Tesla a publié un visuel annonçant la révélation du Roadster de seconde génération le 1er octobre. Un compte à rebours tourne désormais sur la page du modèle, et les détenteurs de réservation ont reçu leur invitation. Neuf ans se sont écoulés depuis la présentation du prototype, et les calendriers de lancement et de production ont été repoussés à de multiples reprises.
Tesla a donné rendez-vous le 1er octobre pour dévoiler le Roadster de seconde génération. L’annonce est passée par un visuel publié sur X, portant la mention « Go for launch » et la date au format américain 10.01. Elon Musk a confirmé la date le lendemain, et un compte à rebours a été activé sur la page produit du modèle.
L’événement doit se tenir à Waco, au Texas, à proximité du site d’essais de moteurs de SpaceX à McGregor. Les détenteurs d’une réservation ont reçu une invitation, avec une date limite de réponse fixée au 16 septembre à minuit. La proximité des deux sites éclaire la nature de la démonstration promise.
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Le visuel contient un message dissimulé, lisible en poussant la luminosité : « WHERE WE’RE GOING ». C’est le début de la réplique de Retour vers le futur qui s’achève par « on n’a pas besoin de route ». La référence renvoie à la promesse la plus commentée du projet depuis 2018.
Un SpaceX Package optionnel jamais confirmé en série
Tesla travaille depuis plusieurs années sur un SpaceX Package optionnel faisant appel à des propulseurs à gaz froid. Le principe consiste à éjecter un gaz sous pression pour produire une poussée, sans combustion. Sur une automobile, cela ouvrirait la porte à une accélération que les pneus seuls ne permettent pas. La configuration définitive du modèle de série n’a jamais été présentée.
Plusieurs informations non confirmées évoquent une démonstration spectaculaire utilisant les propulseurs, pouvant aller jusqu’à faire brièvement décoller la voiture. Tesla n’a toutefois précisé ni le déroulement de l’événement ni la configuration du véhicule qui sera présenté le 1er octobre.
Neuf ans et des calendriers sans cesse repoussés
Le prototype a été dévoilé en novembre 2017 à Hawthorne, en Californie. La production était alors annoncée pour 2020. Elle a ensuite glissé vers 2022, puis 2023, puis 2024, puis un vague « 2025-2026 ». Lors de l’assemblée d’actionnaires de novembre 2025, Elon Musk a évoqué un démarrage en 2027 ou 2028.
Dans l’intervalle, plusieurs démonstrations ont été promises puis abandonnées, dont une au printemps et une autre cet été. Les réservataires de 2017 attendent donc depuis neuf ans. Certains ont renoncé publiquement et demandé le remboursement de leur acompte, parmi lesquels des personnalités très suivies dans la tech américaine.
Cette inertie contraste avec le rythme de Tesla sur le reste de sa gamme. Le constructeur a déployé son premier Supercharger V4 en Europe et gère en parallèle des dossiers industriels serrés, comme le litige autour de l’outillage du Cybertruck. Le Roadster est resté le seul programme sans échéance tenue.
Ce que valent encore les chiffres de 2017
Les caractéristiques annoncées au dévoilement du prototype sont restées inchangées sur le papier. Tesla revendiquait alors trois moteurs, une batterie de 200 kWh, un 0 à 100 km/h en 1,9 seconde et une autonomie de 1 000 kilomètres. Aucune de ces valeurs n’a été réactualisée depuis.
Ces promesses appellent la même prudence que celles portant sur les autonomies de série. Nous avions mesuré l’écart entre deux versions du même modèle dans le cas de l’autonomie annoncée du Model Y, et documenté le comportement réel des cellules LFP de la Model 3 sur la durée. Une batterie de 200 kWh pose des questions de masse et d’encombrement que Tesla n’a jamais détaillées.
Le design aurait par ailleurs été revu en profondeur depuis le prototype, selon des informations que Tesla n’a pas confirmées. Le constructeur n’a diffusé aucune image du modèle de série et n’a jamais commenté l’architecture retenue. Si une réorientation technique est annoncée le 1er octobre, elle expliquerait une partie du retard accumulé.
Un positionnement tarifaire jamais remis à jour
Tesla annonçait en 2017 un prix de départ de 200 000 dollars pour la version standard, et de 250 000 dollars pour la Founders Series, cette dernière étant réglée intégralement à la réservation. L’acompte demandé pour la version standard s’élevait à 50 000 dollars. Aucun tarif actualisé n’a été communiqué depuis.
Affirmer aujourd’hui que le ticket d’entrée dépassera largement ces montants serait prématuré. L’inflation sur neuf ans et l’éventuelle intégration de technologies issues de SpaceX poussent mécaniquement vers le haut, mais Tesla n’a rien confirmé. La version de démonstration non homologuée, si elle est bien commercialisée, relèverait d’une autre grille.
À ce niveau de prix, le Roadster ne se compare plus à une sportive électrique mais à des objets de collection. La Koenigsegg Gemera et la Hennessey Blackbird occupent ce territoire avec des approches opposées. Le Roadster y arriverait avec neuf ans de retard sur son propre calendrier.
Le 1er octobre lèvera une partie des doutes, sur le design final et sur la réalité des propulseurs. Il n’apportera probablement pas de date de livraison ferme, puisque la production n’est pas attendue avant 2027 au mieux. Reste à savoir ce que Tesla montrera vraiment : une voiture destinée à la route, ou une démonstration technique conçue pour une seule journée.
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