Voilà une démonstration qui tombe à pic pour Nissan. Alors que le constructeur japonais vient de faire de sa technologie e-Power l’argument central du Qashqai en Europe, le crossover hybride vient de boucler un tour complet de la Tasmanie — soit 1 300 kilomètres — avec un seul plein de carburant.
Une performance réalisée sur un parcours particulièrement exigeant, mêlant routes de montagne, virages côtiers, autoroutes et axes ruraux, pour une consommation moyenne établie à seulement 4,5 litres aux 100 km. De quoi illustrer concrètement l’intérêt d’une motorisation hybride pas tout à fait comme les autres.
L’e-Power, une hybride qui roule comme une électrique
La particularité du système e-Power tient à son architecture inhabituelle. Contrairement à une hybride classique, il n’existe aucune liaison mécanique directe entre le moteur essence et les roues. Un trois-cylindres 1,5 litre turbo fonctionne exclusivement comme générateur : il produit de l’électricité pour recharger une petite batterie, épaulé par la récupération d’énergie au freinage. Ce sont les roues avant qui sont entraînées uniquement par un moteur électrique.
Conséquence directe : au volant, le Qashqai e-Power se comporte comme un véhicule électrique. Accélérations linéaires, silence de fonctionnement, couple immédiat — mais sans la contrainte de devoir chercher une borne de recharge sur les longs trajets. La puissance système atteint 190 chevaux et 330 Nm de couple, pour un 0 à 100 km/h expédié en 7,5 secondes et une vitesse maximale bridée à 170 km/h.
La batterie, elle, reste volontairement modeste : 2,1 kWh de capacité totale, dont environ 1,8 kWh réellement utile. Sur la seule énergie électrique, le Qashqai ne parcourt que 2 à 3 kilomètres à faible allure avant que le moteur thermique ne reprenne la génération. L’e-Power ne prétend donc pas être un véritable véhicule électrique : c’est une hybride qui utilise l’électricité comme unique moyen de transmission, sans jamais avoir besoin d’être branchée.
Un deuxième défi longue distance après le Royaume-Uni
Ce tour de Tasmanie n’est pas le premier exercice du genre pour le Qashqai e-Power. Le crossover avait déjà bouclé le mythique parcours britannique Land’s End – John O’Groats, qui relie l’extrémité sud-ouest de l’Angleterre au nord de l’Écosse, soit 1 347 kilomètres avec un seul plein. La consommation y avait été encore plus basse, à 3,76 litres aux 100 km, avec environ 160 kilomètres d’autonomie restante à l’arrivée.
Ces démonstrations ne relèvent pas du hasard. Elles visent à rassurer les automobilistes hésitant entre thermique, hybride et électrique, en mettant en avant la tranquillité d’usage de l’e-Power : la sobriété et le silence d’une électrique en ville, sans l’angoisse de l’autonomie ni les arrêts prolongés aux bornes sur autoroute. Un compromis qui séduit particulièrement les conducteurs effectuant de longs trajets réguliers entre villes, ou résidant dans des zones encore mal couvertes par le réseau de recharge.
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Un argument central pour le Qashqai en Europe
Le timing de ces démonstrations n’est pas anodin. Nissan a récemment rationalisé la gamme du Qashqai en Europe, allant jusqu’à retirer la boîte manuelle de plusieurs marchés pour concentrer son offre sur les motorisations automatiques, dont l’e-Power constitue désormais le fer de lance. En France, cette version représente déjà la grande majorité des immatriculations du modèle.
Dans un marché européen où l’hybride est devenue la première motorisation devant l’essence et l’électrique, l’e-Power offre à Nissan un positionnement clair. La technologie permet de réduire significativement la consommation et les émissions sans imposer aux clients le changement d’habitudes qu’exige le passage à l’électrique pur.
Ces records d’endurance, aussi spectaculaires soient-ils dans des conditions optimisées, traduisent une réalité commerciale : pour beaucoup d’automobilistes encore réticents face au tout-électrique, l’e-Power représente une transition en douceur. Le Qashqai continue ainsi de défendre sa place parmi les crossovers compacts les plus vendus du continent, en attendant l’arrivée de sa prochaine génération attendue à l’horizon 2027.





