Une Ferrari F50 qui aurait été confiée à Michael Schumacher en personne vient d’être identifiée, avec à peine 3 000 miles au compteur et une histoire qui commence dans une société allemande de carton. La découverte revient à Curated, spécialiste américain des voitures de collection d’exception, qui affirme avoir retracé le parcours de cet exemplaire jusqu’aux années monégasques du septuple champion du monde.
Une enquête dans les archives de Maranello
Chez Curated, la recherche de provenance est un métier à part entière. Les équipes du spécialiste de Miami passent des mois à éplucher registres, documents d’immatriculation et correspondances pour reconstituer la vie de voitures dont la carrosserie ne dit plus rien.
Une F50 a fini par retenir leur attention. La voiture semblait déjà désirable en soi, mais son passé restait entouré de rumeurs persistantes. Pour trancher, Curated se serait tourné vers Marcel Massini, historien considéré comme la référence mondiale sur la marque au cheval cabré.
Selon les éléments réunis, cette F50 ferait partie de deux exemplaires conservés par Ferrari à l’époque, avant d’être mis à disposition de Michael Schumacher durant ses années au sein de la Scuderia.
Immatriculée par un cartonnier, conduite par un champion
Le détail le plus savoureux du dossier tient à l’immatriculation d’origine. La voiture aurait d’abord été enregistrée au nom de Safret, une société allemande spécialisée dans le carton. Une couverture administrative banale en apparence, qui masquait un usage nettement plus prestigieux.
Marcel Massini aurait confirmé le prêt au pilote allemand. Schumacher aurait utilisé cette F50 en 1999 entre Monaco et le sud de la France, à une période charnière où il incarnait déjà le renouveau de Ferrari, juste avant la moisson de titres du début des années 2000. L’auto aurait ensuite été vendue à Monaco par l’intermédiaire de Monaco Motors, puis conservée pendant des années dans la collection d’un grand amateur de la marque.
Moins de 5 000 kilomètres en près de trois décennies
Le pedigree ne fait pas tout. L’état de conservation de cet exemplaire impressionne tout autant. Le compteur afficherait un peu plus de 3 000 miles, soit moins de 5 000 kilomètres parcourus depuis sa sortie d’usine.
Le tissage du carbone resterait parfaitement lisible sur l’ensemble des panneaux de carrosserie, un détail précieux sur une voiture dont la coque et les éléments extérieurs exploitent massivement ce matériau. Plus qu’une F50 rare, Curated décrit une véritable capsule temporelle, figée entre l’âge d’or des supercars des années 1990 et les premières grandes années de Schumacher à Maranello.
La F50, mal-aimée devenue trésor
Produite à 349 exemplaires seulement entre 1995 et 1997, la F50 embarque un V12 atmosphérique de 4.7 litres directement dérivé de la Formule 1, monté porteur sur une coque en fibre de carbone. Radicale, bruyante, exigeante, elle a longtemps vécu dans l’ombre de la F40 puis de l’Enzo.
Le marché a fini par réviser son jugement. Les collectionneurs redécouvrent depuis plusieurs années son lien technique unique avec la F1 et sa rareté supérieure à celle de la F40, produite à plus de 1 300 unités. Sa cote a suivi, avec une progression spectaculaire qui la place désormais au-dessus de son aînée dans les grandes ventes aux enchères, un phénomène qui touche l’ensemble des Ferrari des années 90.
Le nom Schumacher comme multiplicateur
Une F50 est déjà un objet à part. Une F50 associée à Michael Schumacher change de dimension. Dans le monde de la collection, ce type de provenance transforme la perception d’une voiture bien au-delà de sa fiche technique.
Cet exemplaire renvoie au moment précis où Ferrari reconstruisait sa légende moderne autour d’un homme et d’une équipe. Si l’authentification se confirme, sa prochaine apparition en vente publique promet des débats animés entre commissaires-priseurs. Les F50 standard s’échangent déjà autour de 4 à 5 millions d’euros. Celle-ci jouera dans une autre catégorie.
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