Un classement peu flatteur vient rappeler les difficultés de la France en matière de sécurité routière. Selon une récente analyse publié par VignetteSwitzerland.com, s’appuyant sur les dernières données du Conseil européen pour la sécurité des transports, l’Hexagone figure au huitième rang des pays européens où la mortalité routière est la plus élevée. Avec 49 décès sur la route par million d’habitants, la France se situe 14 % au-dessus de la moyenne de l’Union européenne, un résultat qui interroge sur l’efficacité des politiques de prévention menées ces dernières années.

Un taux de mortalité supérieur à la moyenne européenne

Les chiffres sont sans appel. Avec 3 263 décès sur les routes recensés pour une population d’environ 66,5 millions d’habitants, la France affiche un taux de 49 morts par million d’habitants, à égalité avec l’Italie. Ce niveau la place dans le peloton des pays les plus dangereux du continent, loin derrière les nations les plus vertueuses en la matière.

Plus préoccupant encore, la France recule dans ce classement. Elle passe en effet de la douzième à la huitième position, gagnant quatre places non pas grâce à des progrès, mais en raison d’une légère hausse de son taux de mortalité routière, alors même que d’autres pays continuaient de faire baisser le leur. Un signal d’alerte qui traduit une forme de stagnation, voire de recul, sur un enjeu de santé publique majeur.

Le constat de long terme est tout aussi parlant. Depuis 2015, la France n’a réduit son nombre de décès sur les routes que de 6 %, une progression particulièrement modeste au regard des efforts accomplis ailleurs. À titre de comparaison, plusieurs pays européens ont diminué leur mortalité routière de 30 %, 40 % ou davantage sur la même période. La Lituanie a ainsi enregistré une baisse de 43 %, la Lettonie de 37 % et la Bulgarie de 36 %, autant de performances qui soulignent, en creux, le relatif surplace français.

Un continent aux réalités très contrastées

L’étude met surtout en lumière les profondes disparités qui existent en Europe en matière de sécurité routière. En tête de ce classement des pays les plus meurtriers figure la Serbie, avec 74 décès par million d’habitants, soit 72 % de plus que la moyenne européenne. Suivent la Bulgarie, la Roumanie et la Croatie, tous au-dessus de 65 morts par million d’habitants, formant un groupe de pays d’Europe de l’Est et des Balkans où le risque routier reste nettement plus élevé.

La France partage sa huitième place avec l’Italie, dans un ventre mou du classement où l’on retrouve également le Portugal, la Grèce, la Lituanie et la Hongrie. Ce constat rappelle que le niveau de risque peut varier considérablement d’un pays à l’autre, y compris entre nations voisines et de développement comparable. Les conditions de circulation, l’état des infrastructures, les habitudes de conduite locales et l’intensité des contrôles diffèrent sensiblement dès que l’on franchit une frontière, un point que les vacanciers préparant un voyage en voiture à travers l’Europe cet été feraient bien de garder à l’esprit.

Au-delà du simple classement, ces données posent la question des moyens à mettre en œuvre pour inverser la tendance. Les responsables de l’étude soulignent que l’amélioration durable de la sécurité routière repose sur trois piliers : des investissements constants, des infrastructures plus sûres et une conduite plus responsable.

Pour la France, dont les progrès marquent le pas depuis une décennie, le message est clair : les acquis des grandes campagnes de prévention des années passées semblent aujourd’hui s’essouffler, et de nouveaux leviers devront être actionnés pour renouer avec une baisse significative de la mortalité. Vitesse, alcool, stupéfiants, usage du téléphone au volant et fatigue demeurent les principales causes d’accidents mortels, sur lesquelles se concentrent traditionnellement les efforts des pouvoirs publics. Reste que, derrière ces statistiques, ce sont des milliers de vies qui se jouent chaque année sur les routes françaises, un rappel que la vigilance de chacun demeure la première des protections.


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Faris Bouchaala est Directeur de publication et Rédacteur en chef de MotorsActu, média automobile français fondé en 2018. Journaliste automobile depuis plus de 14 ans, il couvre l’actualité automobile française et européenne, avec un focus sur les essais, les nouveautés constructeurs, l’électrification et les technologies embarquées.

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