Ford cumule 34 campagnes de rappel aux États-Unis depuis le 1er janvier 2026, touchant 9 812 890 véhicules au 5 mai — auxquelles s’ajoute une campagne distincte concernant 2 633 chauffe-moteurs. À ce rythme, le constructeur américain est en passe de se rapprocher du total de l’année précédente, qui avait établi un record avec 153 campagnes impliquant près de 13 millions de véhicules.

Le plus grand rappel de l’année : 4,38 millions de véhicules pour un bug de freinage de remorque

La campagne la plus importante en volume concerne 4,38 millions de véhicules, dont le Ford F-150 des millésimes 2021 à 2026, le Super Duty 2022-2026, le Maverick, l’Expedition, le Ranger, l’E-Transit et le Lincoln Navigator. Le défaut identifié est un bug logiciel susceptible de désactiver les freins et les feux d’une remorque connectée — un problème de sécurité potentiellement grave pour les propriétaires qui utilisent ces véhicules pour tracter. Ford prévoit de corriger le défaut via une mise à jour à distance, sans passage obligatoire en atelier.

Trois autres campagnes significatives s’y ajoutent. Près de 1,39 million de Ford F-150 des millésimes 2015-2017 sont rappelés pour un risque de rétrogradation brutale de boîte de vitesses pouvant entraîner une perte de contrôle — un défaut de sécurité active sérieux. 889 950 véhicules sont concernés par une image de caméra de recul défectueuse, et 849 310 par une possible panne d’affichage. Des problèmes d’essuie-glaces affectent des centaines de milliers d’Escape, Explorer, Expedition, Super Duty et Lincoln.

Des défauts plus dangereux dans le détail

Au-delà des volumes, certains rappels concernent des défauts à risque élevé. Les chauffe-moteurs présentent un risque de court-circuit ou d’incendie. Des problèmes de batterie haute tension ont été identifiés sur l’E-Transit, l’Escape PHEV et le Lincoln Corsair PHEV. La liste inclut également des défaillances de freins, de ceintures de sécurité, d’airbags, de pompe à essence et de fixations de siège — des composants de sécurité passive et active dont la défaillance peut avoir des conséquences directes en cas d’accident.

Un contexte de pression réglementaire et de reconstruction de la qualité

Ford subit la pression des rappels et des coûts de garantie depuis plusieurs années. En 2024, la NHTSA avait infligé une amende au constructeur pour non-respect des exigences fédérales en matière de campagnes de rappel. Ford a depuis accepté de réviser ses procédures internes et de tenir des réunions régulières avec le régulateur dans le cadre d’un accord sur trois ans.

Le constructeur justifie cette accumulation de rappels par une stratégie délibérée d’identification et de correction plus rapide des problèmes — matériels et logiciels. Ford indique avoir plus que doublé ses équipes de sécurité et techniques, et étendu les tests des systèmes critiques. Une lecture optimiste qui n’est pas dénuée de fondement : identifier et corriger rapidement un défaut vaut mieux que de le laisser se manifester sur la route. Mais à près de 10 millions de véhicules rappelés en cinq mois, la question de la confiance dans les processus de contrôle qualité du constructeur reste entière.

Pour rappel, cette session avait déjà traité la comparaison entre Ford et Mitsubishi sur le sujet des rappels aux États-Unis, Mitsubishi n’ayant comptabilisé que 150 campagnes sur l’ensemble de ses 40 années de présence sur le marché américain, contre 153 pour Ford sur la seule année 2025.

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Faris Bouchaala est Directeur de publication et Rédacteur en chef de MotorsActu, média automobile français fondé en 2018. Journaliste automobile depuis plus de 14 ans, il couvre l’actualité automobile française et européenne, avec un focus sur les essais, les nouveautés constructeurs, l’électrification et les technologies embarquées.

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