Stellantis accélère la transition énergétique de son outil industriel. Le constructeur a annoncé le 5 juin que 68 % de la consommation électrique de ses activités industrielles en Europe provient désormais de sources décarbonées.
Au cœur de cette stratégie : un vaste déploiement d’installations photovoltaïques couvrant 27 sites de production sur le continent, pour une capacité installée supérieure à 500 mégawatts. Une démarche qui vise autant la réduction des émissions de CO2 que le renforcement de la compétitivité industrielle, dans un contexte de volatilité des prix de l’énergie.
500 MW de solaire et jusqu’à 80 % d’autoconsommation sur certains sites
Le solaire constitue le pilier de cette offensive verte. Des projets photovoltaïques ont été réalisés ou sont en cours sur 27 sites industriels européens, déployés selon les configurations en toiture, en ombrières de parking ou au sol. Le modèle économique privilégié est le contrat d’achat d’électricité sur site (Power Purchase Agreement), par lequel un partenaire énergétique gère l’ensemble du cycle de vie des installations, avant un transfert de propriété à Stellantis au terme du contrat.
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Les résultats attendus sont significatifs. En 2026, l’autoconsommation sur site devrait représenter 31 % de l’énergie utilisée par les usines européennes du groupe, certains sites pilotes visant des niveaux nettement supérieurs. À Tychy, en Pologne, le taux d’autoconsommation pourrait atteindre environ 60 % d’ici fin 2026. À Saragosse, en Espagne, où un système hybride combine production solaire et éolienne, ce taux pourrait grimper jusqu’à 80 %. Une fois pleinement opérationnelles, ces installations devraient permettre d’éviter plus de 100 000 tonnes d’émissions de CO2 par an.
Le stockage par batteries pour optimiser et stabiliser le réseau
En complément du solaire, Stellantis déploie des systèmes de stockage d’énergie par batteries, appelés BESS (Battery Energy Storage Systems). Le programme concernera 20 sites industriels en Europe, pour une capacité totale de stockage d’environ 200 MWh, déployée en deux phases. Sept sites doivent être opérationnels d’ici 2026, le reste sur une période de trois ans.
Ces batteries remplissent une double fonction. D’une part, elles maximisent l’autoconsommation en stockant l’énergie solaire excédentaire pour la restituer lorsque la production faiblit. D’autre part, pilotées par des systèmes avancés de gestion de l’énergie, elles peuvent fournir des services au réseau électrique en coordination avec les opérateurs locaux, contribuant à sa stabilité. Le site de Madrid, en Espagne, déjà équipé d’un tel système, sert de pilote pour la standardisation de cette solution à l’échelle du groupe.
La France au cœur de la diversification énergétique
Les sites français occupent une place de choix dans cette stratégie de diversification. Le constructeur ne mise pas uniquement sur le solaire et l’éolien, mais explore aussi la géothermie et la biomasse. L’installation géothermique du site de Caen, inaugurée l’an dernier, constitue une première mondiale pour Stellantis et l’une des premières applications industrielles de cette technologie en France : elle couvre environ 30 % des besoins énergétiques du site en fournissant chaleur renouvelable et froid pour les processus industriels.
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La biomasse est également déployée sur plusieurs sites hexagonaux. À Rennes, un réseau de chaleur zéro carbone reposant sur de la biomasse locale a été lancé en 2025. Les sites de Sochaux et Vesoul, en France, ainsi que ceux de Trnava en Slovaquie et de Kragujevac en Serbie, ont récemment adopté des solutions similaires. Cette diversification du mix énergétique vise à renforcer la résilience du groupe face aux aléas d’approvisionnement et à la flambée des prix de l’énergie qui a fragilisé l’industrie européenne ces dernières années.
L’ensemble de ces initiatives s’appuie sur un cadre de gouvernance solide : 89 % des sites industriels européens de Stellantis sont certifiés selon la norme ISO 50001 relative au management de l’énergie. Pour Francesco Ciancia, responsable mondial de la production du groupe, la gestion de l’énergie constitue un catalyseur essentiel de la feuille de route de décarbonation, permettant à la fois de réduire les émissions, de renforcer l’autonomie énergétique et d’améliorer la compétitivité de l’empreinte industrielle.
Au-delà de l’argument environnemental, cette stratégie répond à une logique économique de fond. En produisant sa propre électricité et en se protégeant de la volatilité des marchés, Stellantis sécurise ses coûts de production sur le long terme — un enjeu crucial alors que le groupe, comme l’ensemble des constructeurs européens, cherche à préserver la rentabilité de ses usines face à la pression chinoise et aux incertitudes du marché. La transition énergétique devient ainsi un levier de compétitivité autant qu’un engagement climatique.





