ou un logiciel partagé à grande échelle au sein de l’architecture électronique du constructeur.
Pourquoi l’extinction d’un écran devient un problème de sécurité
Il y a encore dix ans, un bug d’écran sur une voiture relevait du désagrément. Aujourd’hui, dans les véhicules modernes où l’instrumentation est entièrement numérique, la disparition du combiné d’instruments équivaut à la suppression simultanée de toutes les informations essentielles à la conduite en toute sécurité. Vitesse, régime moteur, avertissements de sécurité actifs, alertes de température, indicateurs de niveaux critiques, signaux des aides à la conduite — tout s’efface en un instant si l’unité multimédia redémarre de façon inattendue.
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Dans les conditions les plus défavorables — autoroute à vitesse soutenue, nuit, conditions météorologiques dégradées — conduire sans combiné d’instruments pendant plusieurs secondes, le temps que le système redémarre, représente une situation potentiellement dangereuse. La NHTSA, l’agence américaine de sécurité routière qui a enregistré ce rappel, a été cohérente dans sa jurisprudence récente : tout défaut qui prive le conducteur d’informations essentielles en cours de conduite justifie une campagne de rappel, même si le risque d’accident direct est difficile à quantifier.
Une correction logicielle, pas un remplacement matériel
La bonne nouvelle pour les propriétaires concernés est que la correction est entièrement logicielle. Une mise à jour de l’unité de contrôle multimédia, déployée en concession, empêchera tout redémarrage intempestif du système. L’opération est gratuite et ne nécessite pas de remplacement de composants — un avantage significatif comparé aux rappels qui imposent des remplacements mécaniques avec des délais de prise en charge potentiellement longs selon la disponibilité des pièces.
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Ce rappel illustre une tendance structurelle dans l’industrie automobile contemporaine. Alors que les véhicules intègrent des architectures électroniques de plus en plus complexes — et que l’instrumentation physique disparaît progressivement au profit d’écrans numériques — la fiabilité du logiciel devient un enjeu de sécurité à part entière. Mercedes-Benz n’est pas le seul constructeur à faire face à ce type de défi : Ford, Volkswagen, Hyundai et Tesla ont tous lancé des rappels liés à des défauts logiciels ces dernières années.
Les propriétaires américains des modèles concernés sont invités à vérifier leur numéro VIN auprès d’un concessionnaire Mercedes-Benz ou à attendre la notification officielle que la marque est tenue d’adresser par courrier. Ce rappel ne concerne que le marché américain selon les données NHTSA disponibles — aucune campagne équivalente n’a été annoncée en Europe à ce stade.





