Un animal surgit dans un virage sans visibilité. Votre Volvo le détecte et, quelques secondes plus tard, la voiture qui arrive derrière vous en est prévenue. C’est le principe des quatre nouvelles alertes que le constructeur suédois déploie par mise à jour logicielle sur ses EX60, EX90 et ES90, en Europe comme en Amérique du Nord.

Quatre dangers signalés en temps réel

Deux des nouvelles alertes visent ce qui bouge sur la chaussée. La première concerne les grands animaux, sangliers et cervidés en tête, détectés sur la route ou à ses abords, un fléau qui provoque plusieurs dizaines de milliers de collisions par an en France. La seconde couvre les usagers vulnérables et signale la présence de piétons ou de cyclistes repérés en amont, y compris lorsqu’ils circulent en bordure de voie.

Les deux autres relèvent de l’infrastructure : un chantier détecté sur l’itinéraire déclenche l’alerte Travaux, tandis qu’un accident survenu plus loin remonte en croisant les données des Volvo connectées avec celles des centres de gestion du trafic. Ces quatre nouveautés viennent s’ajouter aux alertes Route glissante et Feux de détresse, en service depuis plusieurs années déjà.

La particularité du dispositif tient à sa source d’information, puisque votre voiture ne vous protège pas avec ses propres capteurs mais exploite ceux des véhicules qui vous précèdent. Chaque Volvo qui détecte un danger le transmet au réseau, et l’alerte remonte vers ceux qui approchent, ce qui rend le système d’autant plus efficace que le parc connecté grandit.

Volvo revendique aujourd’hui plus d’un million de véhicules activés dans le monde. Ce fonctionnement prend tout son sens dans les situations où le conducteur ne peut rien anticiper par lui-même, qu’il s’agisse d’un virage sans dégagement, de brouillard ou d’une pluie battante qui réduit la visibilité à quelques dizaines de mètres.

Volvo propose une nouvelle software update qui améliore la sécurité - L’alerte grands animaux
le système vise en priorité les situations de faible visibilité | © Volvo

Une Volvo peut prévenir une Renault

Le volet le plus inhabituel de cette annonce concerne le partage des données au-delà de la marque. Via l’écosystème européen Data for Road Safety, les alertes peuvent être transmises à des véhicules d’autres constructeurs et aux centres nationaux de gestion du trafic, ce qui signifie qu’une Volvo est capable de prévenir une Renault d’un obstacle.

Cette mutualisation reste rare dans une industrie où les données de conduite sont traitées comme un actif propriétaire, jalousement gardé et parfois revendu. Volvo en fait au contraire un argument de sécurité collective, dans la continuité de son objectif « Zéro collision » que rappelle Åsa Haglund, directrice du Centre de sécurité de la marque, en soulignant que chaque véhicule qui partage une information aide les autres conducteurs à anticiper.

Une mise à jour, deux nouveautés

La même mise à jour logicielle apporte un second volet, cette fois sur le terrain de l’agrément. Le mode Spatial Audio avec Dolby Atmos devient compatible avec Apple CarPlay sur les EX90 et ES90 équipées du système Bowers & Wilkins à 25 haut-parleurs, alors qu’il était jusqu’ici réservé aux sources natives du véhicule. S&P Global Mobility a par ailleurs identifié Volvo comme le seul constructeur historique à atteindre le niveau 5 des voitures définies par logiciel, celui où le véhicule gagne réellement des fonctions après l’achat plutôt que de simples correctifs. L’EX60 avait ainsi reçu Google Gemini par la même voie, pour analyser les panneaux de signalisation en temps réel.

Ce que Volvo ne dit pas

Les nouvelles fonctions de sécurité connectée arrivent sur les EX60, EX90 et ES90 en Europe, aux États-Unis et au Canada, avec un calendrier qui varie selon les modèles, tandis que le Spatial Audio dans CarPlay exige le système audio Bowers & Wilkins disponible en option ou selon la finition retenue à la commande. Le constructeur reste en revanche muet sur les paramètres qui conditionnent l’utilité réelle du dispositif, puisqu’aucune distance de détection, aucun délai de transmission de l’alerte et aucun taux de fiabilité ne sont communiqués.

Sur un système dont toute la valeur repose sur la vitesse à laquelle l’information circule d’un véhicule à l’autre, ces chiffres manquent cruellement. L’EX60 avait été présenté comme le modèle appelé à faire trembler BMW sur le terrain de la sécurité, et cette mise à jour va dans ce sens sans qu’on puisse encore le vérifier autrement qu’à l’usage.

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Faris Bouchaala est Directeur de publication et Rédacteur en chef de MotorsActu, média automobile français fondé en 2018. Journaliste automobile depuis plus de 14 ans, il couvre l’actualité automobile française et européenne, avec un focus sur les essais, les nouveautés constructeurs, l’électrification et les technologies embarquées.

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