Un moteur électrique de 150 kW pèse habituellement entre 75 et 95 kilogrammes. Celui développé pour la future Lotus Type 135 en pèse 20. C’est ce chiffre, révélé le 27 août par le PDG Qingfeng Feng lors d’une conférence de résultats, qui rend crédible l’objectif affiché par la marque : environ 1 500 kilogrammes pour une supercar hybride à architecture 800 volts. Et il ne s’agit plus d’un seul moteur, mais de deux.

Deux motorisations au lieu d’une

C’est le fait nouveau de cette annonce. En mai, Lotus n’évoquait officiellement qu’un V8 hybride de plus de 1 000 ch. La Type 135 sera finalement proposée en deux configurations : un V6 et un V8, toutes deux hybrides. La commercialisation reste fixée à 2028.

La stratégie devient lisible. Le V8 restera le porte-étendard technologique et le sommet de la gamme. Le V6 permettra d’élargir l’offre sans le poids d’une grosse batterie, donc à un tarif et à une masse plus accessibles.

La direction justifie ce choix sans détour : les acheteurs traditionnels de supercars restent attachés au son d’un moteur thermique et aux sensations mécaniques, tandis que le poids des batteries demeure une contrainte pour les modèles purement électriques.

Le chiffre qui rend l’objectif crédible

Les 1 500 kilogrammes visés pour la version V8 paraissent optimistes pour une voiture électrifiée dotée d’une architecture 800 volts. L’explication tient au moteur électrique.

Selon Feng, une machine classique de 150 kW pèse entre 75 et 95 kilogrammes. Celle développée pour Lotus n’en pèse que 20. L’écart atteint 73 à 79 %, soit entre 55 et 75 kilogrammes économisés sur un seul composant.

Sur une supercar où chaque kilogramme compte, ce gain change la nature du compromis. C’est précisément ce type d’optimisation qui permet d’électrifier sans renoncer à l’identité de la marque, bâtie depuis Colin Chapman sur la légèreté.

Une boîte à double embrayage à huit rapports est développée en parallèle avec Horse, calibrée pour encaisser un couple élevé.

Lotus Emira
le V6 W30 de Horse avait déjà été associé à une future évolution de l’Emira | © Lotus

Ce que l’on ignore encore du V6

La version V6 reste beaucoup moins documentée que sa grande sœur. Ni sa puissance, ni son poids, ni son positionnement tarifaire n’ont été précisés.

Un indice existe néanmoins. Horse Powertrain dispose d’un V6 compact de 3,0 litres, désigné W30, qui pèse 160 kilogrammes et peut développer jusqu’à 400 kW, soit environ 544 ch, pour 700 Nm. Ce bloc avait déjà été associé à une future évolution de l’Emira.

Ces chiffres ne peuvent pas être transposés directement à la Type 135, faute de confirmation. Ils donnent en revanche un ordre de grandeur de ce que le fournisseur peut livrer.

Le partenaire n’est plus celui qu’on croit

Une précision s’impose sur Horse Powertrain, souvent présenté comme une simple coentreprise entre Renault Group et Geely.

Aramco détient également une participation dans l’entreprise. Cette structure de capital dit quelque chose de la stratégie du secteur : les motorisations thermiques et hybrides sont regroupées dans des entités dédiées, mutualisées entre constructeurs, plutôt que développées en interne par chacun.

Pour Lotus, filiale de Geely, le recours à Horse relève de cette logique. La marque britannique concentre ses moyens sur le châssis, l’aérodynamique et l’allègement, et achète sa mécanique à un spécialiste.

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le nom Esprit reste un candidat sérieux mais n’a pas été confirmé | © Lotus

Le nom reste en suspens

Le projet porte officiellement la désignation Type 135, conforme à la nomenclature interne de la marque.

La presse spécialisée britannique indique que le nom Esprit reste un candidat sérieux pour la version commerciale. Lotus ne l’a pas confirmé, et il serait prématuré d’annoncer une nouvelle Esprit.

L’hypothèse a du sens sur le plan commercial. L’Esprit reste le modèle le plus identifiable de l’histoire de la marque auprès du grand public, notamment grâce à son apparition dans un James Bond de 1977.

Un retour dans un contexte tendu

Le calendrier de ce projet mérite d’être replacé. La Type 135 devait initialement être un modèle 100 % électrique, avant que le programme ne bascule vers un V8 hybride au printemps.

Ce revirement n’est pas isolé. Plusieurs constructeurs de sportives ont revu leurs plans d’électrification à la baisse face à une demande inférieure aux prévisions et à des contraintes de masse difficiles à surmonter sur ce type de véhicule.

Deux ans séparent l’annonce de la commercialisation. D’ici là, Lotus devra livrer les chiffres qui manquent : puissance exacte des deux versions, capacité de batterie, autonomie électrique et surtout tarifs. Le seul élément vraiment engageant à ce stade reste le moteur de 20 kilogrammes, et c’est probablement le plus intéressant.

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Faris Bouchaala est Directeur de publication et Rédacteur en chef de MotorsActu, média automobile français fondé en 2018. Journaliste automobile depuis plus de 14 ans, il couvre l’actualité automobile française et européenne, avec un focus sur les essais, les nouveautés constructeurs, l’électrification et les technologies embarquées.

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