Stellantis a lancé le 8 septembre depuis Turin un label Carrosserie Toutes Marques pour son réseau Eurorepar Car Service. Il ouvre la réparation de carrosserie et le traitement des sinistres à tous les véhicules, quelle que soit leur marque, leur modèle ou leur âge, en dehors des réseaux constructeurs.
Le label identifie les ateliers disposant des compétences, de l’outillage et des procédures nécessaires. Il s’accompagne d’une formation technique dédiée, de normes de service client et de standards de réparation, sur un réseau qui pratiquait jusqu’ici essentiellement l’entretien mécanique.
L’expérimentation a démarré en Italie en juillet, où environ 300 ateliers Eurorepar Car Service proposaient déjà des prestations de carrosserie. Le déploiement doit s’étendre progressivement aux autres marchés européens, sans calendrier communiqué.
Le vrai sujet est le prix de la réparation
L’offre s’appuie sur l’écosystème multimarque de pièces du groupe, qui réunit les pièces d’origine Mopar, la gamme Eurorepar et les références remanufacturées ou issues du réemploi de la filière SUSTAINera. Le carrossier peut donc arbitrer entre neuf, remanufacturé et occasion selon l’âge du véhicule et le budget du client.
C’est cette flexibilité qui change la donne après un sinistre. Sur un véhicule de plus de sept ans, le coût d’une aile ou d’un pare-chocs neufs dépasse souvent la valeur résiduelle, et la voiture part à la casse faute d’alternative accessible. Une pièce de réemploi certifiée déplace le seuil de rentabilité de la réparation.
Le dispositif prévoit par ailleurs des accords avec des compagnies d’assurance et des gestionnaires de flottes, destinés à fluidifier la gestion des sinistres. C’est le point le plus déterminant pour l’automobiliste, puisque l’assureur oriente en pratique le choix de l’atelier dans la majorité des cas.
Un réseau de 6 200 ateliers dans 30 pays
Eurorepar Car Service existe depuis plus de vingt ans et revendique aujourd’hui plus de 6 200 ateliers répartis dans 30 pays. Le réseau se positionne sur la proximité et le tarif, face aux réseaux constructeurs comme aux enseignes de l’après-vente indépendante.
Cyril Billard, vice-président Stratégie, Après-vente indépendante et Canaux chez Stellantis et président d’Eurorepar Car Service, présente le label comme une extension naturelle de la promesse du réseau, à savoir un service professionnel quels que soient la marque et l’âge du véhicule.
Le groupe complète le dispositif par des accords avec des fournisseurs d’équipement, d’outillage, de produits de carrosserie et de systèmes de peinture. Il prolonge ainsi une stratégie déjà visible dans ses 20 000 transformations réalisées à Atessa et dans son centre de reconditionnement de véhicules d’occasion, deux activités qui captent de la valeur en aval de la vente de voitures neuves.
Restent à connaître le calendrier de déploiement en France, le nombre d’ateliers concernés et les noms des assureurs partenaires. Ces trois éléments décideront de la portée réelle du label pour un automobiliste français, qui n’a pour l’instant aucun moyen d’identifier un atelier labellisé près de chez lui.
L’orientation générale du groupe est cohérente. Alors que le plan FaSTLAne 2030 recentre les marques et réduit la voilure produit, l’après-vente multimarque devient un relais de marge qui ne dépend plus des volumes de véhicules neufs, à un moment où le groupe reste pourtant en tête du marché français.





