Le lancement international de deux nouveautés Ferrari à un mois d’intervalle ne s’était jamais produit. Après l’Amalfi en décembre au Portugal, Maranello gagne le sud de l’Espagne pour échapper au froid hivernal et faire tester aux journalistes une centrale nucléaire de 1050 chevaux, la Ferrari 849 Testarossa.
Le coupé jaune dédié à la route chausse des Pirelli PZero R alors que le rouge s’équipe du pack Assetto Fiorano comprenant des semi-slicks Michelin Pilot Sport Cup2 sur mesure pour les essais sur le circuit de Monteblanco.
Le V8 FC entièrement revu développe 208 chevaux par litre contre 780 chevaux pour SF90 Stradale. Batterie de 7,45 kWh permettant 25 kilomètres en mode eDrive jusqu’à 135 km/h. Accélération 0-200 km/h en 6,35 secondes. Vitesse maximale supérieure à 330 km/h. Appui aérodynamique de 415 kg à 250 km/h avec pack Assetto Fiorano facturé 51 660 euros incluant 30 kg d’allègement. Chrono Fiorano de 1’17,5 soit gain de 1,5 seconde versus SF90. Super malus français 2026 de 80 000 euros.
V8 biturbo de 830 chevaux
1050 chevaux sans erreur de frappe : le haut du panier de la gamme « classique » hors supercars combine le V8 biturbo entièrement revu à trois électromoteurs, deux à l’avant et un à l’arrière. La 849 Testarossa doit sa nomenclature à son V8 associé à la cylindrée unitaire de 498,75 cm³. Quant à l’appellation, elle ne rend pas hommage à l’icône des années 80 mais aux ancêtres de course arborant le « Rossa » sur les « Testa » de culbuteurs.



Les galbes et l’aérodynamique avec double aileron s’inspirent des sport protos 512S et 512M des années 70. Les années 80 se reflètent au travers des formes géométriques notamment des bandes noires reliant les phares horizontalement et divisant verticalement les flancs au niveau des entrées d’air. Elle incarne une petite F80 avec des proportions proches de la SF90, percutantes dans la circulation avec une carrure rasant le bitume.
Intérieur et équipements
En s’installant à bord du coupé jaune dédié aux essais sur route équipé de PZero R aux flancs colorés et de la suspension Magneride, les propriétaires de SF seront peu dépaysés et apprécieront la superbe commande de boîte en aluminium inspirée de la F80 suspendue au sommet de l’arche centrale et le retour de commandes physiques sur le volant.
Des touches haptiques persistent pour le eManettino commandant l’hybridation : eDrive, Hybrid, Performance et Qualify permettant d’accéder aux 1050 chevaux. On les retrouve aussi au moment d’ajuster les feux, les rétroviseurs, le lift system ou les sièges et la ventilation. La position de conduite offre un large champ de vision cadré par les ailes galbées.



Les rangements sont toujours comptés entre un espace pour les vestes derrière les sièges, un petit accoudoir et un minuscule coffre avant de 74 litres où l’on perçoit l’ondulateur. La 849 peut aligner les kilomètres sans fatigue et augmente la docilité de l’aînée en roulant paisiblement.
Modes de conduite
Ce concentré de technologies démarre en Hybrid et l’on prend un malin plaisir à basculer en 100% électrique sur les premiers kilomètres ou en ville. Le eDrive permet d’évoluer furtivement jusqu’à 135 km/h avec 163 chevaux sous le pied sur courte distance maximum 25 kilomètres en raison de la batterie de 7,45 kWh. Inutile de programmer une recharge sur secteur, l’énergie se régénère facilement en roulant plus ou moins rapidement selon le mode d’hybridation.
Le Manettino agit sur les gestions moteur, boîte, suspension, aides à la conduite et assistance de freins. Le superbe parcours routier de 220 kilomètres réclame de l’humilité étant donné le revêtement détrempé. Une fois à température, les Pirelli rassurent dans ces conditions au point de basculer en Qualify et Sport pour éviter les changements de rapports brutaux.
