Alors que l’électrique est souvent vu comme le choix économique et écologique du futur, une nouvelle ligne va apparaître sur les factures dès le 1er janvier 2026 en Belgique : une contribution environnementale obligatoire sur les batteries de propulsion des véhicules neufs électriques, hybrides et hybrides rechargeables.
Annoncée par Febelauto, l’organisme de gestion des véhicules hors d’usage et des batteries EV, cette mesure vise à financer la collecte, le traitement et le recyclage futur des batteries – un enjeu qui explose avec l’électrification massive du parc. Pour une batterie classique de voiture particulière (typiquement 300-700 kg), la contribution varie de 5 à 100 € selon le poids et la chimie (LFP plus chère que NMC/NiMH). Le titre « 100 € de plus » correspond donc au maximum pour les plus grosses batteries, mais la plupart des voitures particulières se situeront entre 25 et 100 €.
Pourquoi cette contribution maintenant ?
La mobilité électrique progresse vite : au premier semestre 2025, 53 % des immatriculations neuves étaient électrifiées (+4,6 % en deux ans), et le marché de l’occasion suit (+6,7 %). Les volumes de batteries usagées collectées par Febelauto ont explosé : de 31 585 kg en 2021 à 412 400 kg en décembre 2025 (+1 200 % en quatre ans). Les batteries contiennent des matériaux stratégiques (lithium, cobalt, nickel, cuivre) à recycler pour éviter pollution et dépendance aux importations. Febelauto, responsable depuis 2018 pour les VP et camionnettes (étendu en 2024 aux camions, bus, motos >25 kg), anticipe l’explosion des volumes pour garantir un traitement sûr et écologique.
Catherine Lenaerts, directrice Febelauto : « Les batteries usagées des véhicules hybrides, hybrides rechargeables et électriques constituent le défi de demain. Leur nombre va augmenter de manière exponentielle. »
Comment fonctionne la contribution ?
Elle est facturée à l’achat d’un véhicule neuf électrifié (immatriculé à partir du 1er janvier 2026) et mentionnée sur le bon de commande et la facture. Montant TTC selon le poids et la chimie de la batterie :
- ≤ 40 kg : 5 € (NiMH/NMC/autres) ou 10 € (LFP)
- > 40 à 100 kg : 15 € ou 30 €
- > 100 à 350 kg : 25 € ou 50 €
- > 350 à 1 000 kg : 50 € ou 100 €
- > 1 000 kg : 0,10 €/kg ou 0,20 €/kg
Pour une batterie typique de 500-700 kg (SUV électrique ou berline familiale), comptez 50 à 100 €. Elle s’ajoute à la contribution existante pour le recyclage du véhicule entier.
Les fonds financent :
- Collecte gratuite et sécurisée via centres agréés+
- Transport et traitement par spécialistes (déchet dangereux)
- Traçabilité, obligations UE, plateforme de suivi
- Sensibilisation pros/consommateurs
Deux voies : recyclage et seconde vie
Les batteries collectées vont chez des transformateurs spécialisés pour récupérer les matières premières (taux de recyclage 98 % en Belgique, top européen). Parallèlement, Febelauto développe la seconde vie : modules encore fonctionnels (80-90 % de capacité) sont réutilisés en stockage stationnaire (ex. : Watt4Ever). Gain : jusqu’à 10 ans supplémentaires, réduction CO₂ jusqu’à 90 % vs batterie neuve.
Sophie Poidevin, coordinatrice Batteries EV chez Febelauto : « Le traitement des batteries haute tension est réservé aux centres agréés+. Leur manipulation par des particuliers est fortement déconseillée. »
Une transition qui a un coût… mais nécessaire
Cette contribution peut surprendre ou frustrer : l’électrique est déjà plus cher à l’achat, même si économies à l’usage (carburant, entretien) et aides fiscales (sociétés) compensent souvent. Mais elle reflète une réalité : la durabilité ne s’arrête pas à la sortie de concession. La fin de vie des batteries est un enjeu environnemental, industriel et stratégique majeur. Febelauto anticipe pour éviter une crise future, comme avec les déchets plastiques ou électroniques.
Les prix resteront stables au moins 2026-2027. Pour les acheteurs, c’est une petite ligne sur la facture (moins de 0,1 % du prix d’une voiture à 50 000 €), mais qui garantit un système circulaire responsable. La Belgique montre l’exemple : anticiper plutôt que subir. Bonne route électrique – et joyeuses fêtes !

