Sur le segment du GPL, Dacia n’a quasiment plus de concurrence en Allemagne. Selon des informations diffusées récemment, la marque roumaine aurait capté 98 % du marché allemand des voitures neuves au gaz de pétrole liquéfié entre janvier et mai 2026, avec des ventes en hausse de 25 % sur la période. Un quasi-monopole qui confirme l’ancrage de la stratégie Eco-G sur ce marché.

La Sandero en tête, portée par tout le reste de la gamme

Le classement du segment resterait dominé par la Sandero Eco-G, avec 2 191 exemplaires écoulés sur la période, devant le Duster (1 532 unités), le Jogger (875 unités) et le Bigster (820 unités). Ce résultat confirme que la stratégie bicarburation de Dacia ne repose plus uniquement sur la citadine historique de la marque, mais irrigue désormais l’ensemble de la gamme, jusqu’au grand SUV Bigster.

En Allemagne, la Sandero Eco-G démarrerait à 14 790 €, tandis que le Bigster en version GPL serait facturé à partir de 23 990 €. Le réservoir dédié, porté à 50 litres, permettrait à la Sandero de parcourir jusqu’à 1 655 km en combinant les deux carburants.

Un avantage qui vient du prix du gaz, pas de la consommation

L’argument économique du GPL ne repose pas sur une consommation plus faible : un moteur bicarburation peut consommer jusqu’à 15 % de carburant en plus qu’une version essence équivalente sur la même distance. L’avantage vient entièrement du prix du litre, environ 50 % moins cher que l’essence en moyenne outre-Rhin.

Selon les calculs communiqués par le constructeur, un propriétaire de Sandero parcourant 20 000 km par an économiserait environ 580 € par rapport à une version essence, soit environ 2,9 € aux 100 km. L’écart grimperait à 650 € pour le Jogger, dépasserait 550 € pour le Bigster et atteindrait environ 410 € pour le Duster. Le système gaz d’origine ne toucherait pas au réservoir d’essence classique et n’affecterait pas la garantie constructeur habituelle.

Une stratégie assumée face à la pression réglementaire européenne

Cette performance allemande illustre concrètement pourquoi Dacia continue de miser sur le GPL alors même que la réglementation européenne pousse l’ensemble de l’industrie vers l’électrification. Pour une marque historiquement mal positionnée sur les émissions moyennes de CO₂ au sein du groupe Renault, le GPL reste un levier efficace : il abaisse les émissions par rapport à l’essence pure, tout en préservant l’argument prix qui fait l’ADN de la marque roumaine.

Le calcul économique fonctionne particulièrement bien pour les conducteurs à kilométrage élevé et disposant d’un accès facile aux stations GPL, encore relativement répandues en Allemagne. À l’heure où la plupart des constructeurs généralistes concentrent leurs efforts sur l’hybridation et l’électrique, Dacia démontre qu’une motorisation thermique optimisée peut encore capter un segment de marché entier, quasiment sans partage.


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Faris Bouchaala est Directeur de publication et Rédacteur en chef de MotorsActu, média automobile français fondé en 2018. Journaliste automobile depuis plus de 14 ans, il couvre l’actualité automobile française et européenne, avec un focus sur les essais, les nouveautés constructeurs, l’électrification et les technologies embarquées.

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