Un million de véhicules électriques conçus et produits en France : c’est le cap symbolique que Renault Group a annoncé avoir franchi ce 10 juillet, quinze ans après ses premiers pas dans l’électrique avec la Zoe et le Kangoo ZE.

Sur ce total, 600 000 unités sont sorties des chaînes d’ElectriCity, le pôle électrique du groupe dans le Nord, devenu en cinq ans le premier centre européen de production de véhicules électriques.

ElectriCity tourne à plein régime, porté par la R5

Le symbole de cette montée en puissance porte un nom : la Renault 5 E-Tech, produite à Douai. Le cap des 100 000 exemplaires a été franchi fin 2025, et le site s’apprête à dépasser les 200 000 unités cumulées dès cette année, un doublement en douze mois qui illustre la vigueur commerciale du modèle, accessible à partir de 18 810 euros une fois la prime Coup de Pouce de 6 180 euros déduite. À Maubeuge, berceau de l’aventure électrique du groupe depuis le Kangoo ZE de 2011, la Manufacture Sambrienne assemble la Renault 4 E-Tech, leader de son segment en France.

Cette dynamique se lit dans les effectifs. ElectriCity revendique 700 emplois pérennes créés entre 2022 et 2025, auxquels s’ajoutent 300 postes en cours de recrutement à horizon 2027. À Douai, une équipe de nuit à mi-cadence a démarré et 550 intérimaires ont été embauchés depuis octobre, avant une nouvelle hausse de cadence prévue en septembre pour suivre la demande. Le pôle nordiste affirme par ailleurs sa vocation multi-marques : après Renault, Alpine, Nissan et Mitsubishi, il accueillera prochainement des productions pour Ford, une confirmation qui renforce son statut de plateforme industrielle européenne de l’électrique.

Tout un écosystème mobilisé, des utilitaires au logiciel

Au-delà d’ElectriCity, ce sont tous les sites français du groupe qui participent à la transition : Douai, Maubeuge, Dieppe, Batilly et Sandouville pour la carrosserie-montage, Cléon, Ruitz et Le Mans pour la mécanique, et la Refactory de Flins pour l’économie circulaire. L’ensemble fait vivre près de 39 000 salariés directs et environ 35 000 emplois indirects chez les fournisseurs, tandis que 53 000 collaborateurs ont été formés aux métiers de l’électrification, des batteries et de l’intelligence artificielle via la Reknow University.

Les utilitaires ne sont pas en reste : Kangoo E-Tech à Maubeuge, Trafic Van E-Tech à Sandouville et Master E-Tech à Batilly composent une gamme complète, que le nouveau Trafic E-Tech viendra couronner fin 2026 en devenant, selon le groupe, le premier utilitaire européen à architecture SDV, pilotée par le logiciel. Renault appuie enfin son plaidoyer d’un argument d’usage : un plein d’électricité à domicile pour un peu plus de 8 euros et 100 kilomètres parcourus pour moins de 3 euros.

Renault Group - Infographie Courbe production EV

Les 13 milliards suivants ne sont pas un chèque en blanc

C’est la phrase la plus commentée du communiqué. Après avoir rappelé les 13 milliards d’euros investis depuis 2021 pour bâtir les chaînes de valeur de l’électrique en France, François Provost, le CEO de Renault Group, annonce que le groupe en investira 13 autres dans le cadre du plan futuREady, mais « si les conditions sont réunies ». Une incise qui sonne comme un message adressé aux pouvoirs publics, au moment où le soutien à la demande électrique, la fiscalité et le calendrier réglementaire européen font l’objet d’arbitrages permanents.

La séquence n’a rien d’innocent non plus face à la concurrence : le jour même où la Chine annonce avoir exporté plus d’un million de véhicules en un seul mois, Renault revendique son million d’électriques en quinze ans de production française. L’écart d’échelle dit toute la difficulté de l’équation, et le groupe assume d’y répondre par la valeur et la souveraineté plutôt que par les prix bas. Le million de Douai, Maubeuge et Flins est un jalon industriel réel.


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Faris Bouchaala est Directeur de publication et Rédacteur en chef de MotorsActu, média automobile français fondé en 2018. Journaliste automobile depuis plus de 14 ans, il couvre l’actualité automobile française et européenne, avec un focus sur les essais, les nouveautés constructeurs, l’électrification et les technologies embarquées.

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