La marque chinoise distribuée par Stellantis franchit un seuil symbolique. Avec 2 736 immatriculations en juillet, Leapmotor signe son meilleur mois en Allemagne depuis son lancement fin 2024 et dépasse pour la première fois 1 % de part du marché automobile. Plus de 2 600 de ces véhicules étaient des électriques, ce qui place la marque devant tous les autres constructeurs chinois sur ce terrain pour le deuxième mois consécutif.

Les chiffres et ce qu’ils recouvrent

La progression atteint 328,8 % sur un an, un pourcentage à manier avec précaution : la base de comparaison de juillet 2025 était très faible, la marque venant tout juste de démarrer sur ce marché.

Depuis le début de l’année, le cumul s’établit à 11 138 immatriculations, en hausse de 311,8 % sur la même période de 2025.

Une distinction mérite d’être posée. Les 2 736 véhicules recensés par le Kraftfahrt-Bundesamt couvrent l’ensemble de la gamme, électriques purs comme modèles à prolongateur d’autonomie. C’est sur le seul électrique à batterie, avec plus de 2 600 unités, que Leapmotor devance ses concurrents chinois.

La comparaison avec BYD remet l’échelle en place

Le titre de première marque chinoise ne vaut que sur l’électrique pur. Sur le volume total, BYD reste nettement devant avec 5 240 immatriculations en juillet, soit près du double, et 2 % de part de marché.

L’écart s’explique par la composition des gammes : BYD vend des électriques et des hybrides rechargeables, dont le Seal U DM-i, à nouveau modèle hybride rechargeable le plus immatriculé du mois avec 1 822 unités. Depuis janvier, BYD totalise 31 492 véhicules en Allemagne, soit 1,8 % de part de marché.

Leapmotor reste donc un acteur en construction sur ce marché, pas un généraliste installé.

Leapmotor B05
la B05 est la première compacte à hayon de la marque, commercialisée 25 400 € en France | © Leapmotor

Un marché porteur qui amplifie la performance

Le contexte joue en faveur de la marque. Juillet 2026 a marqué un record pour l’électrique en Allemagne, avec 78 609 immatriculations de véhicules à batterie, en progression de 61,7 % sur un an, pour une part de marché de 29,3 %. En intégrant les hybrides rechargeables, la proportion de véhicules rechargeables atteint 40,7 %.

Martin Resch, directeur de Leapmotor Allemagne, se dit confiant sur la poursuite de cette dynamique et annonce une année 2026 très forte pour la marque et son réseau de distribution.

Deux modèles portent l’offensive en cours

La gamme s’étoffe rapidement. La B05, première compacte à hayon de la marque, arrive actuellement en concession. Elle est commercialisée en France à partir de 25 400 euros avec 218 ch, une architecture à propulsion et jusqu’à 482 kilomètres d’autonomie WLTP.

Le B03X, petit SUV, a ouvert ses commandes plus récemment. En France, il est proposé à partir de 23 400 euros pour 197 ch et jusqu’à 382 kilomètres WLTP, sur un gabarit de 4,27 mètres.

Leapmotor B03X
le B03X démarre à 23 400 € en France pour 4,27 m de longueur | © Leapmotor

L’atout Stellantis, et sa limite

La trajectoire allemande illustre ce que le partenariat avec Stellantis apporte : un réseau de distribution et de service immédiatement opérationnel, là où la plupart des marques chinoises entrantes ont échoué faute d’implantation commerciale.

L’autre levier est industriel. Stellantis produit certains modèles Leapmotor sur ses sites européens, en Pologne à Tychy et en Espagne à Figueruelas, ce qui permet d’échapper aux droits de douane sur les électriques importés de Chine et de préserver l’agressivité tarifaire.

La limite reste celle du volume absolu. Avec 11 138 immatriculations depuis janvier, Leapmotor demeure très loin des marques établies sur le marché allemand. Ce que ces chiffres documentent, c’est une vitesse de progression, pas une position acquise.

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Faris Bouchaala est Directeur de publication et Rédacteur en chef de MotorsActu, média automobile français fondé en 2018. Journaliste automobile depuis plus de 14 ans, il couvre l’actualité automobile française et européenne, avec un focus sur les essais, les nouveautés constructeurs, l’électrification et les technologies embarquées.

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