Le feuilleton industriel de l’été a trouvé son dénouement, et il se joue à Berlin. En marge du Forum économique algéro-allemand tenu ce 17 juillet, Opel a officiellement confirmé l’établissement en Algérie d’une usine complète de production automobile, mettant fin à des mois de spéculations.

Mieux, le constructeur de Rüsselsheim a signé dans la foulée un protocole d’accord pour y fabriquer localement un moteur, ce qui ferait de lui le premier constructeur automobile à produire des moteurs sur le sol algérien. Une double annonce majeure, orchestrée pendant la visite d’État du président Abdelmadjid Tebboune, qui scelle l’entrée d’Opel dans une nouvelle dimension internationale.

De la visite à Alger à la signature de Berlin

Cette officialisation vient conclure une séquence que nous suivions de près. Il y a une dizaine de jours, la venue à Alger de Florian Huettl, le CEO d’Opel, précédée de celle de son responsable régional, avait été analysée comme le signe que le dossier entrait dans sa phase décisive, dans la perspective du rendez-vous berlinois. Le calendrier a tenu toutes ses promesses.

Le protocole d’accord a été paraphé par Florian Huettl et Mohamed Fawzi El Kabir, directeur général d’AGM Holding Company SpA, le partenaire algérien du projet. Il confirme l’intention d’intégrer une unité locale de fabrication de moteurs au futur dispositif industriel d’Opel dans le pays. Le dirigeant allemand, qui a rencontré le président algérien à cette occasion, a salué une étape stratégique majeure dans l’expansion de la marque au-delà de l’Europe, insistant sur le potentiel considérable qu’il attribue au marché algérien.

Opel usine Algérie

Une approche « du local au local » qui va plus loin que l’assemblage

L’élément le plus significatif de l’annonce tient dans la production de moteurs. Jusqu’ici, l’industrie automobile algérienne s’est développée autour de l’assemblage de véhicules, avec un taux d’intégration locale que les autorités cherchent constamment à relever. En s’engageant à fabriquer un moteur sur place, Opel franchit un cap que nul autre constructeur n’avait atteint dans le pays, et répond directement à l’exigence de transfert de savoir-faire portée par Alger.

Le constructeur inscrit sa démarche dans une logique qu’il qualifie de « du local au local », visant à ancrer durablement sa présence sur le marché algérien. L’ambition affichée dépasse la seule usine Opel : les deux projets doivent nourrir tout l’écosystème automobile national en créant des opportunités d’investissement pour les entreprises de l’ensemble de la chaîne de valeur, des fournisseurs de rang un aux sous-traitants locaux. Une dynamique dont l’Algérie a fait une priorité stratégique de sa politique industrielle.

Kénitra, Tafraoui et désormais Opel : le Maghreb au cœur du jeu

Cette annonce complète une géographie industrielle que Stellantis dessine méthodiquement dans la région. Le groupe, maison mère d’Opel, s’appuie déjà sur l’usine Fiat de Tafraoui, près d’Oran, dont la montée en cadence a récemment été citée comme moteur de croissance de la zone Moyen-Orient et Afrique, tandis que le site marocain de Kénitra vient de lancer la production de la plateforme Smart Car. L’arrivée d’une usine Opel avec sa propre production de moteurs ajoute une brique de premier plan à ce dispositif nord-africain.

Plusieurs inconnues restent à lever, et elles détermineront l’ampleur réelle du projet : la localisation exacte du site, le ou les modèles qui y seront assemblés, le moteur concerné par l’accord, le calendrier de démarrage et les volumes visés. Le protocole signé à Berlin pose les fondations d’une coopération de long terme, mais les détails opérationnels viendront dans un second temps, à l’issue des études et des négociations avec les autorités. Une chose est déjà acquise : après des années de projets automobiles algériens contrariés, l’engagement d’une marque allemande à produire localement jusqu’aux moteurs marque un tournant, pour Opel comme pour toute la filière du pays.


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Faris Bouchaala est Directeur de publication et Rédacteur en chef de MotorsActu, média automobile français fondé en 2018. Journaliste automobile depuis plus de 14 ans, il couvre l’actualité automobile française et européenne, avec un focus sur les essais, les nouveautés constructeurs, l’électrification et les technologies embarquées.

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