Le rendez-vous était attendu depuis le Tokyo Game Show 2025 — celui où Microsoft avait officialisé le retour de Playground Games avec un sixième opus de sa licence Forza Horizon. Près d’un an plus tard, le jeu est enfin disponible sur Xbox Series X|S et PC depuis le 19 mai 2026, après une période d’accès anticipé démarrée le 15 mai pour les détenteurs de l’édition Premium.
Pour la première fois dans l’histoire de la franchise, le festival Horizon prend ses quartiers au Japon — la destination la plus réclamée par la communauté depuis des années. Au-delà du simple changement de carte, c’est tout un univers automobile et culturel que les développeurs britanniques ont reconstitué, faisant de ce sixième opus l’une des sorties gaming les plus marquantes de l’année pour les passionnés d’automobile.
Un terrain de jeu qui condense l’âme automobile japonaise
L’environnement choisi par Playground Games n’a rien d’anodin. La carte de Forza Horizon 6 est annoncée comme la plus grande et la plus verticale jamais conçue dans la franchise, avec Tokyo en cœur urbain — quartier cinq fois plus étendu que la ville de Guanajuato qui structurait Forza Horizon 5 au Mexique. Autour de la capitale, les développeurs ont reconstitué les cols mythiques inspirés du mont Haruna et du mont Bandai, les Alpes japonaises, des zones côtières de pêcheurs, des plages, des forêts de bambous et des allées de cerisiers en fleurs. Un best-of stylistique du Japon, qui privilégie l’évocation à la reconstitution géographique stricte.
L’intérêt va bien au-delà du paysage. Le Japon constitue pour la culture automobile mondiale une terre quasi sacrée. C’est là que sont nées les vraies légendes du JDM (Japanese Domestic Market), c’est là aussi qu’a été codifié le drift sur les cols du Touge — ces routes de montagne sinueuses immortalisées par la série manga et anime Initial D. Forza Horizon 6 capitalise pleinement sur cet héritage avec un mode dédié, le Touge Showdown, qui propose des duels en un contre un dans les cols, où l’objectif est de coller au pare-chocs de l’adversaire en virage. Une mécanique de jeu qui rejoue précisément les codes des courses de rue nippones des années 1990.
Plus de 550 voitures avec une vitrine JDM impressionnante
Le garage du jeu dépasse les 550 véhicules au lancement — légèrement plus que les 534 voitures de Forza Horizon 5 à sa sortie. Vingt-deux modèles sont totalement inédits dans la franchise, et douze supplémentaires arriveront via le Car Pass payant proposant trente véhicules à débloquer sur plusieurs semaines. La voiture phare du jeu est la nouvelle Toyota GR GT 2025, supercar nippone dévoilée récemment chez le constructeur. Côté icônes historiques, on retrouve la Toyota AE86 Sprinter Trueno — la voiture mythique d’Initial D qui sert d’étalon culturel à toute une génération —, la Nissan Skyline GT-R R34, le Mazda RX-7 FD3S ou encore la Honda NSX. Aux côtés de cette galaxie JDM, les références occidentales sont également présentes : Ferrari 488 Pista, Porsche 911 GT3 RS, Lamborghini Huracán. Le mélange promet des garages variés et des duels stylistiques particulièrement réjouissants.
L’offre se prolonge également côté audio. Forza Horizon 6 embarque neuf stations de radio et la plus grande bande-son de l’histoire de la franchise, avec une intégration massive de J-pop et des partenariats avec des groupes japonais emblématiques comme BABYMETAL et ONE OK ROCK. Une attention culturelle qui renforce l’immersion.
Un gameplay arcade poussé à son sommet
Sur le terrain pur du gameplay, la formule Horizon n’a pas changé. Pilotage arcade très accessible, sensation de vitesse particulièrement bien rendue, montée en puissance assumée à mesure que le joueur débloque des véhicules plus performants. Les essais menés sur PC, compatibles avec la dernière itération de la technologie DLSS 4.5 de NVIDIA et des écrans ultra-larges 32:9, confirment le niveau graphique très élevé du titre. Les reflets sur les carrosseries dans les rues de Tokyo de nuit, les jeux de lumière à travers les forêts de bambous, les rizières humides — tout est rendu avec un niveau de détail rarement atteint dans un jeu de course en monde ouvert.
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Côté multijoueur, Playground Games a introduit le mode Spec Racing qui équipe tous les concurrents de voitures strictement identiques pour départager les compétences pures, le mode Eliminator façon battle royale, et le mode Hide & Seek inédit. Les sessions ouvertes peuvent rassembler jusqu’à douze joueurs, idéal pour les rassemblements automobiles improvisés.
Quelques défauts qui pèsent malgré tout
Le tableau n’est pas exempt de critiques. Plusieurs testeurs spécialisés pointent une Tokyo certes immense mais finalement assez vide une fois les hauts lieux touristiques visités, des cinématiques trop nombreuses qui cassent parfois le rythme, et surtout un manque de prise de risques globale. Forza Horizon 6 sécurise la formule plus qu’il ne la révolutionne, laissant parfois l’impression de jouer à Forza Horizon 5 avec un nouveau skin japonais. Plus pénalisant, l’absence totale de doublage en version française — une habitude regrettable des derniers jeux édités par Microsoft — oblige le joueur à se concentrer sur les sous-titres pendant qu’il est lancé à 250 km/h sur une départementale nippone.
Pour les passionnés d’automobile, un incontournable de l’année
Disponible dès le lancement via l’abonnement Xbox Game Pass, vendu également en édition standard autour de 70 euros et en édition Premium à 120 euros (qui inclut le Car Pass et l’accès anticipé), Forza Horizon 6 s’impose comme la nouvelle référence du jeu de course arcade. La version PlayStation 5 a été officiellement confirmée par Playground Games mais sans calendrier précis à ce jour.
Pour les amateurs d’automobile japonaise, les fans du drift, les nostalgiques d’Initial D ou simplement les passionnés de belles mécaniques, cette aventure tokyoïte constitue un détour obligé. Une lettre d’amour vidéoludique à la culture automobile la plus iconique du XXIe siècle — celle qui a inventé le tuning moderne, sculpté les codes du drift et donné naissance aux supercars les plus séduisantes des trente dernières années.