V8 FC entièrement revu
Orné de couvre-culasses rouge voire d’une grille rouge surplombant l’admission carbone en option, le V8 évolue en profondeur pour atteindre 830 chevaux soit 208 chevaux par litre contre 780 chevaux pour la SF90 Stradale et 804 chevaux pour la XX. Cette évolution ultime de la lignée des F154 nommée FC débutée avec la California T revoit son dopage.
Positionnés très bas sur les côtés pour améliorer le centre de gravité, les gros turbos compriment à 0,5 bar de plus que ceux de la SF90 et disposent de roulements céramique comme la F80. Les échangeurs forcissent et les ingénieurs revoient les collecteurs d’admission et d’échappement en Inconel, les culasses, le bloc-moteur, la distribution, l’alimentation et les fixations en titane limitant la prise de poids à 1,5 kilogramme grâce à des usinages empruntés à la course utilisant de l’aluminium recyclé pour le carter moteur et les culasses.
Performances exceptionnelles
La violence de la poussée est remarquable. Ferrari précise qu’en Qualify, la totalité de la force produite est délivrable dès le premier rapport si le grip le permet mais refuse d’annoncer le couple maximal comme Lamborghini prétextant la complexité de l’hybride. Cette fougue avoisinerait les 1000 Nm et fait vriller les sens depuis le fond du compte-tours avec la décharge électrique jusqu’au rupteur sautant au visage à 8300 tours par minute.
Le launch control permet d’atteindre 200 km/h en 6,35 secondes. La F80 garde ses distances avec 5,75 secondes comme la W16 Mistral avec 5,6 secondes. Elle devancerait la Taycan Turbo GT avec 6,6 secondes. Maranello se montre pointilleux concernant les chiffres d’accélérations mais laisse libre cours à l’imagination pour la vitesse maximale supérieure à 330 km/h.
L’appui aérodynamique produit par le soubassement constellé de dérives générateurs de vortex, les flancs sculptés et les ailerons arrière deux latéraux et un central actif totalise 415 kilogrammes de déportance à 250 km/h contre 390 kilogrammes pour la SF90 avec le pack Assetto Fiorano.
Pack Assetto Fiorano
Facturé 51 660 euros, ce pack Performance inclut des baquets à coque carbone, des jantes en carbone et des appendices aérodynamiques prononcés dont les dérives arrière dédoublées. La masse diminue de 30 kilogrammes et les amortisseurs deviennent passifs sauf option lift system avant. Ces Multimatic raidissent les compressions et accroissent le feeling.
À Fiorano, Ferrari annonce un gain de 1,5 seconde par rapport à la SF90 et à la 296 Speciale avec un chrono de 1’17,5. Elle tournerait donc aussi fort que la SF90 XX et à deux secondes de la F80.
Prix et commercialisation
Grâce à la nouvelle compatibilité avec le lift system, Maranello espère vendre plus de pack Assetto Fiorano avec un mix de ventes atteignant 30% contre 20% pour la SF90. Les livraisons démarrent au printemps et la production sera limitée dans le temps mais pas en nombre. Elle devrait osciller autour de 1000 exemplaires dont une moitié de Spider.
La 849 s’adresse aux clients les plus exigeants en matière de pilotage mais pas les plus fidèles puisque les commandes restent ouvertes aux possesseurs d’une ou deux Ferrari. Elle démarre à 450 910 euros et l’hybridation ne lui permet pas d’échapper au super malus français 2026 de 80 000 euros.
La 849 Testarossa élargit le champ de compétences de la SF90 en facilitant la prise en mains et en augmentant les performances et le feedback sportif concernant sonorité, direction et boîte. Elle devient plus attachante et vibrante donnant du fil à retordre à la Revuelto. La connexion conducteur-monture-route surpasse celle d’une 296 ou d’une Revuelto grâce à la qualité des remontées d’informations via la direction à assistance électrique et la boîte huit rapports à double embrayage aux réactions télépathiques produisant toujours la meilleure boîte au monde selon Ferrari.








